Twitter pourrait se retirer du code européen de bonnes pratiques contre la désinformation
26 05 2023
Twitter a informé la Commission européenne qu’il envisageait sérieusement de se retirer du code européen de bonnes pratiques contre la désinformation, un accord volontaire qui précède des règles contraignantes à venir. C’est ce qu’ont confié des fonctionnaires de l’UE à EURACTIV.

L’annonce du retrait de Twitter du code ne surprend guère les personnes impliquées dans cet engagement volontaire. Depuis qu’Elon Musk a pris la tête de l’entreprise en octobre, il a supprimé des départements entiers, y compris ceux responsables de la modération du contenu, afin de réduire les coûts.

« Je m’attendais à ça. C’était purement une question de temps », a déclaré un fonctionnaire de l’UE qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, ajoutant que le retrait éventuel de Twitter pourrait être la fin d’un casse-tête pour la Commission, étant donné le manque de conformité de la plateforme.

« C’est le seul moyen, nous ne pouvons pas les forcer à se retirer. »

La Commission européenne n’a pas caché qu’elle n’était pas satisfaite de la manière dont Twitter a respecté le code, qui a récemment été révisé pour porter les engagements en matière de lutte contre la désinformation à niveau supérieur.

En février, les signataires du code de lutte contre la désinformation, qui comprend toutes les grandes plateformes telles que Facebook, Google et TikTok, ont dû présenter leur premier rapport d’avancement. Twitter a été critiqué pour ses efforts insuffisants en la matière et a reçu un « carton jaune ».


Modération de contenu : « carton jaune » pour Twitter
Alors que les grandes plateformes présentent leurs premiers rapports sur le respect du Code de bonnes pratiques contre la désinformation, les responsables de l’UE ont critiqué Twitter pour ses maigres efforts.

« Beaucoup d’entre nous ont été surpris qu’ils aient même réussi à soumettre un rapport en premier lieu », a indiqué une partie prenante impliquée dans le code, également sous le couvert de l’anonymat, soulignant que depuis les licenciements massifs, les représentants de Twitter ont commencé à se retirer du jour au lendemain, et la plateforme s’est désengagée du projet.

Selon un second fonctionnaire de l’UE, les tensions semblent avoir atteint leur paroxysme lors d’une réunion mercredi (24 mai), lorsque « Twitter nous a informés qu’ils envisageaient sérieusement de quitter le code ».

« Ils n’ont pas encore [présenté officiellement] leur retrait, mais la Commission européenne attend la notification formelle cette semaine », a indiqué à EURACTIV une seconde source au fait du dossier.

Selon le second fonctionnaire européen, les représentants de Twitter ont expliqué que sous la nouvelle direction, Twitter a évolué vers les Notes de la Communauté (Community Notes), une approche de modération de contenu dirigée par la communauté elle-même.

Cependant, cet argument est « fallacieux » pour la première source de parties prenantes, car le code de bonnes pratiques aurait pu être adapté pour couvrir ce type d’engagement communautaire. Néanmoins, Twitter n’a pas contribué aux discussions à ce sujet à l’époque.

Il semblerait que la décision finale sur le désengagement revienne aux cadres dirigeants, ce qui pourrait inclure M. Musk. Une décision formelle dans ce sens pourrait être annoncée lors de la prochaine séance plénière des participants au code le 5 juin.

« Jusqu’à présent, Twitter ne s’est pas correctement conformé à sa première obligation de rapport dans le cadre du code de bonnes pratiques consolidé, et la Commission a également fait part de ses inquiétudes quant au respect par Twitter de ses engagements à consacrer des ressources et des mesures adéquates pour réduire la désinformation, ainsi qu’en ce qui concerne l’accès aux données pour les chercheurs et la vérification des faits », a expliqué un porte-parole de la Commission à EURACTIV.


Digital Services Act : la Commission annonce les premières plateformes qui seront soumises à un régime plus strict
La Commission européenne a recensé 19 plateformes en ligne et moteurs de recherche qui doivent se conformer à ses règles plus rigoureuses en matière de services numériques.

Elon Musk a tenté de rassurer les hauts fonctionnaires de l’UE en leur expliquant qu’il avait l’intention de se conformer aux règles de l’UE après avoir reçu plusieurs tapes sur les doigts de la part du commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton. Cependant, la réalité sur le terrain pointe dans la direction opposée.

Bien que l’adhésion au code soit volontaire, ses engagements anticipent largement ceux du règlement sur les services numériques (Digital Service Act, DSA), le nouveau règlement européen sur la modération des contenus. Le code lui-même doit devenir un code de conduite contraignant en vertu de la loi sur les services numériques.

Le mois dernier, la Commission européenne a désigné Twitter comme une très grande plateforme, ce qui signifie qu’elle devra suivre un régime particulièrement strict en matière de transparence et de gestion des risques.

Le jour de l’annonce, M. Breton a confirmé que le réseau social figurait sur sa liste de surveillance spéciale et qu’il avait obtenu l’autorisation de la plateforme de réaliser un test de résistance en direct au siège de l’entreprise à la fin du mois de juin.

Cependant, deux semaines plus tôt, EURACTIV a révélé que Twitter ne pouvait pas suivre les nouvelles exigences de l’UE qui entreront en vigueur le 25 août.

L’UE a toujours été un marché quelque peu secondaire pour la plateforme, et il devient de plus en plus probable que Twitter choisisse de ne pas se conformer au DSA, en se retirant complètement de l’Europe.

Par conséquent, se retirer du code de bonnes pratiques contre la désinformation pourrait être la première étape formelle du départ de Twitter du marché européen.

Twitter n’a pas répondu à la demande de commentaire d’EURACTIV au moment de la publication de cet article.


Twitter est sur une trajectoire de collision avec l’Europe et pourrait quitter le marché européen
La sortie de Twitter du marché européen pourrait bien n’être qu’une question de temps si la nouvelle direction de la plateforme en ligne ne s’engage pas à se conformer à la règlementation européenne.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]

https://www.euractiv.fr/section/all/news/twitter-pourrait-se-retirer-du-code-europeen-de-bonnes-pratiques-contre-la-desinformation/
Twitter pourrait se retirer du code européen de bonnes pratiques contre la désinformation 26 05 2023 Twitter a informé la Commission européenne qu’il envisageait sérieusement de se retirer du code européen de bonnes pratiques contre la désinformation, un accord volontaire qui précède des règles contraignantes à venir. C’est ce qu’ont confié des fonctionnaires de l’UE à EURACTIV. L’annonce du retrait de Twitter du code ne surprend guère les personnes impliquées dans cet engagement volontaire. Depuis qu’Elon Musk a pris la tête de l’entreprise en octobre, il a supprimé des départements entiers, y compris ceux responsables de la modération du contenu, afin de réduire les coûts. « Je m’attendais à ça. C’était purement une question de temps », a déclaré un fonctionnaire de l’UE qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, ajoutant que le retrait éventuel de Twitter pourrait être la fin d’un casse-tête pour la Commission, étant donné le manque de conformité de la plateforme. « C’est le seul moyen, nous ne pouvons pas les forcer à se retirer. » La Commission européenne n’a pas caché qu’elle n’était pas satisfaite de la manière dont Twitter a respecté le code, qui a récemment été révisé pour porter les engagements en matière de lutte contre la désinformation à niveau supérieur. En février, les signataires du code de lutte contre la désinformation, qui comprend toutes les grandes plateformes telles que Facebook, Google et TikTok, ont dû présenter leur premier rapport d’avancement. Twitter a été critiqué pour ses efforts insuffisants en la matière et a reçu un « carton jaune ». Modération de contenu : « carton jaune » pour Twitter Alors que les grandes plateformes présentent leurs premiers rapports sur le respect du Code de bonnes pratiques contre la désinformation, les responsables de l’UE ont critiqué Twitter pour ses maigres efforts. « Beaucoup d’entre nous ont été surpris qu’ils aient même réussi à soumettre un rapport en premier lieu », a indiqué une partie prenante impliquée dans le code, également sous le couvert de l’anonymat, soulignant que depuis les licenciements massifs, les représentants de Twitter ont commencé à se retirer du jour au lendemain, et la plateforme s’est désengagée du projet. Selon un second fonctionnaire de l’UE, les tensions semblent avoir atteint leur paroxysme lors d’une réunion mercredi (24 mai), lorsque « Twitter nous a informés qu’ils envisageaient sérieusement de quitter le code ». « Ils n’ont pas encore [présenté officiellement] leur retrait, mais la Commission européenne attend la notification formelle cette semaine », a indiqué à EURACTIV une seconde source au fait du dossier. Selon le second fonctionnaire européen, les représentants de Twitter ont expliqué que sous la nouvelle direction, Twitter a évolué vers les Notes de la Communauté (Community Notes), une approche de modération de contenu dirigée par la communauté elle-même. Cependant, cet argument est « fallacieux » pour la première source de parties prenantes, car le code de bonnes pratiques aurait pu être adapté pour couvrir ce type d’engagement communautaire. Néanmoins, Twitter n’a pas contribué aux discussions à ce sujet à l’époque. Il semblerait que la décision finale sur le désengagement revienne aux cadres dirigeants, ce qui pourrait inclure M. Musk. Une décision formelle dans ce sens pourrait être annoncée lors de la prochaine séance plénière des participants au code le 5 juin. « Jusqu’à présent, Twitter ne s’est pas correctement conformé à sa première obligation de rapport dans le cadre du code de bonnes pratiques consolidé, et la Commission a également fait part de ses inquiétudes quant au respect par Twitter de ses engagements à consacrer des ressources et des mesures adéquates pour réduire la désinformation, ainsi qu’en ce qui concerne l’accès aux données pour les chercheurs et la vérification des faits », a expliqué un porte-parole de la Commission à EURACTIV. Digital Services Act : la Commission annonce les premières plateformes qui seront soumises à un régime plus strict La Commission européenne a recensé 19 plateformes en ligne et moteurs de recherche qui doivent se conformer à ses règles plus rigoureuses en matière de services numériques. Elon Musk a tenté de rassurer les hauts fonctionnaires de l’UE en leur expliquant qu’il avait l’intention de se conformer aux règles de l’UE après avoir reçu plusieurs tapes sur les doigts de la part du commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton. Cependant, la réalité sur le terrain pointe dans la direction opposée. Bien que l’adhésion au code soit volontaire, ses engagements anticipent largement ceux du règlement sur les services numériques (Digital Service Act, DSA), le nouveau règlement européen sur la modération des contenus. Le code lui-même doit devenir un code de conduite contraignant en vertu de la loi sur les services numériques. Le mois dernier, la Commission européenne a désigné Twitter comme une très grande plateforme, ce qui signifie qu’elle devra suivre un régime particulièrement strict en matière de transparence et de gestion des risques. Le jour de l’annonce, M. Breton a confirmé que le réseau social figurait sur sa liste de surveillance spéciale et qu’il avait obtenu l’autorisation de la plateforme de réaliser un test de résistance en direct au siège de l’entreprise à la fin du mois de juin. Cependant, deux semaines plus tôt, EURACTIV a révélé que Twitter ne pouvait pas suivre les nouvelles exigences de l’UE qui entreront en vigueur le 25 août. L’UE a toujours été un marché quelque peu secondaire pour la plateforme, et il devient de plus en plus probable que Twitter choisisse de ne pas se conformer au DSA, en se retirant complètement de l’Europe. Par conséquent, se retirer du code de bonnes pratiques contre la désinformation pourrait être la première étape formelle du départ de Twitter du marché européen. Twitter n’a pas répondu à la demande de commentaire d’EURACTIV au moment de la publication de cet article. Twitter est sur une trajectoire de collision avec l’Europe et pourrait quitter le marché européen La sortie de Twitter du marché européen pourrait bien n’être qu’une question de temps si la nouvelle direction de la plateforme en ligne ne s’engage pas à se conformer à la règlementation européenne. [Édité par Anne-Sophie Gayet] https://www.euractiv.fr/section/all/news/twitter-pourrait-se-retirer-du-code-europeen-de-bonnes-pratiques-contre-la-desinformation/
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Twitter pourrait se retirer du code européen de bonnes pratiques contre la désinformation
Twitter a informé la Commission européenne qu’il envisageait sérieusement de se retirer du code européen de bonnes pratiques contre la désinformation, selon des fonctionnaires de l’UE.
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