"À chaque dérive, on pense avoir touché un point limite, mais chaque jour, un nouveau palier de délire est franchi. La dynamique est incontrôlable, et extrêmement préoccupante.
👇
⚠️ Pourquoi il ne faut surtout pas repousser l’âge de l’apprentissage de la lecture.
Sous prétexte de lutter contre les inégalités scolaires, ce discours préconise de retarder l’apprentissage formel de la lecture, en supposant que différer l’entrée dans l’écrit permettrait de « protéger » les enfants en difficulté. Or, c’est une posture qui méconnaît des dimensions fondamentales du développement de l’enfant, tant sur le plan neurocognitif que psychique, entraînant un risque d’effets délétères durables.
🧠 Quelques rappels neurodéveloppementaux :
Entre 4 et 7 ans, le cerveau de l’enfant traverse une période de grande plasticité au cours de laquelle les apprentissages du langage écrit s’intègrent avec une efficacité optimale. Si l'on diffère l’apprentissage de la lecture, on va donc laisser passer cette fenêtre neurodéveloppementale privilégiée ; et plus l’introduction du langage écrit va être tardive, plus elle va exiger d’efforts cognitifs accrus, au détriment d’une disponibilité mentale pour d’autres fonctions en émergence.
La lecture impliquant la mobilisation simultanée de processus complexes tels que l’attention soutenue, la mémoire de travail, la discrimination phonologique, le contrôle inhibiteur (…), lorsque celle-ci est initiée tardivement, elle entre en concurrence avec d’autres apprentissages déjà en place, ce qui crée un effet de saturation cognitive.
Un tel débordement peut affecter la qualité de l’engagement de l’enfant dans ses activités, nuire à sa disponibilité psychique et engendrer une grande tension intérieure.
En outre, le langage écrit ne se réduit pas à une compétence technique. Il constitue un appui fondamental pour la mise en forme de la pensée, la structuration du langage intérieur, l’accès à des représentations plus complexes et plus abstraites.
Quand on retarde l’apprentissage de la lecture, on freine le développement de ces processus d’élaboration psychique, ce qui rend l’enfant davantage dépendant de l’immédiateté de l’oral et de l’agir, avec un accès plus limité aux opérations de symbolisation secondaires.
Par ailleurs, le plaisir de lire émerge le plus souvent comme conséquence de la compétence, non comme son préalable. Lorsque l’enfant découvre qu’il peut décoder, comprendre, faire des liens, l’intérêt émerge naturellement.
À l’inverse, une entrée tardive, souvent plus laborieuse, risque de placer l’enfant dans une posture de lutte plutôt que de curiosité, ce qui entrave l’émergence d’un plaisir autonome de lire et d’apprendre.
Enfin, je tiens à souligner que l’entrée dans la lecture donne à l’enfant un accès plus précoce à des médiations symboliques qui participent à l’élaboration du monde interne.
Lire, même de manière élémentaire, permet de représenter ce qui est absent, de mettre en mots des vécus, de relier des idées, de contenir des affects… ce qui soutient la construction d’un espace psychique capable de penser l’expérience.
Or, il est fondamental que l’enfant dispose tôt de tels outils de pensée pour être à même de mieux appréhender et affronter notre monde sens dessus dessous, aux repères et valeurs désormais complètement inversés.
Différer leur accès revient à le laisser plus longtemps confronté à des sollicitations émotionnelles et environnementales qu’il ne peut pas encore transformer psychiquement, et ce défaut de médiation peut nuire à la constitution d’un sentiment de sécurité interne et à l’organisation de la pensée symbolique.
📖 Parents, vous êtes les premiers compagnons de lecture de vos enfants. N’attendez pas que l’école « apprenne à lire » pour leur ouvrir les portes de l’écrit. Dès les premières années, lire avec eux les inscrit dans un univers de sens, de rythme, de récit et de lien, qui va bien au-delà du simple apprentissage.
Les enfants n’attendent pas d’avoir « l’âge de lire » pour être traversés par des émotions, des questions ou des inquiétudes ; aussi, en leur proposant dès que possible un contact avec les lettres, les sons, les histoires, on leur donne des outils psychiques pour penser, rêver, comprendre, se rassurer et affronter.
Faites-le simplement, à votre rythme et au leur : lisez-leur de courtes histoires mais tous les jours, nommez les lettres, jouez avec les sons, décryptez ensemble des enseignes ou des affiches... C’est dans cette familiarité progressive avec l’écrit que peut s’enraciner le goût de lire, la confiance et une pensée qui s’organise.
En leur offrant très tôt l’accès aux mots, vous leur transmettez une ressource intérieure durable et une présence en eux à laquelle ils pourront revenir tout au long de leur vie."
Axelle sur X
18 06 2025
Liens du thread :
https://x.com/ailensile/status/1935365294874050591
ou
https://threadreaderapp.com/thread/1935365294874050591.html
"À chaque dérive, on pense avoir touché un point limite, mais chaque jour, un nouveau palier de délire est franchi. La dynamique est incontrôlable, et extrêmement préoccupante.
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⚠️ Pourquoi il ne faut surtout pas repousser l’âge de l’apprentissage de la lecture.
Sous prétexte de lutter contre les inégalités scolaires, ce discours préconise de retarder l’apprentissage formel de la lecture, en supposant que différer l’entrée dans l’écrit permettrait de « protéger » les enfants en difficulté. Or, c’est une posture qui méconnaît des dimensions fondamentales du développement de l’enfant, tant sur le plan neurocognitif que psychique, entraînant un risque d’effets délétères durables.
🧠 Quelques rappels neurodéveloppementaux :
Entre 4 et 7 ans, le cerveau de l’enfant traverse une période de grande plasticité au cours de laquelle les apprentissages du langage écrit s’intègrent avec une efficacité optimale. Si l'on diffère l’apprentissage de la lecture, on va donc laisser passer cette fenêtre neurodéveloppementale privilégiée ; et plus l’introduction du langage écrit va être tardive, plus elle va exiger d’efforts cognitifs accrus, au détriment d’une disponibilité mentale pour d’autres fonctions en émergence.
La lecture impliquant la mobilisation simultanée de processus complexes tels que l’attention soutenue, la mémoire de travail, la discrimination phonologique, le contrôle inhibiteur (…), lorsque celle-ci est initiée tardivement, elle entre en concurrence avec d’autres apprentissages déjà en place, ce qui crée un effet de saturation cognitive.
Un tel débordement peut affecter la qualité de l’engagement de l’enfant dans ses activités, nuire à sa disponibilité psychique et engendrer une grande tension intérieure.
En outre, le langage écrit ne se réduit pas à une compétence technique. Il constitue un appui fondamental pour la mise en forme de la pensée, la structuration du langage intérieur, l’accès à des représentations plus complexes et plus abstraites.
Quand on retarde l’apprentissage de la lecture, on freine le développement de ces processus d’élaboration psychique, ce qui rend l’enfant davantage dépendant de l’immédiateté de l’oral et de l’agir, avec un accès plus limité aux opérations de symbolisation secondaires.
Par ailleurs, le plaisir de lire émerge le plus souvent comme conséquence de la compétence, non comme son préalable. Lorsque l’enfant découvre qu’il peut décoder, comprendre, faire des liens, l’intérêt émerge naturellement.
À l’inverse, une entrée tardive, souvent plus laborieuse, risque de placer l’enfant dans une posture de lutte plutôt que de curiosité, ce qui entrave l’émergence d’un plaisir autonome de lire et d’apprendre.
Enfin, je tiens à souligner que l’entrée dans la lecture donne à l’enfant un accès plus précoce à des médiations symboliques qui participent à l’élaboration du monde interne.
Lire, même de manière élémentaire, permet de représenter ce qui est absent, de mettre en mots des vécus, de relier des idées, de contenir des affects… ce qui soutient la construction d’un espace psychique capable de penser l’expérience.
Or, il est fondamental que l’enfant dispose tôt de tels outils de pensée pour être à même de mieux appréhender et affronter notre monde sens dessus dessous, aux repères et valeurs désormais complètement inversés.
Différer leur accès revient à le laisser plus longtemps confronté à des sollicitations émotionnelles et environnementales qu’il ne peut pas encore transformer psychiquement, et ce défaut de médiation peut nuire à la constitution d’un sentiment de sécurité interne et à l’organisation de la pensée symbolique.
📖 Parents, vous êtes les premiers compagnons de lecture de vos enfants. N’attendez pas que l’école « apprenne à lire » pour leur ouvrir les portes de l’écrit. Dès les premières années, lire avec eux les inscrit dans un univers de sens, de rythme, de récit et de lien, qui va bien au-delà du simple apprentissage.
Les enfants n’attendent pas d’avoir « l’âge de lire » pour être traversés par des émotions, des questions ou des inquiétudes ; aussi, en leur proposant dès que possible un contact avec les lettres, les sons, les histoires, on leur donne des outils psychiques pour penser, rêver, comprendre, se rassurer et affronter.
Faites-le simplement, à votre rythme et au leur : lisez-leur de courtes histoires mais tous les jours, nommez les lettres, jouez avec les sons, décryptez ensemble des enseignes ou des affiches... C’est dans cette familiarité progressive avec l’écrit que peut s’enraciner le goût de lire, la confiance et une pensée qui s’organise.
En leur offrant très tôt l’accès aux mots, vous leur transmettez une ressource intérieure durable et une présence en eux à laquelle ils pourront revenir tout au long de leur vie."
Axelle sur X
18 06 2025
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https://x.com/ailensile/status/1935365294874050591
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