Par Alexis Haupt Philosophie
"Le psychologue américain Solomon Asch a démontré qu’il existe dans l’humain une facette que tous ceux qui ont médité sur l’Homme, et plus généralement sur les mammifères sociaux, ont toujours sue : l’être humain est un animal profondément conformiste.
Une de ses célèbres expériences a mis en lumière la puissance du conformisme.
En 1951, il demande à des personnes de répondre à une simple question. Un trait est dessiné sur une première feuille et trois autres sur une seconde. Les deux feuilles sont mises côte à côte et on demande aux participants le- quel des traits parmi ceux qui se trouvent sur la seconde feuille est de la même taille que celui de la première. Mis à part un seul membre, les participants sont tous complices de l’expérience. Le psychologue remarque la forte tendance du cobaye à s’aligner sur les réponses des complices quand ceux-ci disent tous la même chose, et ce, même s’ils donnent une réponse manifestement erronée.
Ce que démontre Asch est crucial pour comprendre une vérité profonde au sujet de l’âme humaine : le besoin de faire partie d’un groupe l’emporte sur celui de faire triompher la vérité. Puissante, la peur d’être marginalisé est inscrite dans les mammifères sociaux que nous sommes.
Comprendre cela est important pour déceler un des ressorts les plus puissants de toute forme d’ingénierie sociale. En effet, si l’Homme est un « animal conformiste », sa crainte des étiquettes péjoratives, « excluantes », dictera son comportement, lequel sera de se conformer au groupe afin d’en faire toujours partie.
Le complosophisme joue sur ce ressort. Une des étiquettes les plus effrayantes pour un individu, même solide, n’est autre que celle du déviant, du bizarre, du fou. Dans l’expérience de Asch, l’individu a peur de passer pour étrange aux yeux de ses pairs en allant à contre-courant de la réponse commune, de l’opinion collective. La crainte de passer pour étrange et d’être ainsi marginalisé est plus forte que l’envie de dire ce qu’il pense. Dire comme les autres est plus rassurant que de dire ce qu’il voit de ses propres yeux et qui contredit la pensée du groupe. Cela lui évite de se confronter à la réaction de ce dernier et de prendre le risque de passer pour anormal. La réalité devient une vérité pas bonne à dire. Il y a donc une autocensure, le cobaye s’empêche lui-même d’exprimer son avis.
Il n’existe pas plus puissante emprise sur soi que la peur du collage d’étiquettes péjoratives, synonymes d’exclusion."
"Le psychologue américain Solomon Asch a démontré qu’il existe dans l’humain une facette que tous ceux qui ont médité sur l’Homme, et plus généralement sur les mammifères sociaux, ont toujours sue : l’être humain est un animal profondément conformiste.
Une de ses célèbres expériences a mis en lumière la puissance du conformisme.
En 1951, il demande à des personnes de répondre à une simple question. Un trait est dessiné sur une première feuille et trois autres sur une seconde. Les deux feuilles sont mises côte à côte et on demande aux participants le- quel des traits parmi ceux qui se trouvent sur la seconde feuille est de la même taille que celui de la première. Mis à part un seul membre, les participants sont tous complices de l’expérience. Le psychologue remarque la forte tendance du cobaye à s’aligner sur les réponses des complices quand ceux-ci disent tous la même chose, et ce, même s’ils donnent une réponse manifestement erronée.
Ce que démontre Asch est crucial pour comprendre une vérité profonde au sujet de l’âme humaine : le besoin de faire partie d’un groupe l’emporte sur celui de faire triompher la vérité. Puissante, la peur d’être marginalisé est inscrite dans les mammifères sociaux que nous sommes.
Comprendre cela est important pour déceler un des ressorts les plus puissants de toute forme d’ingénierie sociale. En effet, si l’Homme est un « animal conformiste », sa crainte des étiquettes péjoratives, « excluantes », dictera son comportement, lequel sera de se conformer au groupe afin d’en faire toujours partie.
Le complosophisme joue sur ce ressort. Une des étiquettes les plus effrayantes pour un individu, même solide, n’est autre que celle du déviant, du bizarre, du fou. Dans l’expérience de Asch, l’individu a peur de passer pour étrange aux yeux de ses pairs en allant à contre-courant de la réponse commune, de l’opinion collective. La crainte de passer pour étrange et d’être ainsi marginalisé est plus forte que l’envie de dire ce qu’il pense. Dire comme les autres est plus rassurant que de dire ce qu’il voit de ses propres yeux et qui contredit la pensée du groupe. Cela lui évite de se confronter à la réaction de ce dernier et de prendre le risque de passer pour anormal. La réalité devient une vérité pas bonne à dire. Il y a donc une autocensure, le cobaye s’empêche lui-même d’exprimer son avis.
Il n’existe pas plus puissante emprise sur soi que la peur du collage d’étiquettes péjoratives, synonymes d’exclusion."
Par Alexis Haupt Philosophie
"Le psychologue américain Solomon Asch a démontré qu’il existe dans l’humain une facette que tous ceux qui ont médité sur l’Homme, et plus généralement sur les mammifères sociaux, ont toujours sue : l’être humain est un animal profondément conformiste.
Une de ses célèbres expériences a mis en lumière la puissance du conformisme.
En 1951, il demande à des personnes de répondre à une simple question. Un trait est dessiné sur une première feuille et trois autres sur une seconde. Les deux feuilles sont mises côte à côte et on demande aux participants le- quel des traits parmi ceux qui se trouvent sur la seconde feuille est de la même taille que celui de la première. Mis à part un seul membre, les participants sont tous complices de l’expérience. Le psychologue remarque la forte tendance du cobaye à s’aligner sur les réponses des complices quand ceux-ci disent tous la même chose, et ce, même s’ils donnent une réponse manifestement erronée.
Ce que démontre Asch est crucial pour comprendre une vérité profonde au sujet de l’âme humaine : le besoin de faire partie d’un groupe l’emporte sur celui de faire triompher la vérité. Puissante, la peur d’être marginalisé est inscrite dans les mammifères sociaux que nous sommes.
Comprendre cela est important pour déceler un des ressorts les plus puissants de toute forme d’ingénierie sociale. En effet, si l’Homme est un « animal conformiste », sa crainte des étiquettes péjoratives, « excluantes », dictera son comportement, lequel sera de se conformer au groupe afin d’en faire toujours partie.
Le complosophisme joue sur ce ressort. Une des étiquettes les plus effrayantes pour un individu, même solide, n’est autre que celle du déviant, du bizarre, du fou. Dans l’expérience de Asch, l’individu a peur de passer pour étrange aux yeux de ses pairs en allant à contre-courant de la réponse commune, de l’opinion collective. La crainte de passer pour étrange et d’être ainsi marginalisé est plus forte que l’envie de dire ce qu’il pense. Dire comme les autres est plus rassurant que de dire ce qu’il voit de ses propres yeux et qui contredit la pensée du groupe. Cela lui évite de se confronter à la réaction de ce dernier et de prendre le risque de passer pour anormal. La réalité devient une vérité pas bonne à dire. Il y a donc une autocensure, le cobaye s’empêche lui-même d’exprimer son avis.
Il n’existe pas plus puissante emprise sur soi que la peur du collage d’étiquettes péjoratives, synonymes d’exclusion."
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