Juan Branco ✊
@anatolium
J'ai été désigné pour défendre Antoine Vila, qui a exposé l'oeuvre "non lieu", contre laquelle Emmanuel Macron a porté plainte. J'aimerais vous en dire deux mots.
Cette oeuvre a été montrée aux côtés de quarante autres au cours d'un événement artistique sur la Chlordécone.
Ce produit chimique a été déversé massivement pendant cinquante ans en Guadeloupe par les descendants des esclavagistes, les békés, pour cultivé la banane.
Ce produit a empoisonné les eaux de l'île pour 700 ans, provoquant un record mondial de cancers de la prostate sur l'île. La procédure judiciaire ouverte à ce sujet a débouché sur un non-lieu après 16 ans d'enquête.
L'ensemble des travaux sur le sujet démontrent que les békés, mais aussi les services de l'Etat, savaient.
M. Macron, plutôt que de protéger les populations, avait relativisé la situation, tentant d'attribuer mensongèrement ce record de cancers aux caractéristiques génétiques de la population de l'île.
Difficile de faire plus gênant, et en même temps, plus révélateur du fond de la pensée de cet homme.
Il faut imaginer la violence que cela représente pour les habitants de l'île.
Il faut imaginer comment le fait que le Président de la République, plutôt que de faire amende honorable, décide de porter plainte personnellement contre ceux qui ont décidé de dénoncer ce scandale, peut être ressenti.
Il faut imaginer ce que cela fait de vivre désormais en un pays où les artistes, pour radicales que soient leurs oeuvres, se voient directement ciblés par le pouvoir.
J'ai participé à la défense, je crois, de toutes les personnes contre qui M. Macron et sa femme ont porté plainte personnellement depuis le début de leur mandat.
J'ai remporté de nombreuses victoires, parfois sous le regard tremblant des juges.
La plupart du temps, il s'agit de citoyens simples, ayant des difficultés à vivre ou cherchant à dénoncer des scandales les touchant, qui se voyaient visités par les forces de l'ordre au petit matin, parfois arrêtés, privés de leurs libertés, intimidés.
Je n'ai jamais vu au cours de ces procédures l'intérêt de la nation primer.
Jamais la question, par le Président de la République, s'interroger sur le sens de son geste et sa violence, alors que lui bénéficie de la totale protection de l'Etat, et de l'immunité.
Le sens qu'il y a à s'attaquer personnellement à ses propres citoyens, pour défendre ses intérêts privés, lorsqu'on est censé représenter la nation en son entier.
J'ai vu plus grave cependant. La compromissions de policiers et de magistrats. Le suivi et l'orientation des procédures directement par l'Elysée, parfois par son commandement militaire, en un mélange des genres qui ne saurait jamais être accepté.
Les pressions sur tous, y compris et à commencer par les avocats. Les fuites dans la presse, les violations de procédure, les mots choisis pour écraser et intimider.
Cette violence est choisie, façonnée, dirigée.
Cela a été une expérience très particulière, pour un jeune homme sans histoire, au cursus honorarum limpide, que de découvrir la façon dont notre fameux "Etat de droit" pouvait être utilisé pour manipuler, mentir, salir, et user de tous les moyens pour éliminer ceux qui se trouvent sur son chemin.
De voir à cet égard le silence, parfois la complaisance, trop souvent la complicité, des médias.
De découvrir ce qu'il en coute, que de dire, non et de voir s'abattre en retour toute une machine d'État.
J'ai pris ma part de laideurs, pour agir et protéger.
Ce qu'il en reste ne seront pas des taches. Ne seront pas des stigmates.
Mais les preuves que nous serons restés, jusqu'au bout, du bon côté.
Nombre de personnes que je chéris, de Julian Assange à Ousmane Sonko, savent ce qu'il en coûte que de s'opposer.
Mais ils savent aussi ce qu'un peuple peut faire pour se sauver, et retrouver sa liberté et sa souveraineté.
Soyez notre peuple, préparez-vous à les ébranler.
Prenez votre part, de sorte que nous puissions demeurer, jusqu'au bout, à vos côtés.
Rendez-nous fier de nous battre pour et par le peuple Français.
Et donnez nous la force de nous montrer pour cela prêts à tout sacrifier.
Pensées.
Juan Branco
21 févr. 2025 · 38,7 k vues
https://x.com/anatolium/status/1893000391756759456
Juan Branco ✊
@anatolium
J'ai été désigné pour défendre Antoine Vila, qui a exposé l'oeuvre "non lieu", contre laquelle Emmanuel Macron a porté plainte. J'aimerais vous en dire deux mots.
Cette oeuvre a été montrée aux côtés de quarante autres au cours d'un événement artistique sur la Chlordécone.
Ce produit chimique a été déversé massivement pendant cinquante ans en Guadeloupe par les descendants des esclavagistes, les békés, pour cultivé la banane.
Ce produit a empoisonné les eaux de l'île pour 700 ans, provoquant un record mondial de cancers de la prostate sur l'île. La procédure judiciaire ouverte à ce sujet a débouché sur un non-lieu après 16 ans d'enquête.
L'ensemble des travaux sur le sujet démontrent que les békés, mais aussi les services de l'Etat, savaient.
M. Macron, plutôt que de protéger les populations, avait relativisé la situation, tentant d'attribuer mensongèrement ce record de cancers aux caractéristiques génétiques de la population de l'île.
Difficile de faire plus gênant, et en même temps, plus révélateur du fond de la pensée de cet homme.
Il faut imaginer la violence que cela représente pour les habitants de l'île.
Il faut imaginer comment le fait que le Président de la République, plutôt que de faire amende honorable, décide de porter plainte personnellement contre ceux qui ont décidé de dénoncer ce scandale, peut être ressenti.
Il faut imaginer ce que cela fait de vivre désormais en un pays où les artistes, pour radicales que soient leurs oeuvres, se voient directement ciblés par le pouvoir.
J'ai participé à la défense, je crois, de toutes les personnes contre qui M. Macron et sa femme ont porté plainte personnellement depuis le début de leur mandat.
J'ai remporté de nombreuses victoires, parfois sous le regard tremblant des juges.
La plupart du temps, il s'agit de citoyens simples, ayant des difficultés à vivre ou cherchant à dénoncer des scandales les touchant, qui se voyaient visités par les forces de l'ordre au petit matin, parfois arrêtés, privés de leurs libertés, intimidés.
Je n'ai jamais vu au cours de ces procédures l'intérêt de la nation primer.
Jamais la question, par le Président de la République, s'interroger sur le sens de son geste et sa violence, alors que lui bénéficie de la totale protection de l'Etat, et de l'immunité.
Le sens qu'il y a à s'attaquer personnellement à ses propres citoyens, pour défendre ses intérêts privés, lorsqu'on est censé représenter la nation en son entier.
J'ai vu plus grave cependant. La compromissions de policiers et de magistrats. Le suivi et l'orientation des procédures directement par l'Elysée, parfois par son commandement militaire, en un mélange des genres qui ne saurait jamais être accepté.
Les pressions sur tous, y compris et à commencer par les avocats. Les fuites dans la presse, les violations de procédure, les mots choisis pour écraser et intimider.
Cette violence est choisie, façonnée, dirigée.
Cela a été une expérience très particulière, pour un jeune homme sans histoire, au cursus honorarum limpide, que de découvrir la façon dont notre fameux "Etat de droit" pouvait être utilisé pour manipuler, mentir, salir, et user de tous les moyens pour éliminer ceux qui se trouvent sur son chemin.
De voir à cet égard le silence, parfois la complaisance, trop souvent la complicité, des médias.
De découvrir ce qu'il en coute, que de dire, non et de voir s'abattre en retour toute une machine d'État.
J'ai pris ma part de laideurs, pour agir et protéger.
Ce qu'il en reste ne seront pas des taches. Ne seront pas des stigmates.
Mais les preuves que nous serons restés, jusqu'au bout, du bon côté.
Nombre de personnes que je chéris, de Julian Assange à Ousmane Sonko, savent ce qu'il en coûte que de s'opposer.
Mais ils savent aussi ce qu'un peuple peut faire pour se sauver, et retrouver sa liberté et sa souveraineté.
Soyez notre peuple, préparez-vous à les ébranler.
Prenez votre part, de sorte que nous puissions demeurer, jusqu'au bout, à vos côtés.
Rendez-nous fier de nous battre pour et par le peuple Français.
Et donnez nous la force de nous montrer pour cela prêts à tout sacrifier.
Pensées.
Juan Branco
21 févr. 2025 · 38,7 k vues
https://x.com/anatolium/status/1893000391756759456