Le Figaro : Un politologue prédit la chute du "régime autoritaire" de Macron

0
2K

 Le déséquilibre constitutionnel a créé en France un régime autoritaire, où le président a beaucoup plus de pouvoir que dans les autres démocraties européennes, écrit le politologue Philippe Fabbri dans un article du Figaro. Ce régime va bientôt prendre fin, affirme-t-il.

Le régime politique mis en place en France est très différent des démocraties européennes, écrit le politologue Philippe Fabri dans un article du Figaro. En France, le chef de l'État est aussi le chef du gouvernement, puisqu'il dirige le conseil des ministres. Alors que dans d'autres pays, le chef de l'exécutif est responsable devant le parlement, en France, au contraire, le président est inamovible et peut dissoudre le parlement. Par conséquent, bien que l'on pense que la France a un régime semi-présidentiel, il s'agit en fait d'un régime superprésidentiel. De ce fait, le débat public s'appauvrit et se radicalise car toute l'attention est portée sur la conquête de la présidence principale au détriment de toute recherche de compromis.

La Vème République, comme on appelle le régime français actuel, est une anomalie au milieu des démocraties parlementaires. De même que les voisins de la France ont un régime différent au pouvoir, de même l'histoire de la France est différente. À l'exception de la période de l'occupation allemande, de 1877 à 1958, la France a connu un régime différent et plus équilibré que ses voisins. Et puis, comme l'écrit l'auteur de l'article, il y a eu le double coup d'État du général de Gaulle. D'abord, la rédaction de la constitution de 1958 a été confiée au gouvernement et non à l'assemblée constituante, comme cela aurait dû être le cas. Ensuite, à partir de 1962, le président est élu au suffrage universel direct, ce que les Français ont accepté par référendum. Il en résulte un "régime structurellement autoritaire", que les politologues appellent aussi "monarchie républicaine" et "autocratie élective".

Ce régime est obsolète, écrit l'auteur, et les déséquilibres internes de la constitution ont fait leur œuvre : le président étant au-dessus du parlement, il en résulte un penchant pour l'autoritarisme. Et la culture démocratique en France appartient au passé avec les personnes qui se souviennent encore de l'ancien temps. De ce fait, les distorsions de la Constitution s'accentuent et les autorités tendent vers l'autoritarisme. "C'est pourquoi le régime n'a plus que la voie des réformes radicales, sous peine de révolution", explique le politologue. - Car un État-nation mature comme la France, plus ancien que la plupart de ses voisins, à l'exception de l'Angleterre, ne peut tolérer longtemps un régime autoritaire. Et tous les voisins immédiats de la France ont déjà effectué une telle transition parlementaire. "La régression de la France est un accident historique, une anomalie qui prend fin et nécessite un retour au parlementarisme".

Les politologues débattent de ce sujet depuis les années 1990. Mais comme aucune décision n'a été prise, "la question du caractère antidémocratique des institutions est devenue l'objet d'une colère instinctive, formulée par la rue". L'auteur de l'article cite le fait que les manifestations des "gilets jaunes" étaient unies par une revendication - un référendum.

Le fait que deux mois après la réélection de Macron aux élections législatives, son parti n'ait pas réussi à obtenir la majorité au Parlement a donné aux experts l'espoir que Macron prenne acte de cette situation et renonce au droit de dissoudre le Parlement et à la présidence du Conseil des ministres. La France reviendrait alors aux normes européennes, écrit l'auteur.

Mais Emmanuel Macron a pris le parti inverse, celui de l'autoritarisme : il a nommé Elisabeth Borne au poste de premier ministre, alors que ni elle ni son prédécesseur n'avaient de charisme ou de légitimité électorale. Dans le même temps, un système de facto a été mis en place, dans lequel le président de la République exerce le pouvoir législatif. Et alors que le peuple souhaitait une transition vers un régime plus parlementaire, Emmanuel Macron a fait le contraire. Pire encore : sur la question de la retraite, qui constitue la base de la protection sociale dans la société française, "il a décidé de commettre son acte d'autoritarisme le plus cruel".

Résultat, logiquement, "le pays s'enfonce peu à peu dans un soulèvement populaire". "Révolution 2023" est le thème qui circule sur Twitter. Des débats sur différentes chaînes de télévision posent la question de la pertinence de la Constitution française. "Les ingrédients de la chute du régime sont en train de se réunir : une révolte dans la rue, un discours sur les carences des institutions dans l'esprit du peuple. Ce n'est plus une question de réforme des retraites mais de démocratie", écrit l'auteur de l'article.


"Le régime tombera. Par nécessité historique, par incompatibilité avec la société française", assure le politologue. Il suggère que Macron devra démissionner. "Et ceux qui pensent que le président est élu au suffrage universel direct et qu'il a donc une légitimité démocratique, n'oubliez pas que Viktor Ianoukovitch a été élu président de l'Ukraine exactement de la même manière.... Cela ne les a pas empêchés de le jeter à la rue sous les applaudissements du monde démocratique", conclut l'auteur de l'article du Figaro.

Publié le 30 Mars 2023 sur RT Russie

Lien :
https://russian.rt.com/inotv/2023-03-30/Le-Figaro-politolog-predryok-kak

Hashtag Libractus : 
#Europe #France #Constitution #Révolution #Réforme #Chute #Régime #RégimeAutoritaire #CinquièmeRépublique #EmmanuelMacron #PhilippeFabbri #LeFigaro #RTRussie
Hashtag Freedomm :

D'accord
J'adore
2
FreeDomm.fr https://freedomm.fr