• 🎙️ « J'aimerais bien qu'on arrête de confondre la République avec la France [...] Décider de qui va être la prochain président, c'est-à-dire la prochaine personne qui va entuber tous les Français, ça ne m'intéresse pas. »
    - Francis Lalanne

    Le cri de Lalanne dans un monde en ébullition - Bistro Libertés sur TVL 🔻

    Auteur, compositeur, interprète mais aussi acteur, écrivain et poète : assurément Francis Lalanne est un artiste pluridisciplinaire. Mais pas seulement, c’est aussi un personnage engagé qui se sert de sa notoriété pour combattre le wokisme et les dérives du monde actuel. Il est politiquement inclassable. Il a la fibre sociale et écologiste.
    Il est tour à tour candidat écologiste ou divers gauches comme en 2007 pour le Mouvement écologiste indépendant (MEI) d'Antoine Waechter.
    Son nom est associé aux grandes contestations de ces 10 dernières années. Les Gilets Jaunes pour lesquels il monte la liste Alliance Jaune aux européennes de 2019.
    Il qualifie de tyrannique, la politique sanitaire lors de la crise du COVID et appelle à la désobéissance civile.
    Aux législatives de 2022, il est candidat "animaliste, écologiste, souverainiste" de la liste "France Libre".
    Il prend position publiquement pour appeler à une "union sacrée" contre Emmanuel Macron en faveur de Marine Le Pen lors du sec

    https://youtu.be/4UzQncfi-uI

    Extrait :
    https://x.com/i/status/2009229098820698357
    🎙️ « J'aimerais bien qu'on arrête de confondre la République avec la France [...] Décider de qui va être la prochain président, c'est-à-dire la prochaine personne qui va entuber tous les Français, ça ne m'intéresse pas. » - Francis Lalanne Le cri de Lalanne dans un monde en ébullition - Bistro Libertés sur TVL 🔻 Auteur, compositeur, interprète mais aussi acteur, écrivain et poète : assurément Francis Lalanne est un artiste pluridisciplinaire. Mais pas seulement, c’est aussi un personnage engagé qui se sert de sa notoriété pour combattre le wokisme et les dérives du monde actuel. Il est politiquement inclassable. Il a la fibre sociale et écologiste. Il est tour à tour candidat écologiste ou divers gauches comme en 2007 pour le Mouvement écologiste indépendant (MEI) d'Antoine Waechter. Son nom est associé aux grandes contestations de ces 10 dernières années. Les Gilets Jaunes pour lesquels il monte la liste Alliance Jaune aux européennes de 2019. Il qualifie de tyrannique, la politique sanitaire lors de la crise du COVID et appelle à la désobéissance civile. Aux législatives de 2022, il est candidat "animaliste, écologiste, souverainiste" de la liste "France Libre". Il prend position publiquement pour appeler à une "union sacrée" contre Emmanuel Macron en faveur de Marine Le Pen lors du sec https://youtu.be/4UzQncfi-uI Extrait : https://x.com/i/status/2009229098820698357
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  • 🇪🇺 État des lieux de la démocratie au sein de l'Union européenne

    ➡️ Annulation des élections en Roumanie
    ➡️ Călin Georgescu est déclaré inéligible sans être condamné
    ➡️ Marine Le Pen est empêchée de se présenter à l'élection présidentielle
    ➡️ Matteo Salvini a subi un procès pour avoir défendu l'Italie de l'invasion migratoire
    ➡️ L'AfD, le deuxième parti d'Allemagne, est menacée d'interdiction et espionnée par les services de renseignement allemands
    ➡️ Le Parlement irlandais entend empêcher Conor McGregor de se présenter à l'élection présidentielle
    ➡️ Viktor Orbán est persécuté par l'UE : des financements ont été confisqués à la Hongrie, tandis que de plus en plus de voix appellent à lui retirer son droit de vote
    ➡️ Un Slovaque de gauche a tenté d'assassiner le Premier ministre Robert Fico en lui tirant dessus

    En parallèle :

    ➡️ L'UE subventionne la Syrie islamiste et lève des sanctions
    ➡️ L'UE adoube les purges réalisées par Donald Tusk en Pologne et lève toutes les sanctions qui frappaient le PiS
    ➡️ Von der Leyen prépare à la guerre, en mobilisant l'économie avec le projet “ReArm Europe” et les esprits, notamment en encourageant les Européens à constituer des sacs de survie pour 72h
    ➡️ L'UE met en place le DSA pour museler la liberté d'expression sur internet et sur les réseaux sociaux
    ➡️ Salomé Zourabichvili, présidente pro-UE de la Géorgie, a refusé de quitter le pouvoir à l'issue de son mandat, avec le soutien de l'UE, pour protester contre le résultat des élections législatives
    ➡️ Un référendum sur l'adhésion de la Moldavie à l'UE a récolté seulement 50,43% de "oui", l'UE a accusé la Russie d'avoir interféré dans le scrutin
    ...

    TVL


    https://x.com/tvlofficiel/status/1907018997222269347
    🇪🇺 État des lieux de la démocratie au sein de l'Union européenne ➡️ Annulation des élections en Roumanie ➡️ Călin Georgescu est déclaré inéligible sans être condamné ➡️ Marine Le Pen est empêchée de se présenter à l'élection présidentielle ➡️ Matteo Salvini a subi un procès pour avoir défendu l'Italie de l'invasion migratoire ➡️ L'AfD, le deuxième parti d'Allemagne, est menacée d'interdiction et espionnée par les services de renseignement allemands ➡️ Le Parlement irlandais entend empêcher Conor McGregor de se présenter à l'élection présidentielle ➡️ Viktor Orbán est persécuté par l'UE : des financements ont été confisqués à la Hongrie, tandis que de plus en plus de voix appellent à lui retirer son droit de vote ➡️ Un Slovaque de gauche a tenté d'assassiner le Premier ministre Robert Fico en lui tirant dessus En parallèle : ➡️ L'UE subventionne la Syrie islamiste et lève des sanctions ➡️ L'UE adoube les purges réalisées par Donald Tusk en Pologne et lève toutes les sanctions qui frappaient le PiS ➡️ Von der Leyen prépare à la guerre, en mobilisant l'économie avec le projet “ReArm Europe” et les esprits, notamment en encourageant les Européens à constituer des sacs de survie pour 72h ➡️ L'UE met en place le DSA pour museler la liberté d'expression sur internet et sur les réseaux sociaux ➡️ Salomé Zourabichvili, présidente pro-UE de la Géorgie, a refusé de quitter le pouvoir à l'issue de son mandat, avec le soutien de l'UE, pour protester contre le résultat des élections législatives ➡️ Un référendum sur l'adhésion de la Moldavie à l'UE a récolté seulement 50,43% de "oui", l'UE a accusé la Russie d'avoir interféré dans le scrutin ... TVL https://x.com/tvlofficiel/status/1907018997222269347
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  • "Marine Le Pen : condamnée à 5 ans d’inéligibilité immédiate.

    Ok !

    Mais alors eux :

    • Dupond-Moretti (ministre de la Justice) ? Mis en examen
    → relaxé, toujours ministre.
    • Darmanin ? Accusé de viol
    → classé sans suite, toujours ministre.
    • Bayrou ? Emplois fictifs européens → procès à venir, toujours conseiller spécial.
    • Kohler ? Prise illégale d’intérêts avec MSC
    → mis en examen, toujours à l’Élysée.
    • Ferrand ? Mutuelles de Bretagne
    → classé sans suite, ex-président de l’Assemblée.
    • Lecornu ? Soupçons d’arrangement → classé.
    • Delevoye ? 13 mandats non déclarés → démissionné, jamais inquiété.
    • Goulard ? Emplois fictifs européens → écartée discrètement, jamais jugée.
    • Buzyn ? Mise en danger de la vie d’autrui (Covid)
    → mise en examen, enterrée.
    • Castaner ? Soupçons dans les Bouches-du-Rhône
    → oublié.
    • Griveaux ? Pas la justice, mais les casseroles perso, on s’en souvient.
    • Benalla ? Violence, passeports, coups de fil élyséens…
    → condamné mais jamais largué.

    Et eux, c’est pour quand la vraie justice ?"

    #MarineLePen

    https://x.com/charbofficiel/status/1906668122586722474
    "Marine Le Pen : condamnée à 5 ans d’inéligibilité immédiate. Ok ! Mais alors eux : • Dupond-Moretti (ministre de la Justice) ? Mis en examen → relaxé, toujours ministre. • Darmanin ? Accusé de viol → classé sans suite, toujours ministre. • Bayrou ? Emplois fictifs européens → procès à venir, toujours conseiller spécial. • Kohler ? Prise illégale d’intérêts avec MSC → mis en examen, toujours à l’Élysée. • Ferrand ? Mutuelles de Bretagne → classé sans suite, ex-président de l’Assemblée. • Lecornu ? Soupçons d’arrangement → classé. • Delevoye ? 13 mandats non déclarés → démissionné, jamais inquiété. • Goulard ? Emplois fictifs européens → écartée discrètement, jamais jugée. • Buzyn ? Mise en danger de la vie d’autrui (Covid) → mise en examen, enterrée. • Castaner ? Soupçons dans les Bouches-du-Rhône → oublié. • Griveaux ? Pas la justice, mais les casseroles perso, on s’en souvient. • Benalla ? Violence, passeports, coups de fil élyséens… → condamné mais jamais largué. Et eux, c’est pour quand la vraie justice ?" #MarineLePen https://x.com/charbofficiel/status/1906668122586722474
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  • "Petit rappel pour les français qui se « scandalisent » de la prétendue « ingérence de Elon Musk » :

    -Une station d’écoute de la CIA et de la NSA est installée sur le toit de l’ambassade américaine, à quelques mètres de l’Elysée.
    - La NSA a espionné les candidats à l’élection présidentielle de 2012 (Sarkozy, DSK, Hollande, Aubry et Marine Le Pen) (source : Wikileaks) et il y a fort à parier qu’elle a continué a le faire pour toutes les élections suivantes.
    - La NSA a mis sur écoute plusieurs chefs d’état et ministres européens via des câbles de télécommunication installés au Danemark (source : Wikileaks, 2021).
    - Le Président de la république française (Emmanuel Macron), le Ministre des affaires étrangères (Jean-Noël Barrot), la Ministre du Budget (Amélie de Montchalin), et toute une panoplie d’anciens ministres sont des « Young leaders » de la French American Foundation. Un ancien cadre de ce lobby témoignait dans @off_investigation qu’il est « très difficile de faire une carrière politique en France en tournant le dos aux réseaux américains »
    - Depuis la mise en place d’un « Health Data Hub » (plateforme numérique de centralisation des données de santé), décidé par Olivier Véran par décret, l’ensemble des données de santé des citoyens français sont hébergés sur un cloud (« Azure ») appartenant à l’entreprise américaine Microsoft. Cela signifie que grâce au Cloud Act et au Patriot Act, les agences gouvernementales américaines (Pentagone, NSA, CIA et FBI) sont entièrement libre d’accéder aux données de santé des français. Il en est de même pour la plupart de nos données numériques privés et des données d’entreprises françaises dès lors qu’elles sont stockés sur un cloud américain. Il en est aussi de même pour les données d’évaluations de l’Education Nationale, hébergé sur un cloud d’Amazon.
    - Depuis 2024, EDF a confié la gestion des données de maintenance des centrales nucléaires à Amazon.
    - On sait depuis le McKinseyGate qu’une partie des politiques publiques du gouvernement Macron sont établies par des cabinets de conseil américain.
    - Plusieurs organisations satellites de la CIA et du Pentagone (la NED, USAID, German Marshall Fund) ou des fondations appartenant à des milliardaires américains (l’Open Society, Gates Foundation, Luminate, ect) sont les principaux financeurs de puissantes organisations françaises qui conseillent les services de l’Etat.
    - De nombreux grands titres de la presse française et européennes sont financés par ces mêmes organisations (Gates Foundation, Open Society, NED, Luminate…). En particulier, l’ensemble des cellules de « fact-checking » sont formés et financés par ces ONG américaines, mais aussi par le Département d'Etat, via le programme International Fact-Checking Network.

    Et ce n’est qu’une petite partie de l’énorme iceberg qui fait de la France, et tous les pays de l'Union européenne, l’équivalent d’une colonie des Etats-Unis.
    Sans parler des ingérences ouvertement assumés par certains milliardaires américains sur notre continent, à l’instar de George Soros qui se « vantait » d’avoir participé à la campagne anti-Brexit au Royaume-Unis, tout comme il s’est dit « fier » d’avoir financé la Révolution orange en Ukraine.

    Mais non, ce qui choque ces gens - dont certains sont d’ailleurs membres de ces mêmes organisations américaines - ce sont les tweets d’Elon Musk sur un scandale de pédocriminalité qui a été étouffé par les autorités anglaises.

    Leur silence assourdissant sur toutes les informations que je viens de lister témoigne du niveau de foutage de gueule."

    Amélie Ismaïli


    2:59 PM · 5 janv. 2025 · 106,6 k vues

    https://x.com/ame_ism/status/1875904949441245318
    "Petit rappel pour les français qui se « scandalisent » de la prétendue « ingérence de Elon Musk » : -Une station d’écoute de la CIA et de la NSA est installée sur le toit de l’ambassade américaine, à quelques mètres de l’Elysée. - La NSA a espionné les candidats à l’élection présidentielle de 2012 (Sarkozy, DSK, Hollande, Aubry et Marine Le Pen) (source : Wikileaks) et il y a fort à parier qu’elle a continué a le faire pour toutes les élections suivantes. - La NSA a mis sur écoute plusieurs chefs d’état et ministres européens via des câbles de télécommunication installés au Danemark (source : Wikileaks, 2021). - Le Président de la république française (Emmanuel Macron), le Ministre des affaires étrangères (Jean-Noël Barrot), la Ministre du Budget (Amélie de Montchalin), et toute une panoplie d’anciens ministres sont des « Young leaders » de la French American Foundation. Un ancien cadre de ce lobby témoignait dans @off_investigation qu’il est « très difficile de faire une carrière politique en France en tournant le dos aux réseaux américains » - Depuis la mise en place d’un « Health Data Hub » (plateforme numérique de centralisation des données de santé), décidé par Olivier Véran par décret, l’ensemble des données de santé des citoyens français sont hébergés sur un cloud (« Azure ») appartenant à l’entreprise américaine Microsoft. Cela signifie que grâce au Cloud Act et au Patriot Act, les agences gouvernementales américaines (Pentagone, NSA, CIA et FBI) sont entièrement libre d’accéder aux données de santé des français. Il en est de même pour la plupart de nos données numériques privés et des données d’entreprises françaises dès lors qu’elles sont stockés sur un cloud américain. Il en est aussi de même pour les données d’évaluations de l’Education Nationale, hébergé sur un cloud d’Amazon. - Depuis 2024, EDF a confié la gestion des données de maintenance des centrales nucléaires à Amazon. - On sait depuis le McKinseyGate qu’une partie des politiques publiques du gouvernement Macron sont établies par des cabinets de conseil américain. - Plusieurs organisations satellites de la CIA et du Pentagone (la NED, USAID, German Marshall Fund) ou des fondations appartenant à des milliardaires américains (l’Open Society, Gates Foundation, Luminate, ect) sont les principaux financeurs de puissantes organisations françaises qui conseillent les services de l’Etat. - De nombreux grands titres de la presse française et européennes sont financés par ces mêmes organisations (Gates Foundation, Open Society, NED, Luminate…). En particulier, l’ensemble des cellules de « fact-checking » sont formés et financés par ces ONG américaines, mais aussi par le Département d'Etat, via le programme International Fact-Checking Network. Et ce n’est qu’une petite partie de l’énorme iceberg qui fait de la France, et tous les pays de l'Union européenne, l’équivalent d’une colonie des Etats-Unis. Sans parler des ingérences ouvertement assumés par certains milliardaires américains sur notre continent, à l’instar de George Soros qui se « vantait » d’avoir participé à la campagne anti-Brexit au Royaume-Unis, tout comme il s’est dit « fier » d’avoir financé la Révolution orange en Ukraine. Mais non, ce qui choque ces gens - dont certains sont d’ailleurs membres de ces mêmes organisations américaines - ce sont les tweets d’Elon Musk sur un scandale de pédocriminalité qui a été étouffé par les autorités anglaises. Leur silence assourdissant sur toutes les informations que je viens de lister témoigne du niveau de foutage de gueule." Amélie Ismaïli 2:59 PM · 5 janv. 2025 · 106,6 k vues https://x.com/ame_ism/status/1875904949441245318
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  • La preuve que Marine Le Pen ne veut pas sortir de l’union européenne. Elle le tweet elle-même.
    https://x.com/mlp_officiel/status/1761393779955671076?s=46&t=OXW7dskaFJ94qVWMT3AB9A
    La preuve que Marine Le Pen ne veut pas sortir de l’union européenne. Elle le tweet elle-même. https://x.com/mlp_officiel/status/1761393779955671076?s=46&t=OXW7dskaFJ94qVWMT3AB9A
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  • Où va la France ?

    Il n’est jamais très agréable de lire de très fortes critiques sur son pays dans un journal mainstream étranger, surtout lorsque les critiques sont fondées et lorsque le pays en question est un pays qui appartient, comme nous, au monde occidental : ce monde si merveilleux à en croire les narratifs médiatique et politique que nous connaissons bien.

    Dans le journal mainstream suisse Le temps, Jean-François Bayart, professeur à l’IHEID (L’Institut des Hautes Études Internationales et du Développement), signe un court article au vitriol sous le titre : «Où va la France ?».

    On peut certes rétorquer, en éludant les choses qui fâchent parce qu’elles sont vraies, que la gouvernance Suisse, qui semble avoir perdu bêtement sa neutralité sur l’Ukraine, pour satisfaire l’engeance néocon et mondialiste US-UE, n’a pas brillé non plus dans la gestion de la crise Covid, au cours de laquelle elle s’est contentée de suivre les politiques de ses voisins, tout aussi bêtement que sur l’Ukraine.

    L’existence de ce type d’article au pays des helvètes nous montre deux choses :

    – En Suisse, la liberté d’expression existe et les journaux mainstream publient des articles qui ne vont pas nécessairement dans le sens de la bien-pensance et du politiquement correct. En France, le journal suisse Le temps serait probablement dénigré par le journal Le Monde et traité de complotiste, diffusant de fausses nouvelles, sur le modèle du dénigrement appliqué à France Soir et fort heureusement condamné par la Justice.1

    On notera avec intérêt la grande discrétion avec laquelle les autres médias de la «meute mainstream» française ont relayé cette condamnation du Monde. Ce n’est pourtant pas la première fois que le journal Le Monde a été condamné pour dénigrement ou diffamation. Mais les plus naïfs d’entre nous continuent à le lire comme on lit la Bible.2

    – En Suisse, il existe un nombre important de personnalités qui, non seulement réfléchissent «juste» mais n’ont pas peur de s’exprimer. C’est le cas de Jean-François Bayart, au patronyme évocateur et si bien porté.

    Dominique Delawarde

    ***
    Où va la France ?
    par Jean-François Bayart

    La France est bel et bien en train de rejoindre le camp des démocraties «illibérales» juge Jean-François Bayart, professeur à l’IHEID, pour qui Emmanuel Macron vit dans une réalité parallèle et joue avec le feu.

    Où va la France ? se demande la Suisse. La mauvaise réponse serait de s’arrêter à la raillerie culturaliste des Gaulois éternels mécontents. La crise est politique. Emmanuel Macron se réclame de l’«extrême centre» qu’incarnèrent successivement, dans l’Histoire, le Directoire, le Premier et le Second Empire, et différents courants technocratiques saint-simoniens. Il est le dernier avatar en date de ce que l’historien Pierre Serna nomme le «poison français» : la propension au réformisme étatique et anti-démocratique par la voie de l’exercice caméral et centralisé du pouvoir.

    Le conflit des retraites est le symptôme de l’épuisement de ce gouvernement de l’extrême centre. Depuis trente ans, les avertissements n’ont pas manqué, que les majorités successives ont balayés d’un revers de main en criant aux corporatismes, à la paresse, à l’infantilisme du peuple. Administrée de manière autoritaire et souvent grotesque, la pandémie de Covid-19 a servi de crash test auquel n’ont pas résisté les services publics dont s’enorgueillissait le pays et qui lui fournissaient, au-delà de leurs prestations, une part de ses repères.

    Emmanuel Macron, tout à son style «jupitérien», aggrave l’aporie dans laquelle est tombée la France. Il n’a jamais rien eu de «nouveau», et sa posture d’homme «providentiel» est une figure éculée du répertoire bonapartiste. Il n’imagine pas autre chose que le modèle néolibéral dont il est le pur produit, quitte à le combiner avec une conception ringarde du roman national, quelque part entre le culte de Jeanne d’Arc et la fantaisie réactionnaire du Puy-du-Fou. Son exercice du pouvoir est celui d’un enfant immature, narcissique, arrogant, sourd à autrui, plutôt incompétent, notamment sur le plan diplomatique, dont les caprices ont force de loi au mépris de la Loi ou des réalités internationales.

    Ce pourrait être drôle si ce n’était pas dangereux. L’interdiction de l’«usage de dispositifs sonores portatifs» pour éviter les casserolades des opposants, le bouclage policier des lieux où se rend le chef de l’État, le lancement de campagnes de rectification idéologique contre le «wokisme», la «théorie du genre», l’«islamo-gauchisme», l’«écoterrorisme» ou l’«ultra-gauche» sont autant de petits indices, parmi beaucoup d’autres, qui ne trompent pas le spécialiste des régimes autoritaires que je suis. La France est bel et bien en train de rejoindre le camp des démocraties «illibérales».

    Un arsenal répressif à disposition des pouvoirs suivants
    D’aucuns crieront à l’exagération polémique. Je leur demande d’y regarder à deux fois en ayant à l’esprit, d’une part, l’érosion des libertés publiques, au nom de la lutte contre le terrorisme et l’immigration, depuis au moins trois décennies, d’autre part, les dangers que revêtent de ce point de vue les innovations technologiques en matière de contrôle politique et l’imminence de l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national auquel les gouvernements précédents auront fourbi un arsenal répressif rendant superflues de nouvelles lois liberticides.

    Il n’est pas question, ici, de «bonnes» ou de «mauvaises» intentions de la part du chef de l’État, mais d’une logique de situation à laquelle il se prête et qu’il favorise sans nécessairement la comprendre. Macron n’est ni Poutine ni Modi. Mais il prépare l’avènement de leur clone hexagonal. Au mieux sa politique est celle de Viktor Orban : appliquer le programme de l’extrême droite pour éviter son accession au pouvoir.

    Sur fond d’évidement des partis de gouvernement, un «flibustier» – pour reprendre le qualificatif de Marx à propos du futur Napoléon III – s’est emparé du butin électoral à la faveur de la sortie de route de Nicolas Sarkozy, François Hollande, Alain Juppé, François Fillon, Manuel Valls. Il a cru «astucieux», pour continuer à citer Marx, de détruire «en même temps» la gauche et la droite pour s’installer dans le confort d’un face-à-face avec Marine Le Pen. Mais Emmanuel Macron n’a été élu et réélu que grâce au concours des voix de la gauche, soucieuse de conjurer la victoire du Rassemblement national. Son programme, libéral et pro-européen, n’a jamais correspondu aux préférences idéologiques que du quart du corps électoral, hormis même la part croissante des non-inscrits et des abstentionnistes qui sape la légitimité des institutions.

    Un président aveugle et méprisant
    Nonobstant cette évidence, Emmanuel Macron, ignorant de par son éducation et son itinéraire professionnel les réalités du pays profond, primo-élu à la magistrature suprême sans jamais avoir exercé le moindre mandat local ou national, a entendu faire prévaloir la combinaison schmittienne d’un «État fort» et d’une «économie saine» en promulguant ses réformes néolibérales par voie d’ordonnances, en court-circuitant les corps intermédiaires et ce qu’il nomme l’«État profond» de la fonction publique, en s’en remettant à des cabinets privés de conseil ou à des conseils a-constitutionnels tels que le Conseil de défense, en réduisant la France au statut de «start-up nation» et en la gérant comme un patron méprisant ses employés, «Gaulois réfractaires».

    Le résultat ne se fit pas attendre. Lui qui voulait apaiser la France provoqua le plus grave mouvement social depuis Mai 68, celui des Gilets jaunes dont le spectre continue de hanter la Macronie. La main sur le cœur, Emmanuel Macron assura, au début de la pandémie de Covid-19, avoir compris que tout ne pouvait être remis aux lois du marché. À plusieurs reprises, il promit avoir changé pour désamorcer l’indignation que provoquait sa morgue. De nouvelles petites phrases assassines prouvèrent aussitôt qu’il en était incapable. Il maintint son cap néolibéral et fit alliance avec Nicolas Sarkozy en 2022 pour imposer une réforme financière de la retraite en dépit de l’opposition persistante de l’opinion et de l’ensemble des forces syndicales, non sans faire fi de leurs contre-propositions.

    Face au nouveau mouvement social massif qui s’est ensuivi, Emmanuel Macron s’est enfermé dans le déni et le sarcasme. Il argue de la légitimité démocratique en répétant que la réforme figurait dans son programme et qu’elle a été adoptée selon une voie institutionnelle validée par le Conseil constitutionnel.

    Une réalité parallèle
    Sauf que: 1) Emmanuel Macron n’a été réélu que grâce aux voix de la gauche, hostile au report de l’âge de la retraite; 2) le peuple ne lui a pas donné de majorité parlementaire lors des législatives qui ont suivi le scrutin présidentiel; 3) le projet portait sur les «principes fondamentaux de la Sécurité sociale», lesquels relèvent de la loi ordinaire, et non d’une loi de «financement de la Sécurité sociale» (article 34 de la Constitution), cavalier législatif qui a rendu possible le recours à l’article 49.3 pour imposer le texte ; 4) le gouvernement s’est résigné à cette procédure parce qu’il ne disposait pas de majorité positive, mais de l’absence de majorité pour le renverser au terme d’une motion de censure ; 5) le Conseil constitutionnel est composé de personnalités politiques et de hauts fonctionnaires, non de juristes, et se préoccupe moins du respect de l’État de droit que de la stabilité du système comme l’avait déjà démontré son approbation des comptes frauduleux de la campagne électorale de Jacques Chirac, en 1995 ; 6) le détournement de la procédure parlementaire a suscité la désapprobation de nombre de constitutionnalistes et s’est accompagné du refus de toute négociation sociale.

    Comme en 2018, Emmanuel Macron répond à la colère populaire par la violence policière. Atteintes à la liberté constitutionnelle de manifester, utilisation de techniques conflictuelles de maintien de l’ordre, usage d’un armement de catégorie militaire qui cause des blessures irréversibles telles que des éborgnages ou des mutilations ont entraîné la condamnation de la France par les organisations de défense des droits de l’homme, le Conseil de l’Europe, la Cour européenne de justice, les Nations unies.

    Face à ces accusations, Emmanuel Macron s’enfonce dans une réalité parallèle et radicalise son discours politique. À peine réélu grâce aux voix de la gauche, dont celles de La France insoumise, il place celle-ci hors de l’«arc républicain» dont il s’arroge le monopole de la délimitation. Il voit la main de l’«ultragauche» dans la contestation de sa réforme. Il justifie les violences policières par la nécessité de lutter contre celles de certains manifestants.

    Sauf que, à nouveau : 1) le refus, récurrent depuis l’apport des suffrages de la gauche à Jacques Chirac en 2002 et le contournement parlementaire du non au référendum de 2005, de prendre en considération le vote des électeurs quand celui-ci déplaît ou provient d’une autre famille politique que la sienne discrédite la démocratie représentative, nourrit un abstentionnisme délétère et pousse à l’action directe pour faire valoir ses vues, non sans succès pour ce qui fut des Gilets jaunes et des jeunes émeutiers nationalistes corses auxquels il fut accordé ce qui avait été refusé aux syndicats et aux élus ; 2) le non-respect des décisions de justice par l’État lorsque des intérêts agro-industriels sont en jeu amène les écologistes à occuper les sites des projets litigieux, au risque d’affrontements ; 3) la stigmatisation d’une ultragauche dont l’importance reste à démontrer va de pair avec le silence du gouvernement à propos des voies de fait de l’ultra-droite identitariste et des agriculteurs productivistes qui multiplient les agressions contre les écologistes.

    «Ce n’est pas être un black bloc que de dénoncer les excès structurels de la police»
    Ce n’est pas être un «amish» et vouloir retourner «à la bougie» que de s’interroger sur la 5G ou sur l’inconsistance du gouvernement quand il défend à grand renfort de grenades les méga-bassines alors que se tarissent les nappes phréatiques du pays. Ce n’est pas être un black bloc que de dénoncer les excès structurels de la police. Ce n’est pas être un gauchiste que de diagnostiquer la surexploitation croissante des travailleurs au fil de la précarisation des emplois et au nom de logiques financières, de repérer le siphonnage du bien public au profit d’intérêts privés, ou de déplorer le «pognon de dingue» distribué aux entreprises et aux contribuables les plus riches. Point besoin non plus d’être grand clerc pour comprendre que la Macronie n’aime pas les pauvres. Elle n’a plus d’autre réponse que la criminalisation des protestations. Elle souhaite maintenant dissoudre la nébuleuse des Soulèvements de la terre que parrainent l’anthropologue Philippe Descola, le philosophe Baptiste Morizot, le romancier Alain Damasio ! Quand Gérald Darmanin entend le mot culture il sort son LBD.

    Dans cette fuite en avant, un pas décisif a été franchi lorsque le gouvernement s’en est pris à la Ligue des droits de l’homme. Ce faisant, la Macronie s’est de son propre chef placée en dehors de l’«arc républicain». Cette association, née, faut-il le rappeler, de l’affaire Dreyfus, est indissociable de l’idée républicaine. Seul le régime de Pétain avait osé l’attaquer. Sur la planète, ce sont bien les Poutine et les Orban, les Erdogan et les Modi, les Kaïs Saïed ou les Xi Jinping qui tiennent de tels propos. Oui, la France bascule.

    source : Le Temps

    envoyé par Dominique Delawarde

    https://reseauinternational.net/ou-va-la-france/
    Où va la France ? Il n’est jamais très agréable de lire de très fortes critiques sur son pays dans un journal mainstream étranger, surtout lorsque les critiques sont fondées et lorsque le pays en question est un pays qui appartient, comme nous, au monde occidental : ce monde si merveilleux à en croire les narratifs médiatique et politique que nous connaissons bien. Dans le journal mainstream suisse Le temps, Jean-François Bayart, professeur à l’IHEID (L’Institut des Hautes Études Internationales et du Développement), signe un court article au vitriol sous le titre : «Où va la France ?». On peut certes rétorquer, en éludant les choses qui fâchent parce qu’elles sont vraies, que la gouvernance Suisse, qui semble avoir perdu bêtement sa neutralité sur l’Ukraine, pour satisfaire l’engeance néocon et mondialiste US-UE, n’a pas brillé non plus dans la gestion de la crise Covid, au cours de laquelle elle s’est contentée de suivre les politiques de ses voisins, tout aussi bêtement que sur l’Ukraine. L’existence de ce type d’article au pays des helvètes nous montre deux choses : – En Suisse, la liberté d’expression existe et les journaux mainstream publient des articles qui ne vont pas nécessairement dans le sens de la bien-pensance et du politiquement correct. En France, le journal suisse Le temps serait probablement dénigré par le journal Le Monde et traité de complotiste, diffusant de fausses nouvelles, sur le modèle du dénigrement appliqué à France Soir et fort heureusement condamné par la Justice.1 On notera avec intérêt la grande discrétion avec laquelle les autres médias de la «meute mainstream» française ont relayé cette condamnation du Monde. Ce n’est pourtant pas la première fois que le journal Le Monde a été condamné pour dénigrement ou diffamation. Mais les plus naïfs d’entre nous continuent à le lire comme on lit la Bible.2 – En Suisse, il existe un nombre important de personnalités qui, non seulement réfléchissent «juste» mais n’ont pas peur de s’exprimer. C’est le cas de Jean-François Bayart, au patronyme évocateur et si bien porté. Dominique Delawarde *** Où va la France ? par Jean-François Bayart La France est bel et bien en train de rejoindre le camp des démocraties «illibérales» juge Jean-François Bayart, professeur à l’IHEID, pour qui Emmanuel Macron vit dans une réalité parallèle et joue avec le feu. Où va la France ? se demande la Suisse. La mauvaise réponse serait de s’arrêter à la raillerie culturaliste des Gaulois éternels mécontents. La crise est politique. Emmanuel Macron se réclame de l’«extrême centre» qu’incarnèrent successivement, dans l’Histoire, le Directoire, le Premier et le Second Empire, et différents courants technocratiques saint-simoniens. Il est le dernier avatar en date de ce que l’historien Pierre Serna nomme le «poison français» : la propension au réformisme étatique et anti-démocratique par la voie de l’exercice caméral et centralisé du pouvoir. Le conflit des retraites est le symptôme de l’épuisement de ce gouvernement de l’extrême centre. Depuis trente ans, les avertissements n’ont pas manqué, que les majorités successives ont balayés d’un revers de main en criant aux corporatismes, à la paresse, à l’infantilisme du peuple. Administrée de manière autoritaire et souvent grotesque, la pandémie de Covid-19 a servi de crash test auquel n’ont pas résisté les services publics dont s’enorgueillissait le pays et qui lui fournissaient, au-delà de leurs prestations, une part de ses repères. Emmanuel Macron, tout à son style «jupitérien», aggrave l’aporie dans laquelle est tombée la France. Il n’a jamais rien eu de «nouveau», et sa posture d’homme «providentiel» est une figure éculée du répertoire bonapartiste. Il n’imagine pas autre chose que le modèle néolibéral dont il est le pur produit, quitte à le combiner avec une conception ringarde du roman national, quelque part entre le culte de Jeanne d’Arc et la fantaisie réactionnaire du Puy-du-Fou. Son exercice du pouvoir est celui d’un enfant immature, narcissique, arrogant, sourd à autrui, plutôt incompétent, notamment sur le plan diplomatique, dont les caprices ont force de loi au mépris de la Loi ou des réalités internationales. Ce pourrait être drôle si ce n’était pas dangereux. L’interdiction de l’«usage de dispositifs sonores portatifs» pour éviter les casserolades des opposants, le bouclage policier des lieux où se rend le chef de l’État, le lancement de campagnes de rectification idéologique contre le «wokisme», la «théorie du genre», l’«islamo-gauchisme», l’«écoterrorisme» ou l’«ultra-gauche» sont autant de petits indices, parmi beaucoup d’autres, qui ne trompent pas le spécialiste des régimes autoritaires que je suis. La France est bel et bien en train de rejoindre le camp des démocraties «illibérales». Un arsenal répressif à disposition des pouvoirs suivants D’aucuns crieront à l’exagération polémique. Je leur demande d’y regarder à deux fois en ayant à l’esprit, d’une part, l’érosion des libertés publiques, au nom de la lutte contre le terrorisme et l’immigration, depuis au moins trois décennies, d’autre part, les dangers que revêtent de ce point de vue les innovations technologiques en matière de contrôle politique et l’imminence de l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national auquel les gouvernements précédents auront fourbi un arsenal répressif rendant superflues de nouvelles lois liberticides. Il n’est pas question, ici, de «bonnes» ou de «mauvaises» intentions de la part du chef de l’État, mais d’une logique de situation à laquelle il se prête et qu’il favorise sans nécessairement la comprendre. Macron n’est ni Poutine ni Modi. Mais il prépare l’avènement de leur clone hexagonal. Au mieux sa politique est celle de Viktor Orban : appliquer le programme de l’extrême droite pour éviter son accession au pouvoir. Sur fond d’évidement des partis de gouvernement, un «flibustier» – pour reprendre le qualificatif de Marx à propos du futur Napoléon III – s’est emparé du butin électoral à la faveur de la sortie de route de Nicolas Sarkozy, François Hollande, Alain Juppé, François Fillon, Manuel Valls. Il a cru «astucieux», pour continuer à citer Marx, de détruire «en même temps» la gauche et la droite pour s’installer dans le confort d’un face-à-face avec Marine Le Pen. Mais Emmanuel Macron n’a été élu et réélu que grâce au concours des voix de la gauche, soucieuse de conjurer la victoire du Rassemblement national. Son programme, libéral et pro-européen, n’a jamais correspondu aux préférences idéologiques que du quart du corps électoral, hormis même la part croissante des non-inscrits et des abstentionnistes qui sape la légitimité des institutions. Un président aveugle et méprisant Nonobstant cette évidence, Emmanuel Macron, ignorant de par son éducation et son itinéraire professionnel les réalités du pays profond, primo-élu à la magistrature suprême sans jamais avoir exercé le moindre mandat local ou national, a entendu faire prévaloir la combinaison schmittienne d’un «État fort» et d’une «économie saine» en promulguant ses réformes néolibérales par voie d’ordonnances, en court-circuitant les corps intermédiaires et ce qu’il nomme l’«État profond» de la fonction publique, en s’en remettant à des cabinets privés de conseil ou à des conseils a-constitutionnels tels que le Conseil de défense, en réduisant la France au statut de «start-up nation» et en la gérant comme un patron méprisant ses employés, «Gaulois réfractaires». Le résultat ne se fit pas attendre. Lui qui voulait apaiser la France provoqua le plus grave mouvement social depuis Mai 68, celui des Gilets jaunes dont le spectre continue de hanter la Macronie. La main sur le cœur, Emmanuel Macron assura, au début de la pandémie de Covid-19, avoir compris que tout ne pouvait être remis aux lois du marché. À plusieurs reprises, il promit avoir changé pour désamorcer l’indignation que provoquait sa morgue. De nouvelles petites phrases assassines prouvèrent aussitôt qu’il en était incapable. Il maintint son cap néolibéral et fit alliance avec Nicolas Sarkozy en 2022 pour imposer une réforme financière de la retraite en dépit de l’opposition persistante de l’opinion et de l’ensemble des forces syndicales, non sans faire fi de leurs contre-propositions. Face au nouveau mouvement social massif qui s’est ensuivi, Emmanuel Macron s’est enfermé dans le déni et le sarcasme. Il argue de la légitimité démocratique en répétant que la réforme figurait dans son programme et qu’elle a été adoptée selon une voie institutionnelle validée par le Conseil constitutionnel. Une réalité parallèle Sauf que: 1) Emmanuel Macron n’a été réélu que grâce aux voix de la gauche, hostile au report de l’âge de la retraite; 2) le peuple ne lui a pas donné de majorité parlementaire lors des législatives qui ont suivi le scrutin présidentiel; 3) le projet portait sur les «principes fondamentaux de la Sécurité sociale», lesquels relèvent de la loi ordinaire, et non d’une loi de «financement de la Sécurité sociale» (article 34 de la Constitution), cavalier législatif qui a rendu possible le recours à l’article 49.3 pour imposer le texte ; 4) le gouvernement s’est résigné à cette procédure parce qu’il ne disposait pas de majorité positive, mais de l’absence de majorité pour le renverser au terme d’une motion de censure ; 5) le Conseil constitutionnel est composé de personnalités politiques et de hauts fonctionnaires, non de juristes, et se préoccupe moins du respect de l’État de droit que de la stabilité du système comme l’avait déjà démontré son approbation des comptes frauduleux de la campagne électorale de Jacques Chirac, en 1995 ; 6) le détournement de la procédure parlementaire a suscité la désapprobation de nombre de constitutionnalistes et s’est accompagné du refus de toute négociation sociale. Comme en 2018, Emmanuel Macron répond à la colère populaire par la violence policière. Atteintes à la liberté constitutionnelle de manifester, utilisation de techniques conflictuelles de maintien de l’ordre, usage d’un armement de catégorie militaire qui cause des blessures irréversibles telles que des éborgnages ou des mutilations ont entraîné la condamnation de la France par les organisations de défense des droits de l’homme, le Conseil de l’Europe, la Cour européenne de justice, les Nations unies. Face à ces accusations, Emmanuel Macron s’enfonce dans une réalité parallèle et radicalise son discours politique. À peine réélu grâce aux voix de la gauche, dont celles de La France insoumise, il place celle-ci hors de l’«arc républicain» dont il s’arroge le monopole de la délimitation. Il voit la main de l’«ultragauche» dans la contestation de sa réforme. Il justifie les violences policières par la nécessité de lutter contre celles de certains manifestants. Sauf que, à nouveau : 1) le refus, récurrent depuis l’apport des suffrages de la gauche à Jacques Chirac en 2002 et le contournement parlementaire du non au référendum de 2005, de prendre en considération le vote des électeurs quand celui-ci déplaît ou provient d’une autre famille politique que la sienne discrédite la démocratie représentative, nourrit un abstentionnisme délétère et pousse à l’action directe pour faire valoir ses vues, non sans succès pour ce qui fut des Gilets jaunes et des jeunes émeutiers nationalistes corses auxquels il fut accordé ce qui avait été refusé aux syndicats et aux élus ; 2) le non-respect des décisions de justice par l’État lorsque des intérêts agro-industriels sont en jeu amène les écologistes à occuper les sites des projets litigieux, au risque d’affrontements ; 3) la stigmatisation d’une ultragauche dont l’importance reste à démontrer va de pair avec le silence du gouvernement à propos des voies de fait de l’ultra-droite identitariste et des agriculteurs productivistes qui multiplient les agressions contre les écologistes. «Ce n’est pas être un black bloc que de dénoncer les excès structurels de la police» Ce n’est pas être un «amish» et vouloir retourner «à la bougie» que de s’interroger sur la 5G ou sur l’inconsistance du gouvernement quand il défend à grand renfort de grenades les méga-bassines alors que se tarissent les nappes phréatiques du pays. Ce n’est pas être un black bloc que de dénoncer les excès structurels de la police. Ce n’est pas être un gauchiste que de diagnostiquer la surexploitation croissante des travailleurs au fil de la précarisation des emplois et au nom de logiques financières, de repérer le siphonnage du bien public au profit d’intérêts privés, ou de déplorer le «pognon de dingue» distribué aux entreprises et aux contribuables les plus riches. Point besoin non plus d’être grand clerc pour comprendre que la Macronie n’aime pas les pauvres. Elle n’a plus d’autre réponse que la criminalisation des protestations. Elle souhaite maintenant dissoudre la nébuleuse des Soulèvements de la terre que parrainent l’anthropologue Philippe Descola, le philosophe Baptiste Morizot, le romancier Alain Damasio ! Quand Gérald Darmanin entend le mot culture il sort son LBD. Dans cette fuite en avant, un pas décisif a été franchi lorsque le gouvernement s’en est pris à la Ligue des droits de l’homme. Ce faisant, la Macronie s’est de son propre chef placée en dehors de l’«arc républicain». Cette association, née, faut-il le rappeler, de l’affaire Dreyfus, est indissociable de l’idée républicaine. Seul le régime de Pétain avait osé l’attaquer. Sur la planète, ce sont bien les Poutine et les Orban, les Erdogan et les Modi, les Kaïs Saïed ou les Xi Jinping qui tiennent de tels propos. Oui, la France bascule. source : Le Temps envoyé par Dominique Delawarde https://reseauinternational.net/ou-va-la-france/
    Où va la France ?
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  • "À la tête de la France, un gouvernement autoritaire proche de l’extrême droite, selon un grand journal allemand
    «Aussi agressif que Le Pen».
    C’est le titre choisi par le grand hebdomadaire allemand Die Zeit, qui tire à 500.000 exemplaires par numéro, dans un portrait du ministre de l’Intérieur français Gérald Darmanin.
    Die Zeit est un journal modéré et libéral. Il dresse une description de la France aussi réaliste que cauchemardesque.
    Darmanin y est décrit comme l’architecte de l’escalade violente du gouvernement, et un ministre aussi à droite que Le Pen. Di Zeit écrit : «Macron n’est apparemment pas gêné par le fait que Darmanin ressemble désormais de plus en plus au Rassemblement national d’extrême droite».
    Le journal explique : «Le ministre français de l’Intérieur est responsable d’opérations policières agressives lors de manifestations. L’objectif de Gérald Darmanin : monter à l’Élysée en intransigeant […] Combien y aura-t-il encore de policiers et de manifestants blessés aujourd’hui ? C’est une question courante en France lors des nombreuses journées de protestation» avant de dresser le bilan de la répression en France, avec ses mutilations et ses arrestations de masse, difficilement imaginables en Allemagne.
    Die Zeit rappelle à ses lecteurs que la police française utilise «des grenades, des balles en caoutchouc et des gaz», et que des gendarmes ont tiré sur des écologistes depuis des quads. Surréaliste vu d’Allemagne.
    Die Zeit fait ce constat accablant : «désormais plus de la moitié des Français déclarent avoir peur des violences physiques lorsqu’ils sortent manifester» et ajoute : «un homme est responsable de cette escalade : le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin», qualifié d’homme «le plus radical d’Emmanuel Macron» qui n’a «qu’un objectif : succéder au président.»
    «Les militants écologistes sont qualifiés de ”terroristes” et les manifestants contre les réformes des retraites sont qualifiés de ”foule violente”», des lois anti-réfugiées sont programmées et la gauche traitée de «terroriste intellectuel». Une escalade verbale et répressive qui choque même au sein de la droite conservatrice. «En revanche, Darmanin ne dénonce pas Marine Le Pen» rappelle Die Zeit : «C’est elle, la nationaliste française qui a tant gagné en force lors de la récente élection présidentielle, qu’il a un jour qualifiée de “trop ​​molle”.»
    Die Zeit conclut : «l’extrême droite est la seule gagnante de la situation politique agressive en France.»
    Le journal allemand n’est pas le seul à constater que la France ressemble à un régime autoritaire d’extrême droite. La commissaire européenne aux droits de l’homme, Dunja Mijatović, a dénoncé la répression en France, un commissaire indépendant aux droits de l’homme auprès de l’ONU a appelé la police française à respecter leurs «règles déontologiques», la Maison Blanche a elle-même fait part de sa préoccupation. Et des ONG comme Amnesty International dénoncent régulièrement la militarisation et la brutalisation de la police française. Die Zeit rapporte d’ailleurs les menaces de Darmanin contre la Ligue des Droits de l’Homme, organisation «plus que centenaire et reconnue pour les droits fondamentaux».
    Il y a deux ans, Die Zeit qualifiait la France de Macron «d’Absurdistan autoritaire» à propos de la gestion délirante du Covid : «La gestion sanitaire de Macron est presque monarchique. Les décisions majeures concernant un confinement ou un couvre-feu sont prises dans un ‘conseil de défense’.»
    En 2021, le journal allemand Handelsblatt, un quotidien «économique» de centre-droit, estimait que le gouvernement Macron avait choisi de régner à l’extrême droite, décrivait la radicalisation de la police et s’alarmait de la situation française : «L’Allemagne doit désormais s’inquiéter […] Les Européens négligent l’orage qui menace la pointe ouest du continent : les extrémistes de droite sont plus près que jamais de prendre le pouvoir en France […] la situation politique de la France ressemble plus à la République de Weimar finissante qu’à la France moderne que l’on connaissait. Macron aurait pu, dans ce chaos, être la voix de la Raison. Aujourd’hui, rien ne suggère qu’il souhaite l’être. Demain, il sera peut-être trop tard.»
    Lorsque des centristes allemands font le parallèle entre la France actuelle et leur propre pays à la veille du nazisme, il y a effectivement de quoi s’inquiéter. Et agir."
    "À la tête de la France, un gouvernement autoritaire proche de l’extrême droite, selon un grand journal allemand «Aussi agressif que Le Pen». C’est le titre choisi par le grand hebdomadaire allemand Die Zeit, qui tire à 500.000 exemplaires par numéro, dans un portrait du ministre de l’Intérieur français Gérald Darmanin. Die Zeit est un journal modéré et libéral. Il dresse une description de la France aussi réaliste que cauchemardesque. Darmanin y est décrit comme l’architecte de l’escalade violente du gouvernement, et un ministre aussi à droite que Le Pen. Di Zeit écrit : «Macron n’est apparemment pas gêné par le fait que Darmanin ressemble désormais de plus en plus au Rassemblement national d’extrême droite». Le journal explique : «Le ministre français de l’Intérieur est responsable d’opérations policières agressives lors de manifestations. L’objectif de Gérald Darmanin : monter à l’Élysée en intransigeant […] Combien y aura-t-il encore de policiers et de manifestants blessés aujourd’hui ? C’est une question courante en France lors des nombreuses journées de protestation» avant de dresser le bilan de la répression en France, avec ses mutilations et ses arrestations de masse, difficilement imaginables en Allemagne. Die Zeit rappelle à ses lecteurs que la police française utilise «des grenades, des balles en caoutchouc et des gaz», et que des gendarmes ont tiré sur des écologistes depuis des quads. Surréaliste vu d’Allemagne. Die Zeit fait ce constat accablant : «désormais plus de la moitié des Français déclarent avoir peur des violences physiques lorsqu’ils sortent manifester» et ajoute : «un homme est responsable de cette escalade : le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin», qualifié d’homme «le plus radical d’Emmanuel Macron» qui n’a «qu’un objectif : succéder au président.» «Les militants écologistes sont qualifiés de ”terroristes” et les manifestants contre les réformes des retraites sont qualifiés de ”foule violente”», des lois anti-réfugiées sont programmées et la gauche traitée de «terroriste intellectuel». Une escalade verbale et répressive qui choque même au sein de la droite conservatrice. «En revanche, Darmanin ne dénonce pas Marine Le Pen» rappelle Die Zeit : «C’est elle, la nationaliste française qui a tant gagné en force lors de la récente élection présidentielle, qu’il a un jour qualifiée de “trop ​​molle”.» Die Zeit conclut : «l’extrême droite est la seule gagnante de la situation politique agressive en France.» Le journal allemand n’est pas le seul à constater que la France ressemble à un régime autoritaire d’extrême droite. La commissaire européenne aux droits de l’homme, Dunja Mijatović, a dénoncé la répression en France, un commissaire indépendant aux droits de l’homme auprès de l’ONU a appelé la police française à respecter leurs «règles déontologiques», la Maison Blanche a elle-même fait part de sa préoccupation. Et des ONG comme Amnesty International dénoncent régulièrement la militarisation et la brutalisation de la police française. Die Zeit rapporte d’ailleurs les menaces de Darmanin contre la Ligue des Droits de l’Homme, organisation «plus que centenaire et reconnue pour les droits fondamentaux». Il y a deux ans, Die Zeit qualifiait la France de Macron «d’Absurdistan autoritaire» à propos de la gestion délirante du Covid : «La gestion sanitaire de Macron est presque monarchique. Les décisions majeures concernant un confinement ou un couvre-feu sont prises dans un ‘conseil de défense’.» En 2021, le journal allemand Handelsblatt, un quotidien «économique» de centre-droit, estimait que le gouvernement Macron avait choisi de régner à l’extrême droite, décrivait la radicalisation de la police et s’alarmait de la situation française : «L’Allemagne doit désormais s’inquiéter […] Les Européens négligent l’orage qui menace la pointe ouest du continent : les extrémistes de droite sont plus près que jamais de prendre le pouvoir en France […] la situation politique de la France ressemble plus à la République de Weimar finissante qu’à la France moderne que l’on connaissait. Macron aurait pu, dans ce chaos, être la voix de la Raison. Aujourd’hui, rien ne suggère qu’il souhaite l’être. Demain, il sera peut-être trop tard.» Lorsque des centristes allemands font le parallèle entre la France actuelle et leur propre pays à la veille du nazisme, il y a effectivement de quoi s’inquiéter. Et agir."
    D'accord
    Beuark
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  • La secrétaire d'Etat va apparaître le 6 avril en couverture du Playboy version mook (mi-livre, mi-magazine), à qui elle a accordé une longue interview sur les droits des femmes. Une initiative critiquée par plusieurs responsables politiques.

    La secrétaire d'Etat chargée de l'Economie sociale et solidaire et de la Vie associative Marlène Schiappa a été photographiée «habillée», avec une «robe longue blanche», pour le numéro du mook de charme (mi-livre, mi-magazine) Playboy à paraître le 6 avril.

    Dans l'interview, réalisée il y a plusieurs semaines, l'ancienne secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité femmes/hommes évoque la liberté des femmes en Afghanistan, la défense du droit à l'IVG, les droits LGBT+ sur la scène internationale, mais aussi la politique et la littérature, précisent ses proches.


    Selon Le Parisien, qui a révélé l'information le 31 mars sur son site, «ce nouveau coup de com' fait grincer des dents au sein du gouvernement». Le journal cite ainsi un conseiller ministériel s'exclamant «Peu importe la tenue, c'est lunaire. Ce n'est pas possible !». Il craint, rapporte que le quotidien, que cette publication ne vienne parasiter la communication gouvernementale «en pleine crise sociale sur les retraites».

    Critiques au sein de la classe politique
    Sans surprise, l'initiative de Marlène Schiappa a suscité de vertes critiques de plusieurs responsables politiques.

    Le député communiste (PCF) Fabien Roussel note qu'«il ne suffit pas de s'abonner à Pif [gadgjet] pour connaître les intentions du gouvernement, il faut aussi s'abonner à Playboy...». Une référence à l'interview accordée par Emmanuel Macron à Pif magazine, dont l'entretien a été publié cette semaine.


    «Dans un pays où le président s'exprime dans Pif et sa ministre Schiappa dans Playboy le problème ce serait l'opposition. La France déraille», a commenté Jean-Luc Mélenchon.


    Selon l'eurodéputée insoumise (LFI) Manon Aubry, «cette Une Playboy est ridicule : 1) pour le féminisme [média qui véhicule les clichés sexistes] et 2) en concurrence avec Pif Gadget pour l'opération de diversion. Mais étrangement, on a pas entendu le choc des macronistes sur le détournement du fonds Marianne géré par Schiappa».

    Manon Aubry cible ici une enquête de Marianne et de «L'œil du 20 heures» de France 2 qui épingle la gestion de plusieurs millions d'euros d'un fonds lancé par Marlène Schiappa – alors ministre déléguée à la Citoyenneté – et dont l'objectif affiché était de «promouvoir les valeurs républicaines» six mois après l'assassinat de Samuel Paty.


    Pour la députée du Rassemblement national Hélène Laporte, «la polémique concernant la une de Playboy a un avantage : on ne parle plus de l’enquête au sujet des deux millions d’euros attribués par Marlène Schiappa à des associations censées combattre la radicalité et promouvoir les valeurs républicaines. Où sont les fonds, pour quels résultats ?»


    «A partir du moment où le président de la République donne une grande interview en pleine crise politique et sociale dans Pif gadget, je pense que les ministres se sentent libres de faire à peu près n'importe quoi», a réagi Marine Le pen.

    Le député Les Républicains Philippe Gosselin estime que «la ministre à la une du magazine érotique [est un] joli coup de com !». «Mon tweet en est la preuve ! Mais imagine-t-on Simone Veil faire la même chose… Grandit-on ainsi la politique ?», s'interroge-t-il.


    Très active sur les réseaux sociaux et abonnée aux plateaux télévisés, Marlène Schiappa a «toujours assumé de parler à tout le monde et d'avoir une communication disruptive», a ainsi justifié son entourage.

    RT France
    La secrétaire d'Etat va apparaître le 6 avril en couverture du Playboy version mook (mi-livre, mi-magazine), à qui elle a accordé une longue interview sur les droits des femmes. Une initiative critiquée par plusieurs responsables politiques. La secrétaire d'Etat chargée de l'Economie sociale et solidaire et de la Vie associative Marlène Schiappa a été photographiée «habillée», avec une «robe longue blanche», pour le numéro du mook de charme (mi-livre, mi-magazine) Playboy à paraître le 6 avril. Dans l'interview, réalisée il y a plusieurs semaines, l'ancienne secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité femmes/hommes évoque la liberté des femmes en Afghanistan, la défense du droit à l'IVG, les droits LGBT+ sur la scène internationale, mais aussi la politique et la littérature, précisent ses proches. Selon Le Parisien, qui a révélé l'information le 31 mars sur son site, «ce nouveau coup de com' fait grincer des dents au sein du gouvernement». Le journal cite ainsi un conseiller ministériel s'exclamant «Peu importe la tenue, c'est lunaire. Ce n'est pas possible !». Il craint, rapporte que le quotidien, que cette publication ne vienne parasiter la communication gouvernementale «en pleine crise sociale sur les retraites». Critiques au sein de la classe politique Sans surprise, l'initiative de Marlène Schiappa a suscité de vertes critiques de plusieurs responsables politiques. Le député communiste (PCF) Fabien Roussel note qu'«il ne suffit pas de s'abonner à Pif [gadgjet] pour connaître les intentions du gouvernement, il faut aussi s'abonner à Playboy...». Une référence à l'interview accordée par Emmanuel Macron à Pif magazine, dont l'entretien a été publié cette semaine. «Dans un pays où le président s'exprime dans Pif et sa ministre Schiappa dans Playboy le problème ce serait l'opposition. La France déraille», a commenté Jean-Luc Mélenchon. Selon l'eurodéputée insoumise (LFI) Manon Aubry, «cette Une Playboy est ridicule : 1) pour le féminisme [média qui véhicule les clichés sexistes] et 2) en concurrence avec Pif Gadget pour l'opération de diversion. Mais étrangement, on a pas entendu le choc des macronistes sur le détournement du fonds Marianne géré par Schiappa». Manon Aubry cible ici une enquête de Marianne et de «L'œil du 20 heures» de France 2 qui épingle la gestion de plusieurs millions d'euros d'un fonds lancé par Marlène Schiappa – alors ministre déléguée à la Citoyenneté – et dont l'objectif affiché était de «promouvoir les valeurs républicaines» six mois après l'assassinat de Samuel Paty. Pour la députée du Rassemblement national Hélène Laporte, «la polémique concernant la une de Playboy a un avantage : on ne parle plus de l’enquête au sujet des deux millions d’euros attribués par Marlène Schiappa à des associations censées combattre la radicalité et promouvoir les valeurs républicaines. Où sont les fonds, pour quels résultats ?» «A partir du moment où le président de la République donne une grande interview en pleine crise politique et sociale dans Pif gadget, je pense que les ministres se sentent libres de faire à peu près n'importe quoi», a réagi Marine Le pen. Le député Les Républicains Philippe Gosselin estime que «la ministre à la une du magazine érotique [est un] joli coup de com !». «Mon tweet en est la preuve ! Mais imagine-t-on Simone Veil faire la même chose… Grandit-on ainsi la politique ?», s'interroge-t-il. Très active sur les réseaux sociaux et abonnée aux plateaux télévisés, Marlène Schiappa a «toujours assumé de parler à tout le monde et d'avoir une communication disruptive», a ainsi justifié son entourage. RT France
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  • Article du Financial Times sur les manifs en France :

    La France est-elle sur la route d'une sixième République?
    Alors que la rage de la réforme des retraites déborde dans les rues, il est peut-être temps pour le pays de repenser sa présidence toute-puissante

    Les manifestants de la place de la République à Paris chantaient, étrangement, en italien: “Siamo tutti antifascisti,” — “ Nous sommes tous des antifascistes. ” En français, ils ont ciblé leur principal ennemi, le président: “ Nous sommes ici, même si Macron n'en veut pas. ”

    Les regardant étaient des rangs de policiers anti-émeute massifs qui, dans la tradition policière française, ne faisaient aucun effort pour se mêler à la foule et désamorcer les ennuis, mais au lieu de cela, j'attendais le moment de libérer leurs gaz lacrymogènes et leurs matraques. La foule l'attendait aussi. “ ACAB, ” ils ont scandé, l'abréviation anglaise de “ Tous les flics sont des bâtards ”. “A-ca-buh”, il est sorti en français.

    Puis quelqu'un a mis le feu à une poubelle — l'image Instagram parfaite — et d'autres manifestants ont commencé à la filmer. Ils savaient qu'ils prenaient leur place dans une tradition parisienne glamour, s'étendant de 1789 à 1944 et 1968. Enfin, la police a avancé et les gens ont commencé à jeter des bouteilles.

    La France était en ébullition avant même la décision unilatérale d'Emmanuel Macron la semaine dernière de relever l'âge minimum de la retraite générale de 62 à 64 ans, après qu'il n'ait pas pu le faire voter au Parlement. À Paris, après un hiver de grèves, le métro devient un concept théorique, tandis que les rats ramassent des tas de déchets non collectés. Le pic de Paris a sans doute été atteint samedi dernier, avec une démonstration pour les rats. “ NON, les rats ne sont pas responsables de tout ce qui ne va pas en France! ” a déclaré le groupe d'organisation, Paris Animaux Zoopolis.

    La colère française transcende les pensions et la neutralité de Macron. Il y a une rage généralisée et à long terme contre l'État et son incarnation, le président. Après 20 ans de vie ici, je me suis habitué à la présomption française que celui qui a élu président est un méchant débile, et que l'État, au lieu d'être leur émanation collective, est leur oppresseur. Mais le passage impopulaire de Macron à un âge de la retraite plus élevé sans vote augmente le risque que les Français suivent les Américains, les Britanniques et les Italiens et votent populiste: le président Marine Le Pen en 2027. Le vote d’extrême droite lors des seconds présidentiels a progressivement augmenté ce siècle, à 41% l’année dernière.

    La France ne peut pas continuer comme ça. Il est temps de mettre fin à la Ve République, avec sa présidence toute-puissante — la chose la plus proche du monde développé d'un dictateur élu — et d'inaugurer une sixième République moins autocratique. Macron pourrait bien être la personne pour le faire.

    La Ve République a été déclarée en 1958, au milieu du chaos de la guerre d'Algérie et des craintes d'un coup d'État militaire. La constitution a été écrite pour et en partie par Charles de Gaulle, le héros de guerre de 6 pieds 5 pouces, l'homme de providence “ dont le nom même faisait de lui l'incarnation de la France antique. Il a consenti à revenir en tant que leader si la France muselait les partis politiques et les parlementaires. ( Il n'aimait même pas son propre parti, le FPR, le Rassemblement du peuple français. )

    La constitution a donc créé un exécutif fort, bien qu'il ne soit pas centré sur le président. L'article 49.3 autorisait l'exécutif à outrepasser le Parlement et à adopter des lois sans vote. Déclencher le 49.3 permet aux partis d'opposition de déposer une requête en censure. Si la motion échoue, la loi est considérée comme adoptée. La manœuvre des pensions était la 11e fois qu’Élisabeth Borne, la première ministre de Macron, invoquait 49,3 en 10 mois au pouvoir.

    Dans la constitution de 1958, le président était encore un chiffre relativement modeste, élu par environ 80 000 fonctionnaires. Mais en 1962, de Gaulle renforce le statut du président: il sera élu au suffrage universel. Comme de Gaulle l'a expliqué plus tard: “ L'autorité indivisible de l'État est entièrement confiée au président. ”

    La philosophie de gouvernement de la Ve République est devenue une sorte de domination franco-confucéenne par les garçons les plus intelligents de la classe, arrachés à tous les rangs de la population. Le père du Premier ministre Pierre Mendès France a vendu des vêtements pour femmes abordables, le président Georges Pompidou était un instituteur de petite ville et le président François Mitterrand est le chef de gare d'Angoulême. En règle générale, lors des sommets du G7, le leader ayant le QI le plus élevé et l'arrière-pays le plus large au-delà de la politique est le président français.

    Les technocrates de la république ont progressivement étendu leur bref aux villages les plus isolés. Presque tout ce qui s'est déplacé dans le plus grand pays d'Europe occidentale a été administré à quelques kilomètres carrés de Paris. Les différentes vagues de “ décentralisation ” depuis 1982 ne sont jamais arrivées. La croyance directrice des technocrates parisiens, dit l'écrivain libéral Gaspard Koenig, est “ étatisme ”, l'étatisme. Il note qu'ils sont généralement décrits comme des “ serviteurs de l'État ”, plutôt que du peuple.

    L'accord est devenu que les Français remettraient une grande partie de leurs revenus à l'État et navigueraient dans une bureaucratie souvent cauchemardesque, en échange d'une éducation gratuite, des soins de santé, les pensions et souvent même les vacances subventionnées.

    Dans les années 1990, le système fonctionnait plus ou moins. La France a connu son “Trente Glorieuses” — 30 années glorieuses de croissance économique, de 1945 à 1975. Il a construit les trains les plus rapides d'Europe, les TGV; co-créé l'avion de passagers le plus rapide au monde, Concorde; il a ensuite inventé le proto-internet, Minitel, que les Français avaient l'habitude de réserver des courts de tennis et de faire l'amour avec le téléphone; cela a poussé l'Allemagne à créer l'euro; et est devenu un acteur indépendant dans les affaires mondiales. La présidence toute-puissante a renforcé la position internationale de la France: l’administration a parlé d’une seule voix, et les dirigeants étrangers ont toujours su quel numéro français appeler.

    Le moment où la Ve République perdu son éclat était peut-être le choc pétrolier de 1973, depuis que l'économie a principalement stagné. Ou peut-être était-ce le 21 avril 2002, lorsque le leader d'extrême droite Jean-Marie Le Pen a atteint le second tour des élections présidentielles. Il a perdu contre Jacques Chirac, mais à partir de là, stimulé par l'inquiétude des Français à l'égard de l'immigration et du chômage, il y avait une menace crédible pour la république.

    Le désenchantement envers le président a montré des notes d'approbation. Mitterrand ( président de 1981 à 1995 ) et Chirac ( 1995-2007 ) avaient généralement des notes comprises entre 40 et 60%, selon les sondeurs Kantar Sofres. Mais les trois derniers présidents, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Macron, ont généralement varié entre 20 et 40. La note de Hollande dans un sondage a atteint 4% ( pas une faute de frappe ). Ces chiffres de l’époque post-héroïque étaient trop petits pour le travail de de Gaulle. Peu d'électeurs s'attendent maintenant à ce que le prochain président soit le sauveur national. Bien que Marine Le Pen puisse devenir présidente, elle aussi a perdu sa magie après des années de scandales. Il est difficile de lui attacher des fantasmes aujourd'hui.

    Mais les technocrates ont aussi l'air ternis, d'autant plus qu'ils se sont figés dans une caste auto-entretenue. La classe dirigeante d'aujourd'hui est composée de manière disproportionnée de fils blancs de la haute bourgeoisie propriétaire d'un livre, qui ont voyagé ensemble de l'école maternelle parisienne de la rive gauche à la rive gauche école préparatoire, où ils se sont entassés pour les examens du grandes écoles, avant d'acquérir leur propre appartement à gauche. S'ils ne venaient pas de Paris, ils s'y sont généralement installés à l'adolescence, comme Hollande, le fils d'un riche médecin normand, ou Macron, le fils d'un neurologue de Picardie.

    C’est comme le sociologue Pierre Bourdieu, fils d’un facteur du sud-ouest, l’avait averti des décennies plus tôt: l’élite française se reproduisait. ( Et personne ne maîtrisait mieux l'auto-reproduction d'élite que Bourdieu lui-même: ses trois fils le suivaient au plus intellectuel grande école, l'École Normale Supérieure de la Rive Gauche, qui forme des spécialistes des sciences sociales. )

    Les technocrates français passent leur vie professionnelle dans quelques arrondissements à l'intérieur du Périphérique, le périphérique qui entoure la cour parisienne comme un fossé. Ils traitent le reste de la France presque comme une colonie, habitée par des paysans malodorants qui n'ont pas réussi à absorber la culture parisienne qui leur avait été enseignée à l'école, et qui votent à l'extrême droite ou à l'extrême gauche.

    Les faits fondamentaux de la vie en dehors de Paris échappent à de nombreux décideurs. Jean-Pierre Jouyet, École Nationale d ’ Administration ( ENA ) camarade de classe et bras droit de Hollande, s'est rendu compte que de grandes étendues de la campagne n'avaient pas d'Internet haut débit uniquement parce qu'il a souffert de l'expérience dans sa résidence secondaire ( ses parents ’ maison ancienne ) en Normandie. Il n'a jamais réussi à alerter Hollande. “ Pour ma défense, ” note-t-il dans ses mémoires L’Envers du décor, “ personne au gouvernement n'était intéressé par le sujet. ” Lorsque Macron a décidé d'ajouter quelques centimes à la taxe sur les carburants en 2018, il ne savait pas que cela déclencherait un soulèvement national de plusieurs mois par le gilets jaunes, les gilets jaunes “ ”, parce que lui et les technocrates qui l'entouraient n'avaient pas compris à quel point les gens au-delà du Périphérique comptaient sur leurs voitures.

    En 60 ans, le président français est passé de ‘ homme de providence ’ à ‘ pas le diable ’

    Quand les choses tournent mal, les Français blâment les technocrates — et surtout le président, qui décide sans les consulter. La vie des gens ordinaires se sent déterminée, jusqu'au jour où ils peuvent prendre leur retraite, par une prétendue méritocratie parisienne dont ils ont été exclus à la naissance. Les trois quarts des personnes qui s'identifient comme appartenant à des classes populaires “ ” se disent l'objet de mépris social et de manque de reconnaissance, rapporte Luc Rouban, expert en politique à Sciences Po, une université élite parisienne. Ceci est particulièrement exaspérant, compte tenu de la promesse du pays, proclamée des façades de chaque bureau de poste et école primaire: “Liberté, égalité, fraternité”. La France n'est ni le Royaume-Uni ni les États-Unis, où le pouvoir de la classe sociale ou de l'argent est franc.

    Alors que la population française défie les technocrates, les technocrates défient la population, diagnostique Chantal Jouanno, qui vient de servir cinq ans à la tête de la Commission nationale du débat public. Les décideurs français “ ” décrivent souvent la société comme “ conflictuelle, incontrôlable, irréformable ”, a-t-elle déclaré au Monde. Peut-être pensait-elle au jibe de Macron sur les “ Gaulois réfractaires ”. Mercredi, il a déploré “ Nous n'avons pas réussi à partager. . . la nécessité de procéder à cette réforme, ” comme si le problème était l’incapacité du public à comprendre la réalité.

    Depuis que Macron est devenu président en 2017, la colère populaire l'a ciblé. Il a été dit du président américain George HW Bush qu'il rappelait à chaque femme son premier mari. Macron rappelle à chaque Français son patron: un connaisseur instruit qui méprise son personnel. Il comprenait que Hollande manquait de grandeur présidentielle et se présentait comme “ Jupiterian ”; mais la plupart des électeurs viennent de voir un petit ex-banquier sauté se déguiser en roi. Même beaucoup de ceux qui ont voté pour lui ne l'ont jamais aimé, ni ont estimé qu'ils approuvaient sa plate-forme, avec sa promesse de relever l'âge de la retraite. Lors des seconds de 2017 et 2022, l'autre choix était Marine Le Pen. Le président français est passé en 60 ans de “ homme de providence ” à “ pas diable ”.

    Le bref emploi de Macron à Rothschild a inévitablement généré des théories du complot antisémite parmi les personnes qui confondent la banque d'investissement parisienne d'aujourd'hui avec le géant de l'Europe du XIXe siècle. Un jibe commun est que Macron est “ néolibéral ” ou pire, “ ultralibéral ”: occupé à démanteler le filet de sécurité sociale français au profit des forces louches du capital mondial.

    L'accusation est ridicule: la France reste à peu près l'endroit le moins néolibéral de la Terre. Les dépenses publiques en 2021 représentaient 59% du PIB, le plus élevé de l'OCDE, le club des pays riches. La peur pérenne des Français de perdre des droits — surtout, leurs retraites de 25 ans — trahissent la qualité de leur vie. À la baisse, les gens paient tellement à l'État que beaucoup manquent d'argent à la fin proverbiale “ du mois ”. Le revenu médian net français — € 22 732 en 2021 — est inférieur à celui des pays d'Europe du Nord que la France aime voir comme ses pairs.

    Surtout après le gilets jaunes, Macron a tenté de restreindre les privilèges de l'élite. Sarkozy et son ancien Premier ministre François Fillon ont tous deux été condamnés pour corruption, bien que ni l'un ni l'autre ne soit encore allé en prison et les deux font appel. Une nouvelle sobriété a été imposée au Parlement: il est révolu le temps où les députés prenaient de jolis stagiaires pour des déjeuners alimentés par Château Lafite sur des dépenses non réglementées.

    Les ministres de Macron ont été retirés des dossiers où ils ont des conflits d'intérêts —, ce qui a mis en évidence le nombre considérable de ces conflits au sein de la petite caste dirigeante parisienne: Marlène Schiappa, ministre d'État à l'économie sociale, a dû remettre une grande partie de son portefeuille après avoir secoué le patron d'un grand fournisseur d'assurance maladie mutuelle. La ministre de la transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, ne peut pas toucher aux questions concernant la compagnie pétrolière Perenco, que son père dirigeait, ni traiter avec la société d'énergie Engie, où son ex-mari est directeur principal. Et Jean-Noël Barrot, ministre délégué à l'économie numérique, ne peut pas gérer les affaires impliquant Uber, où sa sœur est chef des communications.

    Ces concessions n’ont pas apaisé la population. La fusion du fléau français du chômage de longue date non plus. Il est maintenant à 7,2%, son plus bas depuis 2008, sans que Macron ne soit remercié. Telle est la colère de traverser le nouvel âge de la retraite sans vote qu'il pourrait avoir du mal à adopter des lois ces quatre prochaines années, à moins qu'il n'ose recourir à nouveau à les faire passer sans vote.

    Les fruits de la Ve République ne sont pas si mal. Mais le système lui-même est devenu obsolète, explique Catherine Fieschi, fondatrice du groupe de réflexion Counterpoint. La nature autocratique de l'État aide à expliquer pourquoi les Français sont si en colère malgré leur vie relativement bien. Vous pourriez décrire le fonctionnement de la république sans mentionner le parlement presque hors de propos. La France compte aujourd'hui trois branches de gouvernement: la présidence, le pouvoir judiciaire et la rue. Si le président décide de faire quelque chose, seule la rue peut l'arrêter — en arrêtant le pays par des protestations et des grèves. Street et le président cherchent rarement un compromis. On gagne, on perd.

    Historiquement, les syndicats contrôlent la rue. Mais comme ils perdent eux aussi leur pertinence — Macron les a à peine consultés sur les pensions — la rue est devenue de plus en plus violente et non dirigée, de la part des sans-le-le-le-le-le-le-chef gilets jaunes aux poubelles brûlantes d'aujourd'hui. Ma fille lycée est bloqué par intermittence par des élèves agitant des bannières avec des slogans tels que “ Against Capital ”. Dans une école voisine, un groupe d'élèves et d'enseignants conspirent pour transformer leur propre blocus en une occupation d'une semaine, une soirée pyjama avec des activités amusantes, notamment la conception de bannières et la repeinture de bâtiments. L'ami de ma fille prévoit de participer jusqu'à samedi: “ Ensuite, je prendrai mon week-end. ”

    Ce n'est pas un moyen de diriger un pays. Lors des élections présidentielles de l’année dernière, le candidat d’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon a fait campagne sur la promesse d’une “ Sixième République ”. Il voulait une nouvelle constitution qui a réduit les pouvoirs du président monarque “ ”.

    Mais la personne la mieux placée pour inaugurer la Sixième République est Macron lui-même. C'est un politicien qui chasse le gros gibier, note Fieschi. Il a déjà tenté de charmer Donald Trump et Vladimir Poutine, et de refaire le marché du travail français, la défense européenne et l'UE. Ses projets fondent généralement, mais au moins il vise haut. Une sixième République est une idée à l'échelle macronienne. Cela pourrait être son héritage, suggère Fieschi. Cela pourrait bien remettre le train français sur les rails.

    Lundi, son parti, actuellement appelé Renaissance, a envoyé un courriel aux membres en tête d'affiche, “ Sur la réforme des institutions ”. Les députés ont été invités à donner leur avis sur les élections au Parlement, l'utilisation ou non des référendums et des pouvoirs locaux. Il y avait une question ouverte: “ En quelques mots, sur quel sujet ( s ) pensez-vous qu'il serait utile d'organiser une convention citoyenne? ”

    C’est une force de la France qu’elle peut se mettre à jour en révisant sa constitution — comme elle l’a fait 24 fois en Ve République. À quoi pourrait ressembler une sixième République, ou du moins une cinquième réformée? Koenig recommande de mettre fin à l'innovation de Gaulle d'un président élu. Cela dégonflerait le rôle et renforcerait le statut du Parlement. Koenig privilégie également la dévolution des pouvoirs aux 35 000 Français communes: en effet, les autorités locales. Les enquêtes montrent à plusieurs reprises que les Français ont beaucoup plus de confiance dans leurs représentants locaux que dans les représentants nationaux.

    Koenig a fait une course symbolique pour le président l'année dernière sur une plate-forme libérale d'une présidence réduite. En voyageant à travers le pays, il était enthousiasmé: de nombreux Français vivent dans de beaux endroits, à proximité des montagnes ou des plages ou des prairies de moutons. Ils sont raisonnablement aisés, mangent bien et ont le temps de développer des passions en dehors du travail.

    Ils pourraient fonctionner encore mieux sans qu'un gars à Paris ne gère leur vie.

    https://www.ft.com/content/b78f2a89-1062-4423-a4ba-fb4cdc56c683
    Article du Financial Times sur les manifs en France : La France est-elle sur la route d'une sixième République? Alors que la rage de la réforme des retraites déborde dans les rues, il est peut-être temps pour le pays de repenser sa présidence toute-puissante Les manifestants de la place de la République à Paris chantaient, étrangement, en italien: “Siamo tutti antifascisti,” — “ Nous sommes tous des antifascistes. ” En français, ils ont ciblé leur principal ennemi, le président: “ Nous sommes ici, même si Macron n'en veut pas. ” Les regardant étaient des rangs de policiers anti-émeute massifs qui, dans la tradition policière française, ne faisaient aucun effort pour se mêler à la foule et désamorcer les ennuis, mais au lieu de cela, j'attendais le moment de libérer leurs gaz lacrymogènes et leurs matraques. La foule l'attendait aussi. “ ACAB, ” ils ont scandé, l'abréviation anglaise de “ Tous les flics sont des bâtards ”. “A-ca-buh”, il est sorti en français. Puis quelqu'un a mis le feu à une poubelle — l'image Instagram parfaite — et d'autres manifestants ont commencé à la filmer. Ils savaient qu'ils prenaient leur place dans une tradition parisienne glamour, s'étendant de 1789 à 1944 et 1968. Enfin, la police a avancé et les gens ont commencé à jeter des bouteilles. La France était en ébullition avant même la décision unilatérale d'Emmanuel Macron la semaine dernière de relever l'âge minimum de la retraite générale de 62 à 64 ans, après qu'il n'ait pas pu le faire voter au Parlement. À Paris, après un hiver de grèves, le métro devient un concept théorique, tandis que les rats ramassent des tas de déchets non collectés. Le pic de Paris a sans doute été atteint samedi dernier, avec une démonstration pour les rats. “ NON, les rats ne sont pas responsables de tout ce qui ne va pas en France! ” a déclaré le groupe d'organisation, Paris Animaux Zoopolis. La colère française transcende les pensions et la neutralité de Macron. Il y a une rage généralisée et à long terme contre l'État et son incarnation, le président. Après 20 ans de vie ici, je me suis habitué à la présomption française que celui qui a élu président est un méchant débile, et que l'État, au lieu d'être leur émanation collective, est leur oppresseur. Mais le passage impopulaire de Macron à un âge de la retraite plus élevé sans vote augmente le risque que les Français suivent les Américains, les Britanniques et les Italiens et votent populiste: le président Marine Le Pen en 2027. Le vote d’extrême droite lors des seconds présidentiels a progressivement augmenté ce siècle, à 41% l’année dernière. La France ne peut pas continuer comme ça. Il est temps de mettre fin à la Ve République, avec sa présidence toute-puissante — la chose la plus proche du monde développé d'un dictateur élu — et d'inaugurer une sixième République moins autocratique. Macron pourrait bien être la personne pour le faire. La Ve République a été déclarée en 1958, au milieu du chaos de la guerre d'Algérie et des craintes d'un coup d'État militaire. La constitution a été écrite pour et en partie par Charles de Gaulle, le héros de guerre de 6 pieds 5 pouces, l'homme de providence “ dont le nom même faisait de lui l'incarnation de la France antique. Il a consenti à revenir en tant que leader si la France muselait les partis politiques et les parlementaires. ( Il n'aimait même pas son propre parti, le FPR, le Rassemblement du peuple français. ) La constitution a donc créé un exécutif fort, bien qu'il ne soit pas centré sur le président. L'article 49.3 autorisait l'exécutif à outrepasser le Parlement et à adopter des lois sans vote. Déclencher le 49.3 permet aux partis d'opposition de déposer une requête en censure. Si la motion échoue, la loi est considérée comme adoptée. La manœuvre des pensions était la 11e fois qu’Élisabeth Borne, la première ministre de Macron, invoquait 49,3 en 10 mois au pouvoir. Dans la constitution de 1958, le président était encore un chiffre relativement modeste, élu par environ 80 000 fonctionnaires. Mais en 1962, de Gaulle renforce le statut du président: il sera élu au suffrage universel. Comme de Gaulle l'a expliqué plus tard: “ L'autorité indivisible de l'État est entièrement confiée au président. ” La philosophie de gouvernement de la Ve République est devenue une sorte de domination franco-confucéenne par les garçons les plus intelligents de la classe, arrachés à tous les rangs de la population. Le père du Premier ministre Pierre Mendès France a vendu des vêtements pour femmes abordables, le président Georges Pompidou était un instituteur de petite ville et le président François Mitterrand est le chef de gare d'Angoulême. En règle générale, lors des sommets du G7, le leader ayant le QI le plus élevé et l'arrière-pays le plus large au-delà de la politique est le président français. Les technocrates de la république ont progressivement étendu leur bref aux villages les plus isolés. Presque tout ce qui s'est déplacé dans le plus grand pays d'Europe occidentale a été administré à quelques kilomètres carrés de Paris. Les différentes vagues de “ décentralisation ” depuis 1982 ne sont jamais arrivées. La croyance directrice des technocrates parisiens, dit l'écrivain libéral Gaspard Koenig, est “ étatisme ”, l'étatisme. Il note qu'ils sont généralement décrits comme des “ serviteurs de l'État ”, plutôt que du peuple. L'accord est devenu que les Français remettraient une grande partie de leurs revenus à l'État et navigueraient dans une bureaucratie souvent cauchemardesque, en échange d'une éducation gratuite, des soins de santé, les pensions et souvent même les vacances subventionnées. Dans les années 1990, le système fonctionnait plus ou moins. La France a connu son “Trente Glorieuses” — 30 années glorieuses de croissance économique, de 1945 à 1975. Il a construit les trains les plus rapides d'Europe, les TGV; co-créé l'avion de passagers le plus rapide au monde, Concorde; il a ensuite inventé le proto-internet, Minitel, que les Français avaient l'habitude de réserver des courts de tennis et de faire l'amour avec le téléphone; cela a poussé l'Allemagne à créer l'euro; et est devenu un acteur indépendant dans les affaires mondiales. La présidence toute-puissante a renforcé la position internationale de la France: l’administration a parlé d’une seule voix, et les dirigeants étrangers ont toujours su quel numéro français appeler. Le moment où la Ve République perdu son éclat était peut-être le choc pétrolier de 1973, depuis que l'économie a principalement stagné. Ou peut-être était-ce le 21 avril 2002, lorsque le leader d'extrême droite Jean-Marie Le Pen a atteint le second tour des élections présidentielles. Il a perdu contre Jacques Chirac, mais à partir de là, stimulé par l'inquiétude des Français à l'égard de l'immigration et du chômage, il y avait une menace crédible pour la république. Le désenchantement envers le président a montré des notes d'approbation. Mitterrand ( président de 1981 à 1995 ) et Chirac ( 1995-2007 ) avaient généralement des notes comprises entre 40 et 60%, selon les sondeurs Kantar Sofres. Mais les trois derniers présidents, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Macron, ont généralement varié entre 20 et 40. La note de Hollande dans un sondage a atteint 4% ( pas une faute de frappe ). Ces chiffres de l’époque post-héroïque étaient trop petits pour le travail de de Gaulle. Peu d'électeurs s'attendent maintenant à ce que le prochain président soit le sauveur national. Bien que Marine Le Pen puisse devenir présidente, elle aussi a perdu sa magie après des années de scandales. Il est difficile de lui attacher des fantasmes aujourd'hui. Mais les technocrates ont aussi l'air ternis, d'autant plus qu'ils se sont figés dans une caste auto-entretenue. La classe dirigeante d'aujourd'hui est composée de manière disproportionnée de fils blancs de la haute bourgeoisie propriétaire d'un livre, qui ont voyagé ensemble de l'école maternelle parisienne de la rive gauche à la rive gauche école préparatoire, où ils se sont entassés pour les examens du grandes écoles, avant d'acquérir leur propre appartement à gauche. S'ils ne venaient pas de Paris, ils s'y sont généralement installés à l'adolescence, comme Hollande, le fils d'un riche médecin normand, ou Macron, le fils d'un neurologue de Picardie. C’est comme le sociologue Pierre Bourdieu, fils d’un facteur du sud-ouest, l’avait averti des décennies plus tôt: l’élite française se reproduisait. ( Et personne ne maîtrisait mieux l'auto-reproduction d'élite que Bourdieu lui-même: ses trois fils le suivaient au plus intellectuel grande école, l'École Normale Supérieure de la Rive Gauche, qui forme des spécialistes des sciences sociales. ) Les technocrates français passent leur vie professionnelle dans quelques arrondissements à l'intérieur du Périphérique, le périphérique qui entoure la cour parisienne comme un fossé. Ils traitent le reste de la France presque comme une colonie, habitée par des paysans malodorants qui n'ont pas réussi à absorber la culture parisienne qui leur avait été enseignée à l'école, et qui votent à l'extrême droite ou à l'extrême gauche. Les faits fondamentaux de la vie en dehors de Paris échappent à de nombreux décideurs. Jean-Pierre Jouyet, École Nationale d ’ Administration ( ENA ) camarade de classe et bras droit de Hollande, s'est rendu compte que de grandes étendues de la campagne n'avaient pas d'Internet haut débit uniquement parce qu'il a souffert de l'expérience dans sa résidence secondaire ( ses parents ’ maison ancienne ) en Normandie. Il n'a jamais réussi à alerter Hollande. “ Pour ma défense, ” note-t-il dans ses mémoires L’Envers du décor, “ personne au gouvernement n'était intéressé par le sujet. ” Lorsque Macron a décidé d'ajouter quelques centimes à la taxe sur les carburants en 2018, il ne savait pas que cela déclencherait un soulèvement national de plusieurs mois par le gilets jaunes, les gilets jaunes “ ”, parce que lui et les technocrates qui l'entouraient n'avaient pas compris à quel point les gens au-delà du Périphérique comptaient sur leurs voitures. En 60 ans, le président français est passé de ‘ homme de providence ’ à ‘ pas le diable ’ Quand les choses tournent mal, les Français blâment les technocrates — et surtout le président, qui décide sans les consulter. La vie des gens ordinaires se sent déterminée, jusqu'au jour où ils peuvent prendre leur retraite, par une prétendue méritocratie parisienne dont ils ont été exclus à la naissance. Les trois quarts des personnes qui s'identifient comme appartenant à des classes populaires “ ” se disent l'objet de mépris social et de manque de reconnaissance, rapporte Luc Rouban, expert en politique à Sciences Po, une université élite parisienne. Ceci est particulièrement exaspérant, compte tenu de la promesse du pays, proclamée des façades de chaque bureau de poste et école primaire: “Liberté, égalité, fraternité”. La France n'est ni le Royaume-Uni ni les États-Unis, où le pouvoir de la classe sociale ou de l'argent est franc. Alors que la population française défie les technocrates, les technocrates défient la population, diagnostique Chantal Jouanno, qui vient de servir cinq ans à la tête de la Commission nationale du débat public. Les décideurs français “ ” décrivent souvent la société comme “ conflictuelle, incontrôlable, irréformable ”, a-t-elle déclaré au Monde. Peut-être pensait-elle au jibe de Macron sur les “ Gaulois réfractaires ”. Mercredi, il a déploré “ Nous n'avons pas réussi à partager. . . la nécessité de procéder à cette réforme, ” comme si le problème était l’incapacité du public à comprendre la réalité. Depuis que Macron est devenu président en 2017, la colère populaire l'a ciblé. Il a été dit du président américain George HW Bush qu'il rappelait à chaque femme son premier mari. Macron rappelle à chaque Français son patron: un connaisseur instruit qui méprise son personnel. Il comprenait que Hollande manquait de grandeur présidentielle et se présentait comme “ Jupiterian ”; mais la plupart des électeurs viennent de voir un petit ex-banquier sauté se déguiser en roi. Même beaucoup de ceux qui ont voté pour lui ne l'ont jamais aimé, ni ont estimé qu'ils approuvaient sa plate-forme, avec sa promesse de relever l'âge de la retraite. Lors des seconds de 2017 et 2022, l'autre choix était Marine Le Pen. Le président français est passé en 60 ans de “ homme de providence ” à “ pas diable ”. Le bref emploi de Macron à Rothschild a inévitablement généré des théories du complot antisémite parmi les personnes qui confondent la banque d'investissement parisienne d'aujourd'hui avec le géant de l'Europe du XIXe siècle. Un jibe commun est que Macron est “ néolibéral ” ou pire, “ ultralibéral ”: occupé à démanteler le filet de sécurité sociale français au profit des forces louches du capital mondial. L'accusation est ridicule: la France reste à peu près l'endroit le moins néolibéral de la Terre. Les dépenses publiques en 2021 représentaient 59% du PIB, le plus élevé de l'OCDE, le club des pays riches. La peur pérenne des Français de perdre des droits — surtout, leurs retraites de 25 ans — trahissent la qualité de leur vie. À la baisse, les gens paient tellement à l'État que beaucoup manquent d'argent à la fin proverbiale “ du mois ”. Le revenu médian net français — € 22 732 en 2021 — est inférieur à celui des pays d'Europe du Nord que la France aime voir comme ses pairs. Surtout après le gilets jaunes, Macron a tenté de restreindre les privilèges de l'élite. Sarkozy et son ancien Premier ministre François Fillon ont tous deux été condamnés pour corruption, bien que ni l'un ni l'autre ne soit encore allé en prison et les deux font appel. Une nouvelle sobriété a été imposée au Parlement: il est révolu le temps où les députés prenaient de jolis stagiaires pour des déjeuners alimentés par Château Lafite sur des dépenses non réglementées. Les ministres de Macron ont été retirés des dossiers où ils ont des conflits d'intérêts —, ce qui a mis en évidence le nombre considérable de ces conflits au sein de la petite caste dirigeante parisienne: Marlène Schiappa, ministre d'État à l'économie sociale, a dû remettre une grande partie de son portefeuille après avoir secoué le patron d'un grand fournisseur d'assurance maladie mutuelle. La ministre de la transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, ne peut pas toucher aux questions concernant la compagnie pétrolière Perenco, que son père dirigeait, ni traiter avec la société d'énergie Engie, où son ex-mari est directeur principal. Et Jean-Noël Barrot, ministre délégué à l'économie numérique, ne peut pas gérer les affaires impliquant Uber, où sa sœur est chef des communications. Ces concessions n’ont pas apaisé la population. La fusion du fléau français du chômage de longue date non plus. Il est maintenant à 7,2%, son plus bas depuis 2008, sans que Macron ne soit remercié. Telle est la colère de traverser le nouvel âge de la retraite sans vote qu'il pourrait avoir du mal à adopter des lois ces quatre prochaines années, à moins qu'il n'ose recourir à nouveau à les faire passer sans vote. Les fruits de la Ve République ne sont pas si mal. Mais le système lui-même est devenu obsolète, explique Catherine Fieschi, fondatrice du groupe de réflexion Counterpoint. La nature autocratique de l'État aide à expliquer pourquoi les Français sont si en colère malgré leur vie relativement bien. Vous pourriez décrire le fonctionnement de la république sans mentionner le parlement presque hors de propos. La France compte aujourd'hui trois branches de gouvernement: la présidence, le pouvoir judiciaire et la rue. Si le président décide de faire quelque chose, seule la rue peut l'arrêter — en arrêtant le pays par des protestations et des grèves. Street et le président cherchent rarement un compromis. On gagne, on perd. Historiquement, les syndicats contrôlent la rue. Mais comme ils perdent eux aussi leur pertinence — Macron les a à peine consultés sur les pensions — la rue est devenue de plus en plus violente et non dirigée, de la part des sans-le-le-le-le-le-le-chef gilets jaunes aux poubelles brûlantes d'aujourd'hui. Ma fille lycée est bloqué par intermittence par des élèves agitant des bannières avec des slogans tels que “ Against Capital ”. Dans une école voisine, un groupe d'élèves et d'enseignants conspirent pour transformer leur propre blocus en une occupation d'une semaine, une soirée pyjama avec des activités amusantes, notamment la conception de bannières et la repeinture de bâtiments. L'ami de ma fille prévoit de participer jusqu'à samedi: “ Ensuite, je prendrai mon week-end. ” Ce n'est pas un moyen de diriger un pays. Lors des élections présidentielles de l’année dernière, le candidat d’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon a fait campagne sur la promesse d’une “ Sixième République ”. Il voulait une nouvelle constitution qui a réduit les pouvoirs du président monarque “ ”. Mais la personne la mieux placée pour inaugurer la Sixième République est Macron lui-même. C'est un politicien qui chasse le gros gibier, note Fieschi. Il a déjà tenté de charmer Donald Trump et Vladimir Poutine, et de refaire le marché du travail français, la défense européenne et l'UE. Ses projets fondent généralement, mais au moins il vise haut. Une sixième République est une idée à l'échelle macronienne. Cela pourrait être son héritage, suggère Fieschi. Cela pourrait bien remettre le train français sur les rails. Lundi, son parti, actuellement appelé Renaissance, a envoyé un courriel aux membres en tête d'affiche, “ Sur la réforme des institutions ”. Les députés ont été invités à donner leur avis sur les élections au Parlement, l'utilisation ou non des référendums et des pouvoirs locaux. Il y avait une question ouverte: “ En quelques mots, sur quel sujet ( s ) pensez-vous qu'il serait utile d'organiser une convention citoyenne? ” C’est une force de la France qu’elle peut se mettre à jour en révisant sa constitution — comme elle l’a fait 24 fois en Ve République. À quoi pourrait ressembler une sixième République, ou du moins une cinquième réformée? Koenig recommande de mettre fin à l'innovation de Gaulle d'un président élu. Cela dégonflerait le rôle et renforcerait le statut du Parlement. Koenig privilégie également la dévolution des pouvoirs aux 35 000 Français communes: en effet, les autorités locales. Les enquêtes montrent à plusieurs reprises que les Français ont beaucoup plus de confiance dans leurs représentants locaux que dans les représentants nationaux. Koenig a fait une course symbolique pour le président l'année dernière sur une plate-forme libérale d'une présidence réduite. En voyageant à travers le pays, il était enthousiasmé: de nombreux Français vivent dans de beaux endroits, à proximité des montagnes ou des plages ou des prairies de moutons. Ils sont raisonnablement aisés, mangent bien et ont le temps de développer des passions en dehors du travail. Ils pourraient fonctionner encore mieux sans qu'un gars à Paris ne gère leur vie. https://www.ft.com/content/b78f2a89-1062-4423-a4ba-fb4cdc56c683
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  • 🇬🇧 Une journaliste du @Telegraph pense que Macron est "fini". Selon elle, son désir de troisième mandat ne reposerait que sur l'idée d'une élection de... Marine Le Pen, après sa propre démission de la présidence de la République. 👇
    https://www.francesoir.fr/politique-monde/un-journal-britannique-annonce-la-fin-d-emmanuel-macron
    🇬🇧 Une journaliste du @Telegraph pense que Macron est "fini". Selon elle, son désir de troisième mandat ne reposerait que sur l'idée d'une élection de... Marine Le Pen, après sa propre démission de la présidence de la République. 👇 https://www.francesoir.fr/politique-monde/un-journal-britannique-annonce-la-fin-d-emmanuel-macron
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    Un journal britannique annonce la fin d’Emmanuel Macron et moque ses envies présumées d'un troisième mandat | FranceSoir
    POLITIQUE - Lundi 20 février, le journal britannique The Telegraph publiait un article intitulé “Macron sait qu'il est fini. Il n'aurait juste pas d'autre choix que de démissionner.” Il dessine le portrait (assassin) d’un président français démotivé face à une Assemblée Nationale quasi-paralysée.
    Beuark
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  • Pourquoi n’être ni vacciné ni russophobe est un privilège qui n’est pas donné aux macronistes
    21 septembre 2022

    Au fil du temps, un marqueur "chimique" a inversé la tendance instinctive de la société française sans que nous ne nous en rendions compte : les vaccinés s'excusent progressivement (dans une proportion grandissante) d'avoir reçu l'injection, et la résistance aux narratifs officiels (celui du vaccin au premier chef, et peu à peu celui de la guerre en Ukraine) est perçue avec une admiration ou une confiance croissantes. Même ceux qui sont convaincus que Poutine est méchant et que le vaccin est une bonne chose perçoivent quelque chose de rare dans le refus du vaccin et de la russophobie binaire imposée par les Henri-Lévy et autres suppôts d'un régime en pleine décadence. Au fond, une vérité cruelle apparaît : il est tellement plus facile, plus lâche, plus bête, d'être macroniste aujourd'hui, que d'être résistant ! Et c'est tellement moins élégant...

    Avant même d’être élu, Emmanuel Macron avait largement dit tout le mal qu’il pensait de ceux qui n’appartenaient pas à sa caste et qui n’avaient pas de billet d’entrée pour cette société pathétique où triomphent à peu de frais les managers et les hauts fonctionnaires, lesquels se prennent tous pour des entrepreneurs et de grands dirigeants. On pourrait dire que le mépris social va de pair avec cette réussite en carton-pâte des faux-monnayeurs médiocres qui parlaient de la start-up nation comme d’un mantra.

    Doit-on rappeler les sorties de Macron sur les illettrés de Gad, en 2014, qui avaient très précocement exprimé une vision binaire du monde, où ceux de la caste ont droit au respect, et où les autres ne sont (plus) rien ? Le problème, c’est que la caste usurpe largement sa réussite, et croit être grande là où elle ramasse seulement un condensé de médiocrité et même, si souvent, de petitesse sordide…

    Le macronisme, ou le triomphe de la médiocrité managériale
    Un moment, on a cru que la victoire de Macron signait le triomphe d’une France moderne, ouverte d’esprit et à l’esprit conquérant. Au fil du temps, on comprend qu’elle instaure simplement le règne de Bouvard et Pécuchet, ou plutôt de leurs héritiers.

    Dans le macronisme moyen, on retrouve la même satisfaction à peu de frais, la même vanité du médiocre qui se croit brillant, tels que Flaubert les avait si bien décrits. Et Macron lui-même, avec sa légende de petit génie qui ne dort pas la nuit et sait tout faire dans la vie, incarne assez bien cette sorte de sacralisation, de déification d’un personnage dont la réalité ordinaire est beaucoup moins reluisante que les communicants n’ont voulu le faire croire.

    La caractéristique fondamentale du macronisme est là : expliquer que le médiocre est en réalité le génial. Affirmer de façon péremptoire que le mensonge le plus plat tient du conte de fées. Travestir le réel au point d’imposer le narratif selon lequel l’insipide banalité d’une vie “réussie” est une merveille du monde.

    Simplement, les enfants de Bouvard et Pécuchet ne sont plus copistes émigrés à la campagne. Ils sont managers dans une grande entreprise protégée par l’Etat ou chefs de bureau dans une collectivité territoriale. Comme leurs ancêtres, ils sont convaincus que les lieux communs qu’ils ingurgitent consciencieusement en écoutant France Inter et en lisant le Monde, font d’eux des grands penseurs de notre temps. Et, au volant de leur 4X4, ils rejoignent leur maison en Normandie, le vendredi soir, en pestant contre tous ces ratés qui polluent la planète.

    Le principe de cohérence et la force du macronisme
    Tout entier, le macronisme a tablé sur le soutien que “les cadres” apporteraient à un projet qui fait d’eux les rois du pétrole. De fait, le calcul n’était pas absurde : expliquer à des salariés bien payés et protégés par un droit du travail épais comme une muraille qu’ils sont de grands entrepreneurs à la vie aventureuse est un pari assez génial.

    Il a, au fil du temps, reposé sur le principe de cohérence, selon lequel ce que l’on dit une fois pour expliquer ses actes, on ne le remet plus jamais en cause, même si l’erreur est flagrante.

    Ainsi, pour voter Macron, il fallait croire des syllogismes simplistes comme : “vous ne remettez tout de même pas en cause l’Europe”, ou encore : “vous n’êtes tout de même pas populiste comme Marine Le Pen”. Et pour peu que l’on ait dit une fois en public : “mais je crois que grâce à l’Europe nous avons vécu en paix”, ou encore “je déteste le populisme, c’est le début du nazisme”, on ne revient plus jamais en arrière (en tout cas pas “naturellement”).

    Alors qu’une forte proportion d’électeurs macronistes n’a aucune illusion sur les limites réelles du Petit Timonier et de son entourage, les mêmes votent pour lui à chaque élection. Non parce qu’ils s’imaginent que le personnage fait l’affaire, mais parce que les méthodes marketing du candidat les ont poussés à prendre publiquement parti en sa faveur et les condamnent aujourd’hui à la soutenir.

    C’est le secret de la politique vaccinale dont on n’a pas assez vu qu’elle était un referendum caché. Ceux qui ont librement choisi de recevoir le vaccin, grâce auquel ils ont pu fièrement s’exhiber en terrasse sont aujourd’hui prisonniers de cet acte positif de soutien à la vision macroniste de la société, avec les oints du pouvoir autorisés à sortir, et les bannis condamnés à lécher les vitrines des bars et restaurants qui leur étaient soudain interdits.

    Le secret de l’aveuglement petit-bourgeois du macronisme
    Désormais, il existe un aveuglement volontaire propre à la petite-bourgeoisie macroniste. Ceux qui se sont laissés piéger par les narratifs successifs (sur la start-up nation, d’abord, contre les Gilets Jaunes ensuite, sur le COVID et ses péripéties par la suite, sur l’Ukraine désormais) n’ont pas d’autre choix, s’ils veulent être cohérents, que d’adhérer à la propagande officielle, même s’ils savent au fond d’eux-mêmes que tout cela repose sur d’immenses mensonges dont ils ont été les idiots utiles.

    Combien de temps cette comédie peut-elle durer ?

    Ce qui est sûr, c’est que, le temps passant, le macronisme est de plus en plus synonyme de nécrose, d’encéphalogramme plat, de mépris et d’imbécillité. Je connais peu de macronistes qui soient absolument convaincus que la politique vaccinale n’était pas du tout inspirée par le lobbying des laboratoires. J’en connais peu qui soient absolument convaincus que Poutine soit un ogre et les Ukrainiens des anges. Beaucoup se contentent de répéter sans y croire les âneries de la propagande officielle, par la seule obsession de ne pas se déjuger.

    L’imposture de la doxa macronienne est telle qu’il m’est par exemple insupportable, désormais, d’envisager un déjeuner ou un dîner avec un macroniste. Ce n’est pas que je les évite pour des raisons idéologiques. Simplement, leur conversation est d’une pauvreté navrante et terriblement ennuyeuse.

    Il fut un temps où le parti majoritaire avait des arguments, même si on les jugeait fallacieux. Souvenons-nous de la gauche sous Mitterrand. Avec Macron, il n’y a plus d’argumentation politique. Il n’y a que des assertions du type : “on n’a pas le droit de penser ça”, et un discours qui tourne en boucle sur des fake news difficilement crédibles, mais que l’on est sommé d’avaler tout rond.

    L’affaire Ségolène Royal nous l’a rappelé : soutenir que la militarisation de l’information, de part et d’autre de l’échiquier international, est une partie importante du conflit en cours, est devenu une affirmation “complotiste”. Discuter avec un macroniste vous oblige donc à subir des idioties absolues, comme celle qui voudrait qu’il n’y ait pas de propagande occidentale, que les sanctions économiques contre la Russie fonctionnent, que l’inflation ne va pas durer. Et dès que vous manifestez un doute, vous êtes taxé de complotisme ou de conspirationnisme.

    Bref, le macronisme est l’ennemi du débat. Il est une sorte de secte pour managers médiocres qui ont peur de penser par eux-mêmes, et fréquenter ces gens-là est une torture morale. Qu’est-ce qu’on se fait chier avec ces ploucs si contents d’être bêtes !

    Le privilège de n’être ni vacciné, ni russophobe
    Dans une époque où l’appel à la bêtise est si tentant et si confortable (après tout, pour être macroniste, il suffit de se brancher sur CNews ou sur BFM et d’ingurgiter l’étron en boîte que ces chaînes déversent sans se poser de questions), on comprend que résister, en n’étant pas vacciné, en n’étant pas russophobe, est devenu un acte de noblesse, un privilège aristocratique que le pleutre moyen ne peut s’offrir.

    Je sais que ce privilège de l’esprit critique et de la liberté est détenu par des gens qui ont parfois perdu leur emploi depuis le 15 septembre 2021, et qui vivent chichement. Ceux-là, que Macron qualifiaient de “rien” lorsqu’ils les croisaient dans une gare, sont, en réalité, tout. Ils sont la preuve que l’entreprise de démolition psychique lancée par Macron avant même 2017 n’a pas fonctionné. Ils sont la preuve que l’on peut être diplomé et idiot, et que l’on peut être décrocheur scolaire mais digne et clairvoyant.

    Ils sont surtout la preuve que, même en détenant un monopole de la presse, de la télévision, de la radio, de la littérature, du cinéma, la caste ne peut pas tout. La bonne vieille résistance spontanée de ce peuple français si noble, si viscéralement attaché à ses libertés, la contraint à toujours plus de violence, toujours plus de bêtise, pour garder le contrôle de la situation.

    Réjouissons-nous : n’être ni vacciné ni russophobe est le privilège des esprits libres. Celui qu’ils ne pourront jamais s’offrir, même à coups de LBD, même avec des dizaines de blindés pour leur gendarmerie.

    https://lecourrierdesstrateges.fr/2022/09/21/pourquoi-netre-ni-vaccine-ni-russophobe-est-un-privilege-qui-nest-pas-donne-aux-macronistes/
    Pourquoi n’être ni vacciné ni russophobe est un privilège qui n’est pas donné aux macronistes 21 septembre 2022 Au fil du temps, un marqueur "chimique" a inversé la tendance instinctive de la société française sans que nous ne nous en rendions compte : les vaccinés s'excusent progressivement (dans une proportion grandissante) d'avoir reçu l'injection, et la résistance aux narratifs officiels (celui du vaccin au premier chef, et peu à peu celui de la guerre en Ukraine) est perçue avec une admiration ou une confiance croissantes. Même ceux qui sont convaincus que Poutine est méchant et que le vaccin est une bonne chose perçoivent quelque chose de rare dans le refus du vaccin et de la russophobie binaire imposée par les Henri-Lévy et autres suppôts d'un régime en pleine décadence. Au fond, une vérité cruelle apparaît : il est tellement plus facile, plus lâche, plus bête, d'être macroniste aujourd'hui, que d'être résistant ! Et c'est tellement moins élégant... Avant même d’être élu, Emmanuel Macron avait largement dit tout le mal qu’il pensait de ceux qui n’appartenaient pas à sa caste et qui n’avaient pas de billet d’entrée pour cette société pathétique où triomphent à peu de frais les managers et les hauts fonctionnaires, lesquels se prennent tous pour des entrepreneurs et de grands dirigeants. On pourrait dire que le mépris social va de pair avec cette réussite en carton-pâte des faux-monnayeurs médiocres qui parlaient de la start-up nation comme d’un mantra. Doit-on rappeler les sorties de Macron sur les illettrés de Gad, en 2014, qui avaient très précocement exprimé une vision binaire du monde, où ceux de la caste ont droit au respect, et où les autres ne sont (plus) rien ? Le problème, c’est que la caste usurpe largement sa réussite, et croit être grande là où elle ramasse seulement un condensé de médiocrité et même, si souvent, de petitesse sordide… Le macronisme, ou le triomphe de la médiocrité managériale Un moment, on a cru que la victoire de Macron signait le triomphe d’une France moderne, ouverte d’esprit et à l’esprit conquérant. Au fil du temps, on comprend qu’elle instaure simplement le règne de Bouvard et Pécuchet, ou plutôt de leurs héritiers. Dans le macronisme moyen, on retrouve la même satisfaction à peu de frais, la même vanité du médiocre qui se croit brillant, tels que Flaubert les avait si bien décrits. Et Macron lui-même, avec sa légende de petit génie qui ne dort pas la nuit et sait tout faire dans la vie, incarne assez bien cette sorte de sacralisation, de déification d’un personnage dont la réalité ordinaire est beaucoup moins reluisante que les communicants n’ont voulu le faire croire. La caractéristique fondamentale du macronisme est là : expliquer que le médiocre est en réalité le génial. Affirmer de façon péremptoire que le mensonge le plus plat tient du conte de fées. Travestir le réel au point d’imposer le narratif selon lequel l’insipide banalité d’une vie “réussie” est une merveille du monde. Simplement, les enfants de Bouvard et Pécuchet ne sont plus copistes émigrés à la campagne. Ils sont managers dans une grande entreprise protégée par l’Etat ou chefs de bureau dans une collectivité territoriale. Comme leurs ancêtres, ils sont convaincus que les lieux communs qu’ils ingurgitent consciencieusement en écoutant France Inter et en lisant le Monde, font d’eux des grands penseurs de notre temps. Et, au volant de leur 4X4, ils rejoignent leur maison en Normandie, le vendredi soir, en pestant contre tous ces ratés qui polluent la planète. Le principe de cohérence et la force du macronisme Tout entier, le macronisme a tablé sur le soutien que “les cadres” apporteraient à un projet qui fait d’eux les rois du pétrole. De fait, le calcul n’était pas absurde : expliquer à des salariés bien payés et protégés par un droit du travail épais comme une muraille qu’ils sont de grands entrepreneurs à la vie aventureuse est un pari assez génial. Il a, au fil du temps, reposé sur le principe de cohérence, selon lequel ce que l’on dit une fois pour expliquer ses actes, on ne le remet plus jamais en cause, même si l’erreur est flagrante. Ainsi, pour voter Macron, il fallait croire des syllogismes simplistes comme : “vous ne remettez tout de même pas en cause l’Europe”, ou encore : “vous n’êtes tout de même pas populiste comme Marine Le Pen”. Et pour peu que l’on ait dit une fois en public : “mais je crois que grâce à l’Europe nous avons vécu en paix”, ou encore “je déteste le populisme, c’est le début du nazisme”, on ne revient plus jamais en arrière (en tout cas pas “naturellement”). Alors qu’une forte proportion d’électeurs macronistes n’a aucune illusion sur les limites réelles du Petit Timonier et de son entourage, les mêmes votent pour lui à chaque élection. Non parce qu’ils s’imaginent que le personnage fait l’affaire, mais parce que les méthodes marketing du candidat les ont poussés à prendre publiquement parti en sa faveur et les condamnent aujourd’hui à la soutenir. C’est le secret de la politique vaccinale dont on n’a pas assez vu qu’elle était un referendum caché. Ceux qui ont librement choisi de recevoir le vaccin, grâce auquel ils ont pu fièrement s’exhiber en terrasse sont aujourd’hui prisonniers de cet acte positif de soutien à la vision macroniste de la société, avec les oints du pouvoir autorisés à sortir, et les bannis condamnés à lécher les vitrines des bars et restaurants qui leur étaient soudain interdits. Le secret de l’aveuglement petit-bourgeois du macronisme Désormais, il existe un aveuglement volontaire propre à la petite-bourgeoisie macroniste. Ceux qui se sont laissés piéger par les narratifs successifs (sur la start-up nation, d’abord, contre les Gilets Jaunes ensuite, sur le COVID et ses péripéties par la suite, sur l’Ukraine désormais) n’ont pas d’autre choix, s’ils veulent être cohérents, que d’adhérer à la propagande officielle, même s’ils savent au fond d’eux-mêmes que tout cela repose sur d’immenses mensonges dont ils ont été les idiots utiles. Combien de temps cette comédie peut-elle durer ? Ce qui est sûr, c’est que, le temps passant, le macronisme est de plus en plus synonyme de nécrose, d’encéphalogramme plat, de mépris et d’imbécillité. Je connais peu de macronistes qui soient absolument convaincus que la politique vaccinale n’était pas du tout inspirée par le lobbying des laboratoires. J’en connais peu qui soient absolument convaincus que Poutine soit un ogre et les Ukrainiens des anges. Beaucoup se contentent de répéter sans y croire les âneries de la propagande officielle, par la seule obsession de ne pas se déjuger. L’imposture de la doxa macronienne est telle qu’il m’est par exemple insupportable, désormais, d’envisager un déjeuner ou un dîner avec un macroniste. Ce n’est pas que je les évite pour des raisons idéologiques. Simplement, leur conversation est d’une pauvreté navrante et terriblement ennuyeuse. Il fut un temps où le parti majoritaire avait des arguments, même si on les jugeait fallacieux. Souvenons-nous de la gauche sous Mitterrand. Avec Macron, il n’y a plus d’argumentation politique. Il n’y a que des assertions du type : “on n’a pas le droit de penser ça”, et un discours qui tourne en boucle sur des fake news difficilement crédibles, mais que l’on est sommé d’avaler tout rond. L’affaire Ségolène Royal nous l’a rappelé : soutenir que la militarisation de l’information, de part et d’autre de l’échiquier international, est une partie importante du conflit en cours, est devenu une affirmation “complotiste”. Discuter avec un macroniste vous oblige donc à subir des idioties absolues, comme celle qui voudrait qu’il n’y ait pas de propagande occidentale, que les sanctions économiques contre la Russie fonctionnent, que l’inflation ne va pas durer. Et dès que vous manifestez un doute, vous êtes taxé de complotisme ou de conspirationnisme. Bref, le macronisme est l’ennemi du débat. Il est une sorte de secte pour managers médiocres qui ont peur de penser par eux-mêmes, et fréquenter ces gens-là est une torture morale. Qu’est-ce qu’on se fait chier avec ces ploucs si contents d’être bêtes ! Le privilège de n’être ni vacciné, ni russophobe Dans une époque où l’appel à la bêtise est si tentant et si confortable (après tout, pour être macroniste, il suffit de se brancher sur CNews ou sur BFM et d’ingurgiter l’étron en boîte que ces chaînes déversent sans se poser de questions), on comprend que résister, en n’étant pas vacciné, en n’étant pas russophobe, est devenu un acte de noblesse, un privilège aristocratique que le pleutre moyen ne peut s’offrir. Je sais que ce privilège de l’esprit critique et de la liberté est détenu par des gens qui ont parfois perdu leur emploi depuis le 15 septembre 2021, et qui vivent chichement. Ceux-là, que Macron qualifiaient de “rien” lorsqu’ils les croisaient dans une gare, sont, en réalité, tout. Ils sont la preuve que l’entreprise de démolition psychique lancée par Macron avant même 2017 n’a pas fonctionné. Ils sont la preuve que l’on peut être diplomé et idiot, et que l’on peut être décrocheur scolaire mais digne et clairvoyant. Ils sont surtout la preuve que, même en détenant un monopole de la presse, de la télévision, de la radio, de la littérature, du cinéma, la caste ne peut pas tout. La bonne vieille résistance spontanée de ce peuple français si noble, si viscéralement attaché à ses libertés, la contraint à toujours plus de violence, toujours plus de bêtise, pour garder le contrôle de la situation. Réjouissons-nous : n’être ni vacciné ni russophobe est le privilège des esprits libres. Celui qu’ils ne pourront jamais s’offrir, même à coups de LBD, même avec des dizaines de blindés pour leur gendarmerie. https://lecourrierdesstrateges.fr/2022/09/21/pourquoi-netre-ni-vaccine-ni-russophobe-est-un-privilege-qui-nest-pas-donne-aux-macronistes/
    D'accord
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  • Les efforts paient !
    #killists #ukraine #Myrotvorets

    « Kill list » ukrainienne : France TV met les pieds dans le plat
    Grâce à nos efforts et à ceux des autres qui nous suivent, un début de prise de conscience semble commencer à se faire jour. Alors que notre pays accroît son soutien militaire au régime de Kiev, un certain nombre de médias commencent à s’inquiéter de la « kill list » du site ukrainien Myrotvorets, à l’image de France Télévision , qui a décidé de déposer une plainte officielle auprès du gouvernement ukrainien et de remettre un rapport au Quai d’Orsay.

    (...)

    Le site Myrotvorets a été créé en 2014 afin de désigner les « ennemis » de l’Ukraine. Il présente des fiches de milliers de personnalités publiques ukrainiennes mais surtout étrangères – en France, Jacques Cheminade, Eric Denécé, Thierry Mariani, Nicolas Dupont Aignan, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Ségolène Royal, etc, sont pris pour cibles, mais également Liseron Boudoul et Gilles Parrot, grands reporters de TF1 ayant réalisé un reportage dans le Donbass, ou Alain Barluet du Figaro.

    (...)
    https://solidariteetprogres.fr/actualites-001/kill-list-myrotvorets-france-television.html
    Les efforts paient ! #killists #ukraine #Myrotvorets « Kill list » ukrainienne : France TV met les pieds dans le plat Grâce à nos efforts et à ceux des autres qui nous suivent, un début de prise de conscience semble commencer à se faire jour. Alors que notre pays accroît son soutien militaire au régime de Kiev, un certain nombre de médias commencent à s’inquiéter de la « kill list » du site ukrainien Myrotvorets, à l’image de France Télévision , qui a décidé de déposer une plainte officielle auprès du gouvernement ukrainien et de remettre un rapport au Quai d’Orsay. (...) Le site Myrotvorets a été créé en 2014 afin de désigner les « ennemis » de l’Ukraine. Il présente des fiches de milliers de personnalités publiques ukrainiennes mais surtout étrangères – en France, Jacques Cheminade, Eric Denécé, Thierry Mariani, Nicolas Dupont Aignan, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Ségolène Royal, etc, sont pris pour cibles, mais également Liseron Boudoul et Gilles Parrot, grands reporters de TF1 ayant réalisé un reportage dans le Donbass, ou Alain Barluet du Figaro. (...) https://solidariteetprogres.fr/actualites-001/kill-list-myrotvorets-france-television.html
    SOLIDARITEETPROGRES.FR
    « Kill list » ukrainienne : France TV met les pieds dans le plat
    Après que l'un des journalistes de France télévision a été inclus sur la liste de Myrotvorets, la chaîne publique a décidé de déposer une plainte auprès du gouvernement ukrainien.
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