L'UE adopte une loi sur la "liberté des médias", où le mot "liberté" ne signifie pas ce que vous pensez.
Comme la plupart des signaux de vertu de l'Union européenne, cet acte est à l'opposé de ce que son nom laisse présager
La nouvelle loi européenne sur la liberté des médias a été votée par 464 voix pour, 92 contre et 65 abstentions.
Je souhaiterais que certains organes de presse couvrent ce scrutin. Comme par exemple celle de RT, sur lequel vous lisez ces lignes en ce moment même. Mais tous ceux qui regardent ces informations depuis le bastion de la démocratie et de la liberté qu'est l'Union européenne le font probablement en utilisant une connexion réseau virtuelle (VPN) acheminée depuis l'extérieur de l'Union, afin de contourner la censure de la presse.
Rien dans cette nouvelle loi ne laisse présager que cela changera ou que l'accès à l'information et aux analyses sera plus facile pour le citoyen lambda. Une telle évolution des libertés devrait permettre aux citoyens de se forger leur propre opinion plutôt que de se voir servir les différentes saveurs d'un narratif similaire destiné à une consommation de masse. Malheureusement, comme c'est devenu le cas dans les soi-disant démocraties occidentales, les faits et les analyses qui dérangent seront toujours considérés comme de la "désinformation" et les critiques à l'égard de l'establishment seront toujours qualifiées de tentative visant à semer la division - comme si la divergence d'opinion n'était pas censée être la preuve d'une démocratie saine et dynamique.
A présent que nous avons éliminé tout espoir de lever la censure imposée par les autorités européennes au mépris des principes d'équité, quel est exactement l'intérêt de cette nouvelle loi pour la noble notion de liberté des médias ?
Il est interdit aux autorités d'espionner les journalistes ou de les obliger à divulguer leurs sources. À une exception près : les pays qui ont exercé des pressions pour pouvoir continuer à le faire, comme la France, l'Italie, Malte, la Grèce, Chypre, la Suède et la Finlande, soit un quart des pays de l'Union européenne. Oh, mais pour ce faire, ils devront invoquer des questions de sécurité nationale. Or, comme nous le savons, ils font preuve d'un grand discernement à ce sujet. Par exemple, ils n'ont pas du tout mis en place une cyber police et étendu ses pouvoirs sous prétexte de lutter contre un virus contre lequel le président français Emmanuel Macron ne cessait de répéter qu'ils étaient "en guerre". Amnesty International n'a pas non plus souligné la tendance "orwellienne" généralisée à travers l'Europe, au moins depuis 2017, consistant à exploiter les attaques terroristes nationales pour intégrer de manière permanente ce qui était censé être des pouvoirs extraordinaires dans le droit pénal, via des mesures telles que des "définitions trop larges du terrorisme." Il ne fait donc aucun doute qu'ils seront tout aussi raisonnables lorsqu'ils apposeront l'étiquette "menace pour la sécurité nationale" sur un journaliste dont ils veulent examiner le travail.
Au moins maintenant, en vertu de cette nouvelle loi, ils doivent informer pleinement tout journaliste ciblé des mesures prises à son encontre.
Un autre changement concerne la création d'une base de données centralisée dans laquelle "tous les organes d'information, quelle que soit leur taille, devront publier les informations relatives à leurs propriétaires", selon une déclaration à la presse de l'UE. Puis-je soumettre un premier candidat pour cette base de données ? L'ONG Reporters sans frontières a salué cette nouvelle loi comme une "avancée majeure pour le droit à l'information au sein de l'Union européenne". Cette même ONG vient également de lancer un bouquet satellite "Svoboda" (liberté en russe) comprenant "jusqu'à 25 chaînes de radio et de télévision indépendantes en langue russe" à destination de la Russie, de l'Ukraine et des pays baltes. Le lancement a eu lieu au Parlement européen, en présence de la commissaire européenne chargée des valeurs et de la transparence (oui, c'est un vrai titre), Vera Jourova, laquelle c'est prononcée en faveur de la nouvelle loi sur les médias : "C'est une protection pour ceux qui veulent utiliser le pouvoir de l'Etat, y compris le pouvoir financier, pour rendre les médias dépendants d'eux". Néanmoins, elle a également déclaré, à propos de cette nouvelle initiative ciblant la Russie, que les États membres de l'UE devaient "utiliser tous les moyens possibles pour s'assurer que leur action, ainsi que les informations dont ils disposent, puissent atteindre les populations russophones". C'est cette même personne qui a plaidé en faveur de l'interdiction des médias liés à la Russie dans l'UE.
Toujours est-il que c'est vous qui commencez, les gars. Vous montrez ainsi aux autres la marche à suivre. Par ailleurs, cela signifie-t-il que tout intérêt financier sous la forme de dépenses publicitaires devra également être déclaré par les médias d'entreprise ? Dans la mesure où les plateformes médiatiques soutenues par l'État sont déjà transparentes, il faut savoir que les intérêts beaucoup plus discrétionnaires qui régissent les plateformes à caractère plus commercial ont tendance à être beaucoup moins évidents pour les téléspectateurs. Les téléspectateurs peuvent ne pas savoir ou ne pas comprendre, par exemple, pourquoi un média privé particulier peut se concentrer sur un pays donné avec des interviews, des articles consacrés au tourisme et des documentaires élogieux, et le traiter avec des gants lors des bulletins d'information, alors même que ce même pays injecte dans ce média des tonnes de recettes publicitaires.
Quoi qu'il en soit, le service bureaucratique de la reine Ursula von der Leyen va s'étoffer avec l'arrivée d'un nouveau "Conseil européen des services de médias" résultant de la nouvelle loi. Parce que la liberté ne va pas se réguler toute seule, les gars.
Le nom même de la loi sur la liberté des médias est le premier indice qu'il ne s'agit probablement pas d'une loi sur la liberté. Tout comme la "Facilité européenne pour la paix" est utilisée pour acheter des armes, ou que "l'élection" des commissaires européens triés sur le volet n'est en fait pas autre chose que ce que n'importe quel pays ordinaire appellerait un vote de confirmation.
l y a fort à parier qu'à chaque fois que l'UE donne un coup d'accélérateur à son discours vertueux, en utilisant un langage rassurant pour le vendre, la réalité est probablement à l'opposé de ce qui est annoncé.
Par Rachel Marsden, chroniqueuse, stratège politique et animatrice de talk-shows indépendants en français et en anglais.
Les déclarations, points de vue et opinions exprimés dans cette colonne sont uniquement ceux de l'auteur et ne représentent pas nécessairement ceux de RT.
Publié le 16 Mars 2024 sur rt.com
Hashtag Libractus :
#LibreExpression #Opinion #UE #UnionEuropéenne #Lois #Réglementations #LibertéDeLaPresse #RachelMarsden #RT #RTNews #RussiaToday
Hashtag Freedomm :
----------------------
🙏 Aidez FreeDomm à devenir le réseau social français libre, en faisant un don pour permettre d'acheter un serveur puissant afin de permettre de diversifier les contenus, à encoder les vidéos sans limite de taille et proposer du contenu encore plus libre !
----------------------
- Art
- Libre Expression
- Cinéma
- Dance
- Boisson
- Film
- Fitness
- Cuisine
- Jeux
- Jardinage
- Santé
- FreeDomm.fr
- Littérature
- Musique
- Média
- Autre
- Amusement
- Religion
- Shopping
- Sports
- Théâtre
- Santé - Bien être
- Ésotérisme
- Webtoon