🛡️ Pour la réhabilitation des pères
Volet I : La désintégration paternelle, un processus idéologique.
« L’enfant sans père devient un fruit sans peau. Et c’est le monde, avec sa cruauté, qui mord dedans. »
— Gustave Thibon
đź§¶ Premier fil d’une série consacrée aux pères.
[Je rappelle que ces réflexions sont le fruit de ma pratique clinique, nourries par les lectures de mes écrivains favoris (philosophes et penseurs enracinés) et parfois traversées de rêveries méditatives. Elles ne prétendent pas à l’exhaustivité, mais à une justesse vécue.]
Tout le monde ou presque s’accorde pour constater qu’aujourd’hui les enfants sont en danger, mais trop peu en donnent la raison.
Or, les enfants autochtones sont aujourd’hui clairement orphelins de leur père, non pas par fatalité, mais par stratégie.
La société n’a pas simplement « oublié » la figure paternelle, elle l’a méthodiquement disqualifiée, ringardisée, puis expulsée du cercle vital de la transmission ; ce qui ne relève donc pas d’une erreur de parcours, mais d’un acte de guerre contre la structure familiale.
Depuis les Lumières et la Révolution industrielle, la filiation n’est plus conçue comme une chaîne sacrée mais comme un poids à délier, faisant du père un obstacle à l’émancipation.
Nietzsche, dans La Généalogie de la morale, décrit le ressentiment moderne contre tout ce qui élève et exige la maîtrise de soi ; or, le père, dans sa fonction symbolique, incarne précisément la limite, la continuité, la transcendance.
Au XXème siècle, ce processus s’accélère. Mai 68 interdit d’interdire, affirmant que l’autorité est oppression et le père à liquider. Lacan le pressent dans ses Séminaires : la « forclusion du Nom-du-Père », c’est-à-dire l’effacement du père comme repère symbolique, crée des individus livrés à une errance identitaire, sans ancrage ni loi intérieure.
La société libérale-libertaire parachève cette entreprise en mercantilisant la procréation, psychologisant à outrance les conflits familiaux, et en remplaçant la figure du père par des « accompagnants », des « référents » et autres « modèles alternatifs ».
Dans la culture traditionnelle européenne, le père n’est pas un homme autoritaire au sens péjoratif. Il est le porteur de l’ordre symbolique, celui qui relie l’enfant au monde par des limites claires et une parole sûre. Ernst Jünger, dans La Paix, évoque cette figure comme celle du « gardien du seuil » : il est là non pour interdire l’enfant, mais pour empêcher que le chaos n'entre.
Aujourd’hui, cette fonction est vidée de sa substance. Le père est dégradé en figure résiduelle : géniteur fatigué, marginalisé par la mère toute-puissante, ou effacé par des structures étatiques qui prétendent à la prise en charge de l’enfant dès sa naissance.
Dans certains cas, le père n’est même plus une absence mais un non-sujet, dont l’exemple le plus brutal est la GPA : l’enfant est conçu sur commande, arraché à toute filiation naturelle et livré à des individus eux-mêmes déconnectés de toute lignée, de toute verticalité, de toute dette de transmission.
Le tribunal familial, quant à lui, entérine chaque jour cet effacement en attribuant massivement la garde principale à la mère. L’homme devient alors un visiteur surveillé, suspect de sa simple masculinité.
L’école, devenue antenne de l’idéologie étatique, promeut des modèles familiaux désincarnés et interchangeables dans lesquels le père n’est plus nommé, ni pensé, ni transmis, tandis que les médias ont fait de la figure du père un idiot utile, voire une menace.
Plus que jamais, le père n’est représenté pour ce qu’il est réellement, c’est-à-dire le pilier aimant, le vecteur du monde, le passeur de sens, et tout cela engendre des effets cliniques profonds.
L’enfant sans père développe des troubles de l’identité, une carence d’attachement sécurisant et une tendance à la dissociation psychique. Le garçon se cherche dans des identifications violentes ; la fille se jette dans les bras d'hommes hostiles, à la recherche d'une figure paternelle qu'elle n’a pas reçue. Avec dans les deux cas, une haine de soi latente pouvant se cristalliser en un refus de son nom, de sa famille, voire de son propre peuple.
Je renvoie à la citation de Gustave Thibon en exergue de cette publication : un peuple sans pères est un peuple dont les défenses sont tombées, et donc offert à la conquête.
(Le volet II sera consacré à la description des effets psychologiques de cette absence du père sur l’enfant.)
Axelle
• • •
Liens du thread :
https://threadreaderapp.com/thread/1921974453694595160.html
ou
https://x.com/ailensile/status/1921974453694595160
Volet I : La désintégration paternelle, un processus idéologique.
« L’enfant sans père devient un fruit sans peau. Et c’est le monde, avec sa cruauté, qui mord dedans. »
— Gustave Thibon
đź§¶ Premier fil d’une série consacrée aux pères.
[Je rappelle que ces réflexions sont le fruit de ma pratique clinique, nourries par les lectures de mes écrivains favoris (philosophes et penseurs enracinés) et parfois traversées de rêveries méditatives. Elles ne prétendent pas à l’exhaustivité, mais à une justesse vécue.]
Tout le monde ou presque s’accorde pour constater qu’aujourd’hui les enfants sont en danger, mais trop peu en donnent la raison.
Or, les enfants autochtones sont aujourd’hui clairement orphelins de leur père, non pas par fatalité, mais par stratégie.
La société n’a pas simplement « oublié » la figure paternelle, elle l’a méthodiquement disqualifiée, ringardisée, puis expulsée du cercle vital de la transmission ; ce qui ne relève donc pas d’une erreur de parcours, mais d’un acte de guerre contre la structure familiale.
Depuis les Lumières et la Révolution industrielle, la filiation n’est plus conçue comme une chaîne sacrée mais comme un poids à délier, faisant du père un obstacle à l’émancipation.
Nietzsche, dans La Généalogie de la morale, décrit le ressentiment moderne contre tout ce qui élève et exige la maîtrise de soi ; or, le père, dans sa fonction symbolique, incarne précisément la limite, la continuité, la transcendance.
Au XXème siècle, ce processus s’accélère. Mai 68 interdit d’interdire, affirmant que l’autorité est oppression et le père à liquider. Lacan le pressent dans ses Séminaires : la « forclusion du Nom-du-Père », c’est-à-dire l’effacement du père comme repère symbolique, crée des individus livrés à une errance identitaire, sans ancrage ni loi intérieure.
La société libérale-libertaire parachève cette entreprise en mercantilisant la procréation, psychologisant à outrance les conflits familiaux, et en remplaçant la figure du père par des « accompagnants », des « référents » et autres « modèles alternatifs ».
Dans la culture traditionnelle européenne, le père n’est pas un homme autoritaire au sens péjoratif. Il est le porteur de l’ordre symbolique, celui qui relie l’enfant au monde par des limites claires et une parole sûre. Ernst Jünger, dans La Paix, évoque cette figure comme celle du « gardien du seuil » : il est là non pour interdire l’enfant, mais pour empêcher que le chaos n'entre.
Aujourd’hui, cette fonction est vidée de sa substance. Le père est dégradé en figure résiduelle : géniteur fatigué, marginalisé par la mère toute-puissante, ou effacé par des structures étatiques qui prétendent à la prise en charge de l’enfant dès sa naissance.
Dans certains cas, le père n’est même plus une absence mais un non-sujet, dont l’exemple le plus brutal est la GPA : l’enfant est conçu sur commande, arraché à toute filiation naturelle et livré à des individus eux-mêmes déconnectés de toute lignée, de toute verticalité, de toute dette de transmission.
Le tribunal familial, quant à lui, entérine chaque jour cet effacement en attribuant massivement la garde principale à la mère. L’homme devient alors un visiteur surveillé, suspect de sa simple masculinité.
L’école, devenue antenne de l’idéologie étatique, promeut des modèles familiaux désincarnés et interchangeables dans lesquels le père n’est plus nommé, ni pensé, ni transmis, tandis que les médias ont fait de la figure du père un idiot utile, voire une menace.
Plus que jamais, le père n’est représenté pour ce qu’il est réellement, c’est-à-dire le pilier aimant, le vecteur du monde, le passeur de sens, et tout cela engendre des effets cliniques profonds.
L’enfant sans père développe des troubles de l’identité, une carence d’attachement sécurisant et une tendance à la dissociation psychique. Le garçon se cherche dans des identifications violentes ; la fille se jette dans les bras d'hommes hostiles, à la recherche d'une figure paternelle qu'elle n’a pas reçue. Avec dans les deux cas, une haine de soi latente pouvant se cristalliser en un refus de son nom, de sa famille, voire de son propre peuple.
Je renvoie à la citation de Gustave Thibon en exergue de cette publication : un peuple sans pères est un peuple dont les défenses sont tombées, et donc offert à la conquête.
(Le volet II sera consacré à la description des effets psychologiques de cette absence du père sur l’enfant.)
Axelle
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« L’enfant sans père devient un fruit sans peau. Et c’est le monde, avec sa cruauté, qui mord dedans. »
— Gustave Thibon
đź§¶ Premier fil d’une série consacrée aux pères.
[Je rappelle que ces réflexions sont le fruit de ma pratique clinique, nourries par les lectures de mes écrivains favoris (philosophes et penseurs enracinés) et parfois traversées de rêveries méditatives. Elles ne prétendent pas à l’exhaustivité, mais à une justesse vécue.]
Tout le monde ou presque s’accorde pour constater qu’aujourd’hui les enfants sont en danger, mais trop peu en donnent la raison.
Or, les enfants autochtones sont aujourd’hui clairement orphelins de leur père, non pas par fatalité, mais par stratégie.
La société n’a pas simplement « oublié » la figure paternelle, elle l’a méthodiquement disqualifiée, ringardisée, puis expulsée du cercle vital de la transmission ; ce qui ne relève donc pas d’une erreur de parcours, mais d’un acte de guerre contre la structure familiale.
Depuis les Lumières et la Révolution industrielle, la filiation n’est plus conçue comme une chaîne sacrée mais comme un poids à délier, faisant du père un obstacle à l’émancipation.
Nietzsche, dans La Généalogie de la morale, décrit le ressentiment moderne contre tout ce qui élève et exige la maîtrise de soi ; or, le père, dans sa fonction symbolique, incarne précisément la limite, la continuité, la transcendance.
Au XXème siècle, ce processus s’accélère. Mai 68 interdit d’interdire, affirmant que l’autorité est oppression et le père à liquider. Lacan le pressent dans ses Séminaires : la « forclusion du Nom-du-Père », c’est-à-dire l’effacement du père comme repère symbolique, crée des individus livrés à une errance identitaire, sans ancrage ni loi intérieure.
La société libérale-libertaire parachève cette entreprise en mercantilisant la procréation, psychologisant à outrance les conflits familiaux, et en remplaçant la figure du père par des « accompagnants », des « référents » et autres « modèles alternatifs ».
Dans la culture traditionnelle européenne, le père n’est pas un homme autoritaire au sens péjoratif. Il est le porteur de l’ordre symbolique, celui qui relie l’enfant au monde par des limites claires et une parole sûre. Ernst Jünger, dans La Paix, évoque cette figure comme celle du « gardien du seuil » : il est là non pour interdire l’enfant, mais pour empêcher que le chaos n'entre.
Aujourd’hui, cette fonction est vidée de sa substance. Le père est dégradé en figure résiduelle : géniteur fatigué, marginalisé par la mère toute-puissante, ou effacé par des structures étatiques qui prétendent à la prise en charge de l’enfant dès sa naissance.
Dans certains cas, le père n’est même plus une absence mais un non-sujet, dont l’exemple le plus brutal est la GPA : l’enfant est conçu sur commande, arraché à toute filiation naturelle et livré à des individus eux-mêmes déconnectés de toute lignée, de toute verticalité, de toute dette de transmission.
Le tribunal familial, quant à lui, entérine chaque jour cet effacement en attribuant massivement la garde principale à la mère. L’homme devient alors un visiteur surveillé, suspect de sa simple masculinité.
L’école, devenue antenne de l’idéologie étatique, promeut des modèles familiaux désincarnés et interchangeables dans lesquels le père n’est plus nommé, ni pensé, ni transmis, tandis que les médias ont fait de la figure du père un idiot utile, voire une menace.
Plus que jamais, le père n’est représenté pour ce qu’il est réellement, c’est-à-dire le pilier aimant, le vecteur du monde, le passeur de sens, et tout cela engendre des effets cliniques profonds.
L’enfant sans père développe des troubles de l’identité, une carence d’attachement sécurisant et une tendance à la dissociation psychique. Le garçon se cherche dans des identifications violentes ; la fille se jette dans les bras d'hommes hostiles, à la recherche d'une figure paternelle qu'elle n’a pas reçue. Avec dans les deux cas, une haine de soi latente pouvant se cristalliser en un refus de son nom, de sa famille, voire de son propre peuple.
Je renvoie à la citation de Gustave Thibon en exergue de cette publication : un peuple sans pères est un peuple dont les défenses sont tombées, et donc offert à la conquête.
(Le volet II sera consacré à la description des effets psychologiques de cette absence du père sur l’enfant.)
Axelle
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