."Mourir dans la dignité, vraiment avec cette loi en préparation?

J’ai accompagné une vieille tante dans ses dernières semaines, j’ai vu ce qu’était que mourir dans la dignité.

Voici mon témoignage :

Après plusieurs semaines à l’hôpital, alors qu’il n’était plus possible de pratiquer la moindre intervention, nous avons décidé, si elle était d’accord, de l’accueillir chez nous.

Un jour, elle a convoqué toute sa famille, sans moi. Elle a signifié à tous sa volonté de venir à la maison.

Nous avons donc mis en place l’hospitalisation à domicile.
Et elle est arrivée, un vendredi matin.

Percluse de douleur.
J’ai appelé un médecin de garde. Un traitement a été mis en place pour la soulager.

Ce jour là elle m’a dit : « si je pouvais me mettre sous une voiture, je le ferai »
Interloquée je lui demandais pourquoi de telles paroles. Sa réponse : « pour ne pas être une charge pour toi ».
Je lui ai dit que personne ne m’avait forcé, que le temps qui nous restait ne nous appartenait pas, seulement, je souhaitais que ce temps soit le plus beau et doux possible.

Quelques semaines ont passé. Les infirmières dévouées toujours attentives et délicates nous accompagnant.
Elle était coquette, je lui posais son verni à ongles (2 couches, parce qu’il me semblait important de faire les choses bien, elle le remarqua et m’en fit la réflexion, presque surprise de l’attention aux détails), je fis venir une coiffeuse à domicile, elle a adoré ce moment, et puis je lui préparais des petits plats, présentés avec délicatesse ( je n’avais pas le niveau de top chef, mais j’y mettais mon cœur)
Et puis…

Et puis est arrivé ce mercredi… les douleurs étaient intenses, la maladie avançait.

J’ai rappelé sos médecin. Hasard ou providence, celui qui est venu était celui qui l’avait vu lorsqu’elle est arrivée chez nous.
Ce qu’il m’a dit m’a profondément touchée . Il constatait que la fin était proche, pourtant il ne pouvait que voir que si le mal progressait, intérieurement, ce n’était plus la même personne, abattue et presque déprimée du début. Non, ce n’était plus la même. Elle avait une joie intérieure et elle était sereine.

Comment? Pourquoi?

Simplement parce qu’elle avait été restaurée dans son humanité.
Notre regard lui renvoyait une image digne.
Elle l’était.
Bien au-delà de l’affaiblissement de son corps.
Il est des sentiments qu’on ne peut dissimuler.

Elle a pu dire adieu à ses proches, et nous sommes restés à ses côtés pour l’accompagner pour son passage.

Chaque instant, jusqu’au bout, nous avons veillé à lui apporter quelques soins de confort. Humidifier sa bouche, remonter son drap… des petits riens qui sont pourtant si importants.

Et puis….

Et puis elle a rendu son dernier souffle dans le silence de la nuit, sereinement, dignement.

Alors oui, j’avais peur quand je l’ai accueilli. Peur surtout de ne pas être à la hauteur. Mais cette peur, je me suis dit que je ne devais pas l’écouter car, après tout, l’accueillir en étant accompagnée serait sans doute mieux pour elle que d’être seule.
Et je ne regrette rien car j’ai pu lui offrir, jusque dans ses derniers instants, les petites attentions dont même les plus fragiles doivent pouvoir recevoir.

Elle l’a su. Et elle m’a offert plus que je n’ai pu lui offrir.
Elle m’a montré ce qu’est l’humanité et la dignité même dans la fragilité. Une grande leçon de vie.

Merci Tante Gisèle.

Mesdames et Messieurs les politiques, ne faites pas des plus fragiles une variable économique, mais offrez leur la protection digne d’un peuple civilisé."

Sandrine Delatre

#euthanasie
#FinDeVie 

https://x.com/S_Delatre/status/1927333960255783227
."Mourir dans la dignité, vraiment avec cette loi en préparation? J’ai accompagné une vieille tante dans ses dernières semaines, j’ai vu ce qu’était que mourir dans la dignité. Voici mon témoignage : Après plusieurs semaines à l’hôpital, alors qu’il n’était plus possible de pratiquer la moindre intervention, nous avons décidé, si elle était d’accord, de l’accueillir chez nous. Un jour, elle a convoqué toute sa famille, sans moi. Elle a signifié à tous sa volonté de venir à la maison. Nous avons donc mis en place l’hospitalisation à domicile. Et elle est arrivée, un vendredi matin. Percluse de douleur. J’ai appelé un médecin de garde. Un traitement a été mis en place pour la soulager. Ce jour là elle m’a dit : « si je pouvais me mettre sous une voiture, je le ferai » Interloquée je lui demandais pourquoi de telles paroles. Sa réponse : « pour ne pas être une charge pour toi ». Je lui ai dit que personne ne m’avait forcé, que le temps qui nous restait ne nous appartenait pas, seulement, je souhaitais que ce temps soit le plus beau et doux possible. Quelques semaines ont passé. Les infirmières dévouées toujours attentives et délicates nous accompagnant. Elle était coquette, je lui posais son verni à ongles (2 couches, parce qu’il me semblait important de faire les choses bien, elle le remarqua et m’en fit la réflexion, presque surprise de l’attention aux détails), je fis venir une coiffeuse à domicile, elle a adoré ce moment, et puis je lui préparais des petits plats, présentés avec délicatesse ( je n’avais pas le niveau de top chef, mais j’y mettais mon cœur) Et puis… Et puis est arrivé ce mercredi… les douleurs étaient intenses, la maladie avançait. J’ai rappelé sos médecin. Hasard ou providence, celui qui est venu était celui qui l’avait vu lorsqu’elle est arrivée chez nous. Ce qu’il m’a dit m’a profondément touchée . Il constatait que la fin était proche, pourtant il ne pouvait que voir que si le mal progressait, intérieurement, ce n’était plus la même personne, abattue et presque déprimée du début. Non, ce n’était plus la même. Elle avait une joie intérieure et elle était sereine. Comment? Pourquoi? Simplement parce qu’elle avait été restaurée dans son humanité. Notre regard lui renvoyait une image digne. Elle l’était. Bien au-delà de l’affaiblissement de son corps. Il est des sentiments qu’on ne peut dissimuler. Elle a pu dire adieu à ses proches, et nous sommes restés à ses côtés pour l’accompagner pour son passage. Chaque instant, jusqu’au bout, nous avons veillé à lui apporter quelques soins de confort. Humidifier sa bouche, remonter son drap… des petits riens qui sont pourtant si importants. Et puis…. Et puis elle a rendu son dernier souffle dans le silence de la nuit, sereinement, dignement. Alors oui, j’avais peur quand je l’ai accueilli. Peur surtout de ne pas être à la hauteur. Mais cette peur, je me suis dit que je ne devais pas l’écouter car, après tout, l’accueillir en étant accompagnée serait sans doute mieux pour elle que d’être seule. Et je ne regrette rien car j’ai pu lui offrir, jusque dans ses derniers instants, les petites attentions dont même les plus fragiles doivent pouvoir recevoir. Elle l’a su. Et elle m’a offert plus que je n’ai pu lui offrir. Elle m’a montré ce qu’est l’humanité et la dignité même dans la fragilité. Une grande leçon de vie. Merci Tante Gisèle. Mesdames et Messieurs les politiques, ne faites pas des plus fragiles une variable économique, mais offrez leur la protection digne d’un peuple civilisé." Sandrine Delatre #euthanasie #FinDeVie  https://x.com/S_Delatre/status/1927333960255783227
D'accord
1
0 Commentaires 0 Partages 1K Vues 0 Notes
FreeDomm.fr https://freedomm.fr