Autonomie alimentaire : quelle surface pour l’être ?

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La question étant loin d’être simple, alors mettons de côté ces autres besoins qui réclament également des sols, comme le chauffage, le logement, l’habillement, l’eau, le transport…

4,6 ha par personne !

On s’interroge donc sur une surface de sol restreinte à l’autonomie alimentaire, et non par la surface occupée par un Français pour assouvir l’ensemble de ses besoins : environ 4,6 ha. Multiplié par le nombre d’habitants, il reste peu de place à la nature sauvage et aux autres espèces. Et plus nous en prenons, moins les animaux et les arbres en ont. En y regardant de plus près, une humanité à 1,5 milliard, comme au 19e siècle, semble être un bon compromis pour qu’humains et « bêtes » vivent ensemble sans se gêner.

Compliqué d’admettre que plus nous sommes, plus on
mange, plus on boit, plus on pollue…

La population a été multipliée par 5 en un siècle, ses besoins par 7 ! Au 19e siècle, un être humain consommait une vingtaine de litres d’eau par jour, aujourd’hui il en consomme 170 litres… Et plus de la moitié de cette eau potable lui sert à chier et pisser dedans. Même le papier toilette consomme de l’eau. Environ 150 litres par rouleau, et sans compter les millions d’arbres abattus pour nous essuyer l’anus ! Même pour l’arbre, dur de savoir qu’il va finir en papier à cul 🤣 Avant, on utilisait de l’herbe, des feuilles d’arbres fraîches ou du papier journal, ou un peu d’eau pour se laver les fesses. Cette dernière technique, particulièrement sobre et écologique, est encore utilisée dans plein de pays asiatiques et africains.

L’eau pour être autonome

La production de légumes réclame aussi énormément d’eau… Mais ça, on n’en parle jamais… Idéologiquement, pas très vendeur. Mieux, les réseaux sociaux font la promotion de potagers abondants cultivés sans eau 🤣 ET AVANT. Au 19e siècle… les cultures maraichères se pratiquaient là où l’eau était naturellement abondante : « Un maraîcher est un jardinier cultivant un marais à l’intérieur ou à proximité de l’enceinte d’une ville. » On disait aussi marager : « "Marager, c’est le jardinier qui, dans les grandes villes, s’attache à la culture des plantes potagères. C’est dans les lieux les plus bas et les plus humides des environs des villes que ces sortes de jardiniers ont établi leurs jardins". »

12,5 m² / pers.

Dans le domaine de la désinformation, les réseaux sociaux ne sont pas avares. Et à un internaute qui s’interrogeait sur la surface agricole qu’il devrait acquérir pour être autonome, un autre lui a répondu sans hésitation : « Sur 1 ha en permaculture, je pense que tu peux nourrir environ 800 personnes à l’année… » Soit 12,5 m² par pers. et par an, allées et chemins inclus…

1,2 m² / pers.

Il y a quelques années, lu dans une revue bio des 4 saisons : « une lasagne de 6 m² approvisionne une famille de 5 personnes en légumes d’été… » Soit 1,2 m² par personne ! Heureusement que l’auteur, un ingénieur agronome, n’avait jamais cultivé pour se nourrir… sinon il serait mort de faim depuis longtemps.

Il y a aussi le miracle des fermes urbaines… qui produiraient 800 kg de légumes et 400 poissons par an… sur 15 m². Soit 80 kg de denrées par m², vin et service non compris ! Pour vous donner une idée, si je transformais mon jardin en ferme urbaine, je pourrais produire plus 100 tonnes de nourriture alors qu’aujourd’hui je peine à en produire une.

50 personnes / ha

Et comme un miracle n’arrive jamais seul, il y a celui de l’agriculture chimique qui nourrit en moyenne 50 personnes par ha ! Mais à quel prix en termes d’atteintes à l’environnement.

Vu que les besoins énergétiques d’une personne adulte peuvent se résumer
à 500 gr de céréales par jour, eu égard aux rendements moyens de
l’agriculture chimique : en maïs (10 T/ha) et en blé de (8 T/ha), une simple
règle de 3 met en évidence que 180 m² de maïs suffiraient à nourrir une
personne pendant une année, contre 230 m2 de blé !  En bio, les
rendements étant nettement inférieurs, il faut tripler la surface.

En conclusion,
4 à 5 personnes à l’hectare

Je rejoins la proposition de Ferme d’Avenir qui propose entre 1000 et 1500 m² en climat tempéré. Mais attention, tous les sols ne se valent pas. Pour un sol pauvre et sans eau, il faut multiplier par 10 la surface. Une surface à laquelle il convient aussi d’ajouter un vieux principe agronomique : laisser 1/4 en jachère. Et sur ce quart, on cultive pour nourrir la vie de son sol. Et enfin, sachant que tout acte agricole entraîne un déficit de fertilité, pour la maintenir,  il faut rajouter 1000 m² pour compenser les pertes de la zone cultivée. Sans oublier d’avoir au moins un point d’eau qui ne tarit pas à la moindre sécheresse.

🪱- L’autonomie passe aussi par une connaissance approfondie des habitants du sol,
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Publié le 16 Août 2020 actualisé le 6 Janvier 2023 sur le Jardin Vivant

Lien :
https://www.lejardinvivant.fr/autonomie-alimentaire-quelle-surface/

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