1983 - Le Distilbène, l'hormone par qui le scandale arrive
[ARCHIVE] Prescrit pour limiter le risque de fausse couche, le Distilbène entraîne de graves malformations sur le foetus.
Le scandale du Distilbène à la Une des journaux dans L'Express n°1651 du 25 février 1983.

Graves malformations, aux Etats-Unis, chez des jeunes filles dont les mères avaient été traitées à l'oestrogène de synthèse D.e.s. Moins violents, les dommages ont touché des Françaises. Depuis longtemps, on savait le produit dangereux.

Prenez note de la "carence" des autorités sanitaires. Ajoutez la "légèreté à prescrire" de certains médecins. Joignez "l'effet retard" sur les enfants d'un remède pris, quelques années plus tôt, par leur mère. N'oubliez pas l'essentiel : la pointe d'une hormone. Brassez. Vous obtenez une panique nationale. La recette vient d'être expérimentée en France.

L'Express
Tout commence le 15 février. Un article du journal Le Monde dénonce les réactions secondaires tardives d'un médicament, le diethylstilboestrol. C'est un oestrogène de synthèse, que les chimistes appellent communément D.e.s. Il a été commercialisé aux Etats-Unis et en Europe, à partir de 1946. Utilisé, à l'époque, pour consolider des grossesses fragiles, ce D.e.s. a provoqué chez des enfants américains, des filles, quelques méfaits redoutables : des cancers génitaux ou des malformations de la muqueuse utérine, qui compromettent de façon transitoire la fertilité.

"Une monumentale erreur médicale"
L'article du Monde précise qu'une enquête sur les "enfants français du D.e.s." a démarré en 1982 ; elle est due au Dr Anne Cabau, gynécologue obstétricienne à Paris, pour le compte de la Mutuelle générale de l'Education nationale. Cette étude confirme qu'avec trente ans de retard cette "hormone a bien exercé, en France comme ailleurs, ses effets nocifs sur les foetus dont elle était censée protéger la croissance". Des retombées tout de même moins graves qu'aux Etats-Unis, car les doses de D.e.s. employées en Europe ont été, en général, moins élevées. Ultime avertissement : "le nombre des enfants du D.e.s. en France varie vraisemblablement de 300 000 à 500 000".

Une information claire, en l'occurrence. Cependant, aussi promptement qu'une réaction en chaîne, s'amorce une brutale angoisse collective. Peut-être à cause du titre de l'article : Une monumentale erreur médicale.

Dès le 16 février, deux autres journaux amplifient l'événement. "Une effarante erreur médicale, 300 000 enfants, en France, victimes du mauvais usage d'un médicament", lance Le Parisien. "Un médicament met en danger 500 000 Français", appuie France-Soir. Les radios s'en mêlent, et la télévision, puis d'autres journaux. Le ton monte. Comment les femmes qui ont pris du D.e.s., autrefois, ne s'inquiéteraient-elles pas ? Elles harcèlent les gynécologues. Ces derniers assaillent, en rebond, les services hospitaliers d'obstétrique.

Suivent la polémique et la hargne, que ne tempère guère un hâtif communiqué du ministère de la Santé. Il rappelle cependant que le cas du D.e.s. est bien connu des autorités et des médecins. Que, depuis avril 1977, le produit est officiellement contre-indiqué chez les femmes enceintes ou susceptibles de l'être. "Il est prévu, conclut l'avis officiel, que les résultats détaillés de l'enquête très récente de la Mutuelle de l'Education soient soumis à la Commission nationale de pharmacovigilance".

Le médicament inoffensif n'existe pas
Étrange tempête. Car les propriétés du D.e.s., délétères ou bénéfiques, sont vraiment divulguées. Elles n'ont pas seulement figuré en 1977 dans le Vidal, l'index des médicaments destiné aux médecins. Les pharmacologues Georges Lagier et Paul Lechat les décrivent dans L'Abrégé des risques et maladies liés aux médicaments. Les Prs Georges Mathé, Gaston Meyniel et Jean-Paul Giroud les citent dans leur anthologie, Pharmacologie clinique. Le Compendium des produits et spécialités pharmaceutiques en fait état, comme d'ailleurs l'Encyclopédie de la médecine de la Pléiade. Dans ses ouvrages, Les Progestatifs, Les Ménopauses, le Dr Henri Rozenbaum, spécialiste parisien en gynécologie, présente sans fard les nombreuses contre-indications et les rares emplois de cette substance.

La presse anglo-saxonne de vulgarisation scientifique n'a rien celé, de son côté. Voilà une décennie qu'elle publie des communications de chercheurs consacrées au D.e.s. et que le Quotidien du médecin relaie cette information en France. L'histoire de cette substance est exemplaire. Par essence, le médicament inoffensif n'existe pas. Conçu pour corriger des troubles organiques et pour les soulager, tout produit thérapeutique, quelle que soit sa nature, impose des précautions permanentes. Son utilisation commence souvent en "lune de miel", en raison de ses promesses. Au fil du temps apparaissent presque immanquablement les effets indésirables.

Le Dr Anne Cabau a contribué à faire éclater le scandale du Distilbène dans L'Express n°1651 du 25 février 1983.
Le Dr Anne Cabau a contribué à faire éclater le scandale du Distilbène dans L'Express n°1651 du 25 février 1983.L'Express
Il faut le souligner, le premier usage du D.e.s., découvert aux Etats-Unis vers 1934, a constitué une aberration, due à deux médecins américains, les époux Smith. Contrairement à ce qu'ils escomptaient dès 1942, cet oestrogène de synthèse n'allait se révéler d'aucune utilité pour bloquer le danger d'une fausse couche chez la femme enceinte à risques. Néanmoins, commercialisé sous quatre-vingts formes, le médicament se vendra longtemps, dans le monde, pour cette indication erronée. Et son interdiction, aux Etats-Unis, n'interviendra qu'en 1971. Cette année-là, le Pr Arthur Herbst, à Harvard, a constaté que le D.e.s. pouvait entraîner l'apparition d'un cancer rare du vagin chez les filles des mères traitées ainsi. Risque établi : 1 pour 10 000 ; 300 cas recensés aux Etats-Unis.

Le deuxième effet secondaire enregistré par les médecins américains, dans les années 70, est moins sinistre. Près de 45 % des filles des millions de mères soignées au D.e.s. auraient présenté une anomalie de la paroi de l'utérus ; un vestige embryonnaire naturel, qui doit normalement disparaître avant la naissance. Or, chez ces filles, il a persisté, ne s'effaçant parfois qu'à l'âge adulte, ce qui a entraîné un risque de stérilité. Traitées, 85 % des jeunes victimes ont guéri.

Le scandale des "viandes aux hormones" oublié?
Cette dure expérience a rendu l'Administration américaine circonspecte. Par ordonnance du 5 décembre 1976, elle a également déconseillé l'usage du D.e.s. pour effacer les troubles de la ménopause, recommandant, pour cette autre indication, les oestrogènes naturels. Pratiquement, aux Etats-Unis, le D.e.s. ne sert plus qu'à traiter le cancer de la prostate. Cette thérapeutique a été imaginée, à partir de 1943, par Charles Brenton Huggins, un Canadien fixé à Chicago. Il est parvenu à guérir un quart des cancéreux qu'il traitait, à prolonger pendant des années la vie des autres, et fut récompensé par le prix Nobel, en 1966.

Sous surveillance stricte en médecine humaine, le D.e.s. n'a pas davantage échappé à la vigilance américaine en médecine vétérinaire. Les hormones, on le sait, sont employées dans l'élevage. Elles ont pour but d'assurer un meilleur état général de l'animal destiné à la boucherie. Elles confèrent une grande résistance aux infections, fréquentes dans les "batteries" industrielles, ce qui diminue d'autant le recours aux antibiotiques. Comme en Grande-Bretagne et en Allemagne fédérale, l'usage des oestrogènes naturels est donc autorisé aux vétérinaires américains. Les oestrogènes de synthèse, en revanche, ne sont pas "souhaités".

Que se passe-t-il, à ce sujet, en France? Aurait-on oublié le scandale des "viandes aux hormones", en 1980, et la table ronde qui leur fut consacrée, le 29 septembre de cette année-là, aux Entretiens de Bichat ? C'est le D.e.s. qui tint la vedette, déjà reconnu toxique, pour son utilisation frauduleuse en élevage...

Le péril d'une grossesse à risques
Le Dr Anne Cabau ne pensait pas que la divulgation de son initiative, à propos de l'usage médical du D.e.s. en France, susciterait un tel affolement. Une curiosité de chercheur, à l'origine, partagée avec le Dr Maurice Adjiman, urologue à l'hôpital Cochin, à Paris. Elle s'est concrétisée par un banal questionnaire, publié dans la revue de la Mutuelle de l'Education tirant à plus d'un million d'exemplaires. Il visait les femmes qui avaient pu utiliser le D.e.s. ; leurs filles, éventuellement.

Neuf cent dix réponses. Huit cent quarante ont été "positives". Une analyse a montré que, parmi ces Françaises, le traitement au D.e.s., prescrit dès 1950, s'est prolongé jusqu'en 1975. Les trois quarts des enfants de ces femmes sont nées entre 1963 et 1973. Cent huit de ces enfants du D.e.s. ont plus de 20 ans. Et vingt, seulement, voudraient elles-mêmes des enfants. Aucun cancer n'est signalé. Chez trois d'entre elles, des anomalies du col de l'utérus ont été traitées.

Cette étude est la première du genre, en France. Mais elle n'a pas dépassé le stade des préliminaires. Le pourra-t-elle, maintenant, après ce tonitruant préambule ? Nul ne peut dire avec exactitude combien de Françaises ont vraiment voulu un enfant, malgré le péril d'une grossesse à risques, acceptant naguère le recours au D.e.s., présumé efficace. Peut-être 100 000, selon le Dr Jeanine Henry-Suchet, à Paris, qui a étudié la question. "Il faudrait un sondage, à l'échelon national", soupire le Dr Cabau. Mais cette consultation reste hors de sa portée. Les pouvoirs publics décideront-ils de donner une suite à sa précieuse enquête?


https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/1983-le-distilbene-l-hormone-par-qui-le-scandale-arrive_2043931.html
1983 - Le Distilbène, l'hormone par qui le scandale arrive [ARCHIVE] Prescrit pour limiter le risque de fausse couche, le Distilbène entraîne de graves malformations sur le foetus. Le scandale du Distilbène à la Une des journaux dans L'Express n°1651 du 25 février 1983. Graves malformations, aux Etats-Unis, chez des jeunes filles dont les mères avaient été traitées à l'oestrogène de synthèse D.e.s. Moins violents, les dommages ont touché des Françaises. Depuis longtemps, on savait le produit dangereux. Prenez note de la "carence" des autorités sanitaires. Ajoutez la "légèreté à prescrire" de certains médecins. Joignez "l'effet retard" sur les enfants d'un remède pris, quelques années plus tôt, par leur mère. N'oubliez pas l'essentiel : la pointe d'une hormone. Brassez. Vous obtenez une panique nationale. La recette vient d'être expérimentée en France. L'Express Tout commence le 15 février. Un article du journal Le Monde dénonce les réactions secondaires tardives d'un médicament, le diethylstilboestrol. C'est un oestrogène de synthèse, que les chimistes appellent communément D.e.s. Il a été commercialisé aux Etats-Unis et en Europe, à partir de 1946. Utilisé, à l'époque, pour consolider des grossesses fragiles, ce D.e.s. a provoqué chez des enfants américains, des filles, quelques méfaits redoutables : des cancers génitaux ou des malformations de la muqueuse utérine, qui compromettent de façon transitoire la fertilité. "Une monumentale erreur médicale" L'article du Monde précise qu'une enquête sur les "enfants français du D.e.s." a démarré en 1982 ; elle est due au Dr Anne Cabau, gynécologue obstétricienne à Paris, pour le compte de la Mutuelle générale de l'Education nationale. Cette étude confirme qu'avec trente ans de retard cette "hormone a bien exercé, en France comme ailleurs, ses effets nocifs sur les foetus dont elle était censée protéger la croissance". Des retombées tout de même moins graves qu'aux Etats-Unis, car les doses de D.e.s. employées en Europe ont été, en général, moins élevées. Ultime avertissement : "le nombre des enfants du D.e.s. en France varie vraisemblablement de 300 000 à 500 000". Une information claire, en l'occurrence. Cependant, aussi promptement qu'une réaction en chaîne, s'amorce une brutale angoisse collective. Peut-être à cause du titre de l'article : Une monumentale erreur médicale. Dès le 16 février, deux autres journaux amplifient l'événement. "Une effarante erreur médicale, 300 000 enfants, en France, victimes du mauvais usage d'un médicament", lance Le Parisien. "Un médicament met en danger 500 000 Français", appuie France-Soir. Les radios s'en mêlent, et la télévision, puis d'autres journaux. Le ton monte. Comment les femmes qui ont pris du D.e.s., autrefois, ne s'inquiéteraient-elles pas ? Elles harcèlent les gynécologues. Ces derniers assaillent, en rebond, les services hospitaliers d'obstétrique. Suivent la polémique et la hargne, que ne tempère guère un hâtif communiqué du ministère de la Santé. Il rappelle cependant que le cas du D.e.s. est bien connu des autorités et des médecins. Que, depuis avril 1977, le produit est officiellement contre-indiqué chez les femmes enceintes ou susceptibles de l'être. "Il est prévu, conclut l'avis officiel, que les résultats détaillés de l'enquête très récente de la Mutuelle de l'Education soient soumis à la Commission nationale de pharmacovigilance". Le médicament inoffensif n'existe pas Étrange tempête. Car les propriétés du D.e.s., délétères ou bénéfiques, sont vraiment divulguées. Elles n'ont pas seulement figuré en 1977 dans le Vidal, l'index des médicaments destiné aux médecins. Les pharmacologues Georges Lagier et Paul Lechat les décrivent dans L'Abrégé des risques et maladies liés aux médicaments. Les Prs Georges Mathé, Gaston Meyniel et Jean-Paul Giroud les citent dans leur anthologie, Pharmacologie clinique. Le Compendium des produits et spécialités pharmaceutiques en fait état, comme d'ailleurs l'Encyclopédie de la médecine de la Pléiade. Dans ses ouvrages, Les Progestatifs, Les Ménopauses, le Dr Henri Rozenbaum, spécialiste parisien en gynécologie, présente sans fard les nombreuses contre-indications et les rares emplois de cette substance. La presse anglo-saxonne de vulgarisation scientifique n'a rien celé, de son côté. Voilà une décennie qu'elle publie des communications de chercheurs consacrées au D.e.s. et que le Quotidien du médecin relaie cette information en France. L'histoire de cette substance est exemplaire. Par essence, le médicament inoffensif n'existe pas. Conçu pour corriger des troubles organiques et pour les soulager, tout produit thérapeutique, quelle que soit sa nature, impose des précautions permanentes. Son utilisation commence souvent en "lune de miel", en raison de ses promesses. Au fil du temps apparaissent presque immanquablement les effets indésirables. Le Dr Anne Cabau a contribué à faire éclater le scandale du Distilbène dans L'Express n°1651 du 25 février 1983. Le Dr Anne Cabau a contribué à faire éclater le scandale du Distilbène dans L'Express n°1651 du 25 février 1983.L'Express Il faut le souligner, le premier usage du D.e.s., découvert aux Etats-Unis vers 1934, a constitué une aberration, due à deux médecins américains, les époux Smith. Contrairement à ce qu'ils escomptaient dès 1942, cet oestrogène de synthèse n'allait se révéler d'aucune utilité pour bloquer le danger d'une fausse couche chez la femme enceinte à risques. Néanmoins, commercialisé sous quatre-vingts formes, le médicament se vendra longtemps, dans le monde, pour cette indication erronée. Et son interdiction, aux Etats-Unis, n'interviendra qu'en 1971. Cette année-là, le Pr Arthur Herbst, à Harvard, a constaté que le D.e.s. pouvait entraîner l'apparition d'un cancer rare du vagin chez les filles des mères traitées ainsi. Risque établi : 1 pour 10 000 ; 300 cas recensés aux Etats-Unis. Le deuxième effet secondaire enregistré par les médecins américains, dans les années 70, est moins sinistre. Près de 45 % des filles des millions de mères soignées au D.e.s. auraient présenté une anomalie de la paroi de l'utérus ; un vestige embryonnaire naturel, qui doit normalement disparaître avant la naissance. Or, chez ces filles, il a persisté, ne s'effaçant parfois qu'à l'âge adulte, ce qui a entraîné un risque de stérilité. Traitées, 85 % des jeunes victimes ont guéri. Le scandale des "viandes aux hormones" oublié? Cette dure expérience a rendu l'Administration américaine circonspecte. Par ordonnance du 5 décembre 1976, elle a également déconseillé l'usage du D.e.s. pour effacer les troubles de la ménopause, recommandant, pour cette autre indication, les oestrogènes naturels. Pratiquement, aux Etats-Unis, le D.e.s. ne sert plus qu'à traiter le cancer de la prostate. Cette thérapeutique a été imaginée, à partir de 1943, par Charles Brenton Huggins, un Canadien fixé à Chicago. Il est parvenu à guérir un quart des cancéreux qu'il traitait, à prolonger pendant des années la vie des autres, et fut récompensé par le prix Nobel, en 1966. Sous surveillance stricte en médecine humaine, le D.e.s. n'a pas davantage échappé à la vigilance américaine en médecine vétérinaire. Les hormones, on le sait, sont employées dans l'élevage. Elles ont pour but d'assurer un meilleur état général de l'animal destiné à la boucherie. Elles confèrent une grande résistance aux infections, fréquentes dans les "batteries" industrielles, ce qui diminue d'autant le recours aux antibiotiques. Comme en Grande-Bretagne et en Allemagne fédérale, l'usage des oestrogènes naturels est donc autorisé aux vétérinaires américains. Les oestrogènes de synthèse, en revanche, ne sont pas "souhaités". Que se passe-t-il, à ce sujet, en France? Aurait-on oublié le scandale des "viandes aux hormones", en 1980, et la table ronde qui leur fut consacrée, le 29 septembre de cette année-là, aux Entretiens de Bichat ? C'est le D.e.s. qui tint la vedette, déjà reconnu toxique, pour son utilisation frauduleuse en élevage... Le péril d'une grossesse à risques Le Dr Anne Cabau ne pensait pas que la divulgation de son initiative, à propos de l'usage médical du D.e.s. en France, susciterait un tel affolement. Une curiosité de chercheur, à l'origine, partagée avec le Dr Maurice Adjiman, urologue à l'hôpital Cochin, à Paris. Elle s'est concrétisée par un banal questionnaire, publié dans la revue de la Mutuelle de l'Education tirant à plus d'un million d'exemplaires. Il visait les femmes qui avaient pu utiliser le D.e.s. ; leurs filles, éventuellement. Neuf cent dix réponses. Huit cent quarante ont été "positives". Une analyse a montré que, parmi ces Françaises, le traitement au D.e.s., prescrit dès 1950, s'est prolongé jusqu'en 1975. Les trois quarts des enfants de ces femmes sont nées entre 1963 et 1973. Cent huit de ces enfants du D.e.s. ont plus de 20 ans. Et vingt, seulement, voudraient elles-mêmes des enfants. Aucun cancer n'est signalé. Chez trois d'entre elles, des anomalies du col de l'utérus ont été traitées. Cette étude est la première du genre, en France. Mais elle n'a pas dépassé le stade des préliminaires. Le pourra-t-elle, maintenant, après ce tonitruant préambule ? Nul ne peut dire avec exactitude combien de Françaises ont vraiment voulu un enfant, malgré le péril d'une grossesse à risques, acceptant naguère le recours au D.e.s., présumé efficace. Peut-être 100 000, selon le Dr Jeanine Henry-Suchet, à Paris, qui a étudié la question. "Il faudrait un sondage, à l'échelon national", soupire le Dr Cabau. Mais cette consultation reste hors de sa portée. Les pouvoirs publics décideront-ils de donner une suite à sa précieuse enquête? https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/1983-le-distilbene-l-hormone-par-qui-le-scandale-arrive_2043931.html
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