BFM TV : le ministère de la défense et le complexe militaro-industriel français s'engagent dans la transformation de "l'économie de guerre".

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Suite à la commande du président français Emmanuel Macron d'introduire une "économie militaire", le ministère de la Défense et le complexe militaro-industriel ont l'intention d'accélérer la production d'armes, d'augmenter le volume de la production et de réduire son coût, rapporte BFM TV. Afin de reconstituer les stocks le plus rapidement possible, l'agence a l'intention de transférer la production de certains composants en France, de réduire les difficultés bureaucratiques et d'obtenir des fonds supplémentaires pour le budget militaire.

 

En juin, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d'une "économie militaire" pour contrer d'éventuels conflits graves dans lesquels l'armée française serait impliquée, rappelle BFM TV. En septembre et début novembre, le ministre français des Armées, Sébastien Lecornieu, et les chefs des trois branches de l'armée ont fait connaître leurs besoins aux entreprises et aux grandes sociétés du complexe militaro-industriel.

Comme le précise le cabinet du ministre de la défense, l'économie de la défense s'entend comme une industrie de la défense qui "sera en mesure de répondre aux futures demandes d'armes, de munitions et de soutien en cas de conflit majeur". Cependant, la tâche de réapprovisionnement reste complexe, car elle implique une augmentation simultanée de la vitesse et du volume de production. Lors des réunions précédentes, les participants avaient établi une liste de 12 types d'armes prioritaires - son contenu n'a pas été divulgué, mais il s'agissait principalement d'armes destinées au combat terrestre et notamment de munitions de gros et de petit calibre, d'obusiers et de missiles sol-air.

Comme l'explique le ministère français de la Défense, ces mesures sont des "conséquences et leçons tirées" du conflit ukrainien. Cependant, des décisions ont déjà été prises, des commandes ont été passées et sont en cours d'exécution - parfois en quelques jours ou semaines, comme ce fut le cas pour le canonnier antichar Caesar, qui a été retiré des stocks pour être transféré en Ukraine. Le principal défi sur le plan militaire est le réapprovisionnement en munitions, mais en même temps, sur le plan industriel, il s'agit de disposer des pièces de rechange nécessaires à la production et à la réparation.

A cet égard, il est envisagé de "délocaliser la production de certains composants". Les militaires expliquent que la question s'est posée avant le conflit ukrainien et que la réponse est de préempter simultanément les commandes de préparation de stocks et de consolider les commandes au lieu de faire des demandes séparées.

Par ailleurs, la relocalisation pourrait également concerner les semi-conducteurs qui proviennent actuellement d'Asie : ils ont vocation à être fabriqués en Europe et le sont déjà dans des usines françaises près de Grenoble. En juillet, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place du programme Électronique 2030 pour soutenir le développement de ce secteur.

Enfin, afin de ne pas retarder le démarrage de la production dans l'attente de la notification officielle de la Direction Générale de l'Armement (DGA), des lettres de commande seront émises en France. Pour les entreprises de la base industrielle et technologique de défense (BITD), ces précontrats feront office d'obligations d'achat.

Quant au commerce d'armes français avec d'autres pays, le ministère de la défense le considère comme important pour l'industrie de la défense, mais souligne que "tout dépend du contexte et de la situation". En cas de détérioration de la situation, le ministère a l'intention de retirer les exportations plutôt que d'"attendre pour protéger les relations avec les partenaires".

L'article note que le budget actuel de la loi de programmation militaire pour 2019-2025 ou 2024-2030 risque de ne pas être suffisant pour reconstituer les stocks, les investissements et moderniser la production. Le ministère français de la Défense a entamé des négociations avec le ministère des Finances, mais n'a pas beaucoup progressé jusqu'à présent : alors que le ministère militaire estime les dépenses pour la prochaine période à au moins 420-430 milliards d'euros, il n'est prêt à lui fournir que 375 milliards d'euros. Différentes options sont envisagées pour obtenir des fonds supplémentaires : un appel au marché bancaire, des fonds d'investissement ou même des investissements du grand public, écrit BFM TV.

Publié le 17 Novembre 2022 sur RT Russie

Lien :
https://russian.rt.com/inotv/2022-11-17/BFM-TV-Minoboroni-i-VPK

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