CO2 atmosphérique et température : est-on dans une période de hausse ou de baisse ?
Étude des variations temporelles du CO2 atmosphérique et de la température sur différentes échelles de temps.
À l'échelle d'une vie humaine
Depuis un siècle, le taux de CO2 a augmenté de 30 % et la température moyenne de la Terre a augmenté de 0,6-0,8°C. Les perspectives indiquent un doublement du CO2 et une augmentation de la température de 2 à 6°C d'ici la fin du siècle. C'est ce que disent journaux, écologistes...
Évolution de la température
Source - © 2001 IPCC-GIECLes barres bleues indiquent la température de surface de la Terre année par année. Les barres noires correspondent à un intervalle de confiance de 95%. La courbe annuelle filtrée (noire) donne les moyennes quasi décennales. L'augmentation de température moyenne globale de surface est de 0,6±0,2°C depuis 100 ans.
Source - © 1996 Etheridge et al., 1996, J.G.R., modifiéFigure 2. Courbe d'évolution du CO2 depuis 1850 à partir de l'analyse des carottes de glace antarctiques
Document transmis par Jean Marc Barnola, Laboratoire CNRS de Glaciologie, Univ. Joseph Fourier, Grenoble.
Une conséquence des variations climatiques : la fonte des glaciers.
Le retrait des glaciers à l'échelle séculaire s'observe sur toute la planète. Les deux photographies suivantes montrent le retrait du glacier South Cascade (Washington Cascade Mountains) entre 1928 et 2000.
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Source - © 1928 USGS/ NSIDC Figure 3. Le glacier South Cascade en 1928 |
Source - © 1928 USGS/ NSIDC Figure 4. Le glacier South Cascade en 2000 |
(Pour en savoir plus sur l'évolution des glaciers.)
Prenons du recul « chronologique » et « géologique » :
À l'échelle historique (derniers 1000 ans)
Depuis 1000 ans, la température moyenne ne fait qu'augmenter ou diminuer d'1 à 2°C, avec des périodes froides (ex : le Petit Age Glaciaire qui a commencé au XVIIe siècle, cette époque semble marquée par des conditions climatiques particulièrement rigoureuse en Europe et par une avancée massive des glaciers alpins), et des périodes chaudes (ex : le Groenland vert des XI et XIIe siècles qui a pu être colonisé par les Vikings). Ces hausses et baisses sont vraisemblablement dues à des variations de l'activité solaire. La hausse constatée depuis 150 ans est due pour partie à cette variation d'activité solaire (environ 50 %), et pour partie aux activités humaines. Et comme on ne peut agir sur le Soleil, agissons contre le CO2 !
Pour visualiser les 3 courbes précédentes superposées et mises à l'échelle cliquer ici.
À l'échelle des prochains 1000 ans
Les différents modèles élaborés par les scientifiques prévoient une augmentation de la température de 1 à 6° C d'ici 2100. Ces différents modèles se basent sur divers scénarios d'évolution des émissions et de la concentration de CO2 dans l'atmosphère.
Source - © 2004 IPCC-GIECFigure 8. Prévisions de l'évolution des températures d'ici 2100 selon différents modèles
Vous pouvez également visualiser les prévisions d'émissions ou de concentration du CO2 sur lesquelles se basent les différents modèles. Ces graphiques sont aussi issus du rapport 2001 de l'IPCC. (Nouvelles simulations du climat : quel réchauffement en 2100 ?)
Il y a entre 40 et 80 ans de réserve de pétrole, le double ou le triple de gaz, pour quelques siècles de charbon.
Effectuons une estimation à partir du graphique ci-dessous : les réserves mondiales prouvées de combustibles fossiles représentent 800 tonnes équivalent pétrole (tep). Par ailleurs, la consommation de combustibles fossiles étant minorée à 6 milliards de tep par an, il nous resterait des réserves pour 800/6 soit environ 130 ans. En estimant à 2400 tep les réserves qui pourraient être découvertes ou qui sont localisées mais dont l'exploitation est encore très discutée, il resterait 3200/6 soit environ 530 années de consommation.
Source - © 2000 Babusiaux et CoiffardPour en savoir plus sur la consommation énergétique actuelle et les stocks d'énergie fossile.
À l'échelle du Quaternaire
La hausse précédente s'inscrit dans des oscillations naturelles et périodiques de température et du CO2 qui durent depuis quelques centaines de milliers d'années. La température moyenne de la Terre oscille naturellement entre +10 et +16 °C. On est actuellement à +14°C.
Ces variations sont dues aux interactions complexes entre orbite de la Terre, océans, calottes glaciaires, CO2…
L'astronomie nous indique que la prochaine glaciation commencera dans 40 000 à 80 000 ans.
À l'échelle du Phanérozoïque
Depuis 80 millions d'années, la tendance globale (malgré les oscillations vues précédemment) est à la baisse du CO2 (divisé par 6 en 80 000 000 ans) et à une baisse de la température de 10 à 15 °C (température moyenne de 25 à 30°C il y a 80 000 000 d'années).
Entre -280 et - 80 millions d'années, la tendance était au contraire à la hausse du CO2 (multiplié par 6) et de la température moyenne (qui est passée de 12°C à 25-30°C)
Évolution de la température
Source - © 1994 Van Andel, Cambridge University PressOn constate un refroidissement global particulièrement bien marqué dans les eaux profondes.
Source - © 1992 Frakes et al., Cambridge University Press
Évolution de la concentration en CO2Quelques données indirectes de mesure de la pression partielle de CO2 ont été publiées qui semblent en assez bon accord avec la courbe modélisée de Berner. Ces évidences proviennent des isotopes stables du carbone dans les paléosols ou bien d'arguments paléontologiques comme la densité de stomates sur les feuilles fossiles
La planète Terre a très bien résisté à ces variations, mais pas tous ses habitants (cf. dinosaures). Ces variations sont dues aux variations d'importance relative entre volcanisme, formation de montagnes, altération des roches, formation des calcaires …
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Source - © 2001 NCDC, Jerry Wellington , Dept of Biology, Univ. Houston Figure 15. Un exemple de récif corallien de l'archipel de Palau (Micronésie) Les polypes constructeurs de coraux ont été responsables de la formation d'un grande quantité de calcaire. Quelques données indirectes de mesure de la pression partielle de CO2 ont été publiées qui semblent en assez bon accord avec la courbe modélisée de Berner. Ces évidences proviennent des isotopes stables du carbone dans les paléosols ou bien d'arguments paléontologiques comme la densité de stomates sur les feuilles fossiles. |
Source - © 2001 NCDC, Jerry Wellington , Dept of Biology, Univ. Houston Ce récif a été émergé et asséché à la suite d'une importante activité sismique en 1954. En examinant le taux de croissance de ces coraux , les scientifiques peuvent déterminer le climat qui régnait quand le corail était encore immergé et vivant. |
On peut supposer que le « froid » actuel durera tant que durera l'Himalaya (gigantesque pompe à CO2), pour encore pas mal de millions d'années. Quand l'Himalaya sera « aplani », le taux de CO2 augmentera à nouveau, et la température aussi, à moins que d'autres montagnes ne se forment en pays inter tropical.
À l'échelle de l'histoire de la Terre
Ces variations qui durent depuis quelques centaines de millions d'années (voir les 3 diagrammes du haut dans la figure ci-dessous) s'inscrivent dans des « tendances générales » :
Figure 17. Évolution des teneurs en CO2 depuis 4,5 milliards d'années
Quelques données indirectes de mesure de la pression partielle de CO2 ont été publiées qui semblent en assez bon accord avec la courbe modélisée de Berner. Ces évidences proviennent des isotopes stables du carbone dans les paléosols ou bien d'arguments paléontologiques comme la densité de stomates sur les feuilles fossiles. Source : document de Pierre Thomas publié dans Sciences de la Vie et de la Terre, 2nde, collection Éric Périlleux, Nathan, 2000.
- le CO2 baisse ; il a été divisé par 100 000 depuis l'origine de la Terre (4e diagramme de la figure ci-dessous). Ce diagramme (en échelle log) montre une décroissance quasi linéaire de la concentration du CO2 avec le temps : le taux de CO2 est divisé par 10 à 100 tous les milliards d'années.
Cette diminution est due à l'accroissement lent et progressif de la quantité des calcaires terrestres. - Pendant la même époque, l'énergie rayonnée par le soleil a augmenté de 50 % ( Pour en savoir plus sur la variabilité solaire à long terme, voir la thèse de Anne Vigouroux en ligne sur le site de l'observatoire de Nice.).
- Et globalement, aux innombrables oscillations près, la hausse du soleil a été compensée par la baisse du CO2 : La température de la Terre est toujours restée entre 0 et 100°C (sauf une ou 2 fois il y a - 650 millions d'années, époque où la Terre a sans doute été une boule de glace, gelée des pôles à l'équateur).
Pourvu que ça dure !!!!!!
Annexes
Pour en savoir un peu plus sur les glaciers :
Le retrait des glaciers à l'échelle séculaire s'observe sur toute la planète. Les données suggèrent que le retrait des glaciers a commencé vers le milieu du XIXe siècle aux basses et moyennes latitudes alors qu'il a commencé plus tardivement aux hautes latitudes.
Source - © 2001 IPCC-GIECFigure 18.
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